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Après l’enlèvement des touristes au Bénin : déjà des cellules ‘’terroristes’’ en Afrique de l’ouest côtière ?

Grâce à la dextérité des troupes d’élite de la France, les deux touristes de la Pendjari enlevés (Laurent Lassimouillas et Patrick Pique), ont été retrouvés et libérés. Plus de doute donc, la piste terroriste n’est plus à exclure. Mais au-delà, cette situation ne pose-t-elle pas le problème de l’insécurité dans certains pays côtiers en Afrique de l’ouest ?

Togo, Ghana, Côte d’Ivoire, Bénin… Dans ces pays, les terroristes ont-ils déjà pris pied avec des cellules dormantes en attendant le grand assaut ?

Il y a des faits qui démontrent qu’il n’y a pas de fumée sans feu. En effet, quelques jours avant la disparition des deux touristes français au Bénin, en occurrence Laurent Lassimouillas et Patrick Pique lors d’un safari dans le parc animalier de la Pendjari, le chef terroriste, Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l’Etat islamique avait appelé dans une vidéo, le 20 avril 2019, ses bras séculiers maliens et burkinabé de Daech à intensifier et frapper la «France croisée» et ses alliés africains.

Une dizaine de jours à peine après cette invite solennelle, les soldats de Daech sont passés à l’acte. C’est ainsi que le 1er mai dernier, après avoir quitté leur hôtel de la réserve de la ‘’Pendjari’’ pour un safari dans une voiture ‘’Toyota’’ de couleur blanche, deux touristes français ont été enlevés tandis que leur guide béninois froidement exécuté.

Il a fallu l’opération des forces d’élite de l’armée française dans la nuit du 09 au 10 mai 2019 pour comprendre davantage que