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Agriculture au Bénin : encore de la peine à mettre en valeur la vallées de l’Ouémé, l’élevage, le dos au mur

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Environs six décennies après que l’ex colon ait laissé libre cours à la nation béninoise de décider de son sort, l’agriculture béninoise reste le secteur le plus prometteur. Celui par excellence par lequel à l’instar des pays sous-développé, le Bénin pourra impacter positivement son économie et se positionner avec certitude sur le chemin du développement durable. Mais après 59 années de survie, le chemin est encore long. L ’agriculture a parcouru un chemin parsemé d’obstacles. Si le secteur a survécu et récolté un certain degré de performance, la tâche reste difficile et l’avenir chargé de défis.

L’agriculture fait vivre près de 80% des 11,4 millions de citoyens et contribue à environ 34% au Produit intérieur brut (PIB), 75 % aux recettes d’exportation, 15 % aux recettes de l’État et fournit environ 70 % des emplois directs et indirects, selon les chiffres officiels.

Mais la crise économique des décennies précédentes, le communisme, la sécurité alimentaire, la détérioration progressive des infrastructures, le changement climatique (les inondations et la rareté des pluies), la corruption, l’insuffisance des engrais, le manque de techniques modernes de culture, les prix volatiles des produits, le manque de compétitivité des produits, la dégradation des terres sont, entre autres, les maux auxquels le secteur a été confronté pendant ces 59 années. Sans omettre la lutte contre les chenilles légionnaires (FAW) et les défis liés à la gestion des eaux.

Cela a amené les différents gouvernements qui se sont succédés à la tête du pays, à réaménager la politique agricole du pays en vue de rectifier le tir et maintenir ce secteur tant crucial pour les devises du pays que pour la sécurité alimentaire. Mais il semblerait que seulement très peu de ce qui est écrit dans ces manuels de politique agricole est mis en œuvre, sinon le secteur ne se retrouverait pas dans la situation actuelle : très peu développé et faiblement modernisé.

Loin de faire semblant comme si tout allait bien, l’actuel gouvernement a admis que les revenus et la productivité du secteur agricole sont faibles, et la main-d’œuvre n’est que partiellement récompensée, ce qui rend les produits agricoles moins compétitifs. «La plupart des agriculteurs utilisent très peu d’intrants améliorés et se livrent à des pratiques minières qui accentuent la dégradation des ressources naturelles», indique le document nommé PSDSA 2025 et PNIASAN 2017-2021.

Politique agricole

«Si on se met dans la logique où la mise en œuvre d’une bonne politique agricole au Bénin fait augmenter considérablement le niveau de la production agricole, il va forcément falloir penser à l’après production,» a indiqué Modeste Cossi Houngbedji dans sa mémoire de maîtrise en es-sciences économiques soutenue en 2009 à l’Université d’Abomey-Calavi.

Intitulé «Les forces et faiblesses de la politique agricole du Bénin de 1990 jusqu’à nos jours, et les défis d’avenir pour le pays», ce travail de recherche souligne que lorsque la production augmente, il faut penser à l’étape de la transformation et de l’écoulement du surplus afin qu’il n’y ait pas blocage par manque de débouche.

«Tous ces aspects nous obligent alors à nous intéresser à l’industrialisation qui garantit une capacité de transformation, à la création d’emplois qui permet à la population active de subvenir à ses besoins et de mettre en valeur les richesses du pays, et enfin au développement économique qui peut subvenir, et par lequel on peut garantir un soutien à l’augmentation de la production agricole» a soutenu Modeste Houngbedji.

La production de rente, la plus performante

Depuis que le Benin a devancé le Mali et la Côte d’ivoire en se faufilant derrière le Mali sur la production du coton en Afrique, la fièvre de l’or blanc semble avoir monté dans les couloirs du ministère de l’Agriculture. Le Bénin ambitionne de produire 800.000 tonnes de coton graine la en 2020.

Depuis l’avènement du gouvernement de Patrice Talon en 2016, les paysans autant que leurs organisations bénéficient d’un accompagnement qui les satisfait et les encourage à redoubler d’ardeur. Mieux, cette attention particulière du gouvernement envers les producteurs de coton a aiguisé la jalousie des producteurs d’autres produits dont les produits vivriers.

Le coton, une culture de rente qui reçoit l’attention des dirigeants

Valeur ajoutée et industrialisation
Si on devrait comprendre les arguments de Modeste Houngbedji, cela signifierait que le Bénin, comme la plupart des pays africains, souffre de la maladie de carence de valeur ajoutée dans leurs différents secteurs.

Au moins une grande partie des produits agricoles qui viennent des champs du pays sont vendus à l’état naturel, ce qui n’arrange ni le producteur qui va se contenter de ce que le marché lui offre et continuer à vivre dans la pauvreté, ni le pays qui ne bénéficie en rien de ces récoltes et ventes »non-compétitives».

La valeur ajoutée devrait donner naissance à l’industrialisation d’autant plus qu’à part le volume des exportations d’ananas, par exemple, en Europe et dans la région, une autre grande partie (si elle est disponible) soit transformée en jus de haute qualité dans plusieurs usines implantées au Bénin par des travailleurs béninois. Et le jus exporté dans plusieurs pays africains.

Dans «Politique et stratégie générales du secteur agricole et rural» publié en 2000, la FAO déclare: «Que d’options prises, de stratégies élaborées, de politiques adoptées, de plans et programmes mis en œuvre depuis l’accession du Bénin à l’indépendance. A l’évidence, les résultats furent souvent mitigés et bien en deçà des attentes du monde rural. Les revues des secteurs agricoles, d’élevage et des forêts en avaient déjà fait le constat».

Peu de place pour les cultures vivrières

La production des produits vivriers est en deçà de celle des produits de rente. Ainsi, depuis 59 années de politiques agricoles diverses allant des coopératives à d’autres, le Bénin court après l’autosuffisance alimentaire. Et les citoyens n’ont que des mots pour expliquer la situation, tant ils se sentent impuissants.

«Le Burkina-Faso, un pays enclavé, nous ravitaille en tomates. Je n’arrive pas à comprendre que ceux qui manquent d’eau nourrissent ceux qui disposent de terres très fertiles», a confié Prévert Anani, gestionnaire d’une ferme agricole à Tori.

Encore de la peine à mettre en valeur la vallées de l’Ouémé

Le contraste entre les atouts agricoles et les performances enregistrées continuent de susciter des interrogations auprès des sources averties des potentialités dont dispose le Bénin. Après l’échec du palmier à huile et d’autres cultures de rente, la vallée de l’Ouémé offre une chance, enviée par d’autres nations, de développer l’économie par l’agriculture. Après des motivations affichées par le gouvernement de Boni Yayi 1, l’ardeur des politiques semble s’être émoussée pour mettre en valeur ce ‘’joyau’’ naturel très fertile.

En effet, les politiques de valorisation mises en place pour la vallée de l’Ouémé ont rencontrées d’innombrables obstacles. Des problèmes d’organisation et de stratégies pour la plupart. Toutefois, le gouvernement de Patrice Talon a montré son engagement et sa détermination sur plusieurs fronts dont des plus difficiles. Ainsi donc, la volonté et le courage ne manque pas aux dirigeants actuels. Et une politique a été ourdie à cet effet.

La vallée de l’Ouémé est connue pour être la deuxième vallée la plus fertile d’Afrique, après celle du Nil. Elle dispose donc d’atouts naturels pour devenir une zone de production agricole majeure. Le gouvernement souhaite y aménager 10 000 ha de terres cultivable pour favoriser l’installation de jeunes entrepreneurs agricoles. Il compte également désenclaver l’ensemble de la région afin de faciliter l’exportation de ses productions.

Selon le chronogramme contenu dans le Programme d’action du gouvernement en 2017, le Bénin devait procéder à l’aménagement de 1 500 ha et de 600 km de pistes et venir en appui aux aménagements. En 2018, l4etat avait programmé de d’aménager 1 500 et 8 500 ha et poursuivre l’appui aux aménagements. En 2019, aménagement de 8 500 ha et appui aux aménagements. Pour l’année 2020, l’aménagement de 8 500 ha et l’appui aux aménagements. Pour l’année 2021, échéance du Programme d’action du gouvernement, il n’aurait que l’appui aux aménagements.

L’investissement pour la réalisation de ce programme a été estimé à 202.750.000 euros. Avec 97,5 millions d’euros comme impact sur le Produit intérieur brut, 21.000 emplois à créer et 106 millions d’euros comme impact sur les exportations. Mais à moins de deux années de fin du mandat du président Talon, peu d’informations viennent renseigner sur l’état d’exécution de ce volet du programme de gestion du chef d’Etat béninois. Ce qui fait que cette richesse naturelle peine encore à servir ce que de droit.

La pêche et le changement climatique

La production piscicole au Benin est suffisamment élevée par rapport à d’autres pays de la région, mais selon le ministère de l’agriculture, elle ne couvre pas les besoins nationaux estimés à 90 000 tonnes par an. C’est pourquoi le Bénin doit avoir recours aux importations pour satisfaire la demande croissante des populations, selon l’Insae.

En 2005, la pèche avait contribué à 7,5% du PIB agricole. Mais plus d’une décennie plus tard, cette a contribution a chuté jusqu’à atteindre 3,7% en 2017, selon un rapport compilé par Linguère M. Baye de la Banque africaine de développement. (Perspectives Économiques en Afrique 2018, Bénin). La baisse de la production s’accentue au fur et à mesure que l’ombre du changement climatique continue de planer sur le secteur.

Selon un rapport de l’Inrab cité par Dessouassi C. Eugène de la Direction des pêches du MAEP dans un document de 2012 intitulé ‘’La pêche artisanale au sud Bénin face aux défis des changements climatiques’’, le changement climatique au Bénin a causé, entre autres, la rareté des poissons des cours d’eau, la migration des poissons des zones de pêcherie, le retard de croissance des alevins, la pénibilité des activités de pêche et la mort des poissons. Les conséquences de ces actions ont provoqué, entre autres, la baisse des revenus, la baisse de la disponibilité alimentaire, l’aggravation de la pauvreté, l’allongement de la période de soudure et l’augmentation des maladies vectorielles.

L’élevage, le dos au mur

Avec 17 % environ du PIB agricole, les productions animales représentent un secteur important de l’agriculture du Bénin, selon l’Association nationale des organisations professionnelles d’éleveurs de ruminants du Bénin (Anoper).

Cependant, l’Anoper cite la raréfaction des espaces de pâturage, la dégradation des ressources naturelles et les nombreux conflits avec les agriculteurs sédentaires comme défis majeurs auxquels fait face l’élevage au Bénin.

Selon la FAO, le problème d’alimentation des animaux, constitue un défi qui nécessite les efforts pour agir ensemble de façon plus vigoureuse et plus engagée en faveur du développement du secteur de l’élevage au Bénin.

Par Issa SIKITI DA SILVA

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CULTURE

Covid-19 et sécurité alimentaire : un chercheur prône l’agriculture urbaine

Bénin24tv avec APA

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Pour préserver la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations, il est nécessaire de promouvoir une agriculture urbaine qui transcende les crises comme celle née de la pandémie du Covid-19, selon le chercheur sénégalais, Sidy Tounkara.

«En se fondant sur les multiples fonctionnalités de l’agriculture urbaine dont l’approvisionnement des villes, non pas spécifiquement en temps de crise mais aussi en temps normal, il est préférable de légitimer une agriculture urbaine dans le cadre d’une politique alimentaire territoriale au-delà des crises. Cette agriculture doit s’inscrire dans une logique d’agriculture de renfort et de complémentarité pour atteindre la sécurité alimentaire et nutritionnelle en ville au premier rang de laquelle se positionne évidemment l’agriculture rurale», explique M. Tounkara.

Dans un article scientifique intitulé «La pandémie du Covid-19 : une légitimation de la promotion de l’agriculture urbaine», ce chercheur à l’Initiative prospective agricole et rurale (Ipar) note cependant une agriculture urbaine fortement menacée par le Covid-19.

A son avis, en dépit de son utilité cruciale, surtout en période de crise, la croissance démographique et urbaine et ses corollaires font planer des risques non négligeables sur le maintien de l’agriculture en ville.

«Cette croissance démographique des villes a nécessairement des impacts sur le foncier et l’eau dont les usages non agricoles (domestiques, industriels, infrastructures socio-économiques de base) concurrencent directement les usages agricoles (foncier agricole, eau d’irrigation)», souligne Sidy Tounkara.

Il ajoute que la croissance démographique des villes a aussi des impacts sur la disponibilité et l’accès à l’eau pour l’irrigation des cultures, surtout dans un contexte de changement climatique qui contribue à la perturbation du cycle pluviométrique, mais aussi à la baisse du niveau de la nappe phréatique qui est exploitée par les maraîchers urbains.

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CULTURE

Egypte : le meurtrier de la diva libanaise Suzanne Tamim gracié

Benin24tv avec AFP

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Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a gracié samedi des milliers de prisonniers pour la fin du ramadan, parmi lesquels un ancien policier emprisonné pour l’assassinat de la diva pop libanaise Suzanne Tamim en 2008, a annoncé le journal officiel.

Cet ancien policier, Mohsen al-Sukkari, avait été condamné en 2010 à 25 ans de prison en appel pour l’assassinat à coups de couteau deux ans plus tôt à Dubaï de la célèbre chanteuse et actrice, âgée de 30 ans. Son procès avait révélé qu’il avait agi sur ordre de l’amant de sa victime, le magnat égyptien de l’immobilier Hisham Talaat Moustafa, en échange de deux millions de dollars.

Moustafa, un proche de Gamal Moubarak, fils de l’ancien président Hosni Moubarak renversé en 2011, avait été condamné pour sa part à 15 ans de prison avant de bénéficier, en 2017, d’une grâce pour raisons de santé.

Au cours d’un procès en première instance en 2009, les deux hommes avaient été condamnés à mort, mais leurs peines avaient été réduites en appel.

L’affaire, mélange de crime, de pouvoir, de show-business et de sexe, avait été très suivie au Liban et en Egypte, un pays où les puissants hommes d’affaires font rarement face à la justice.

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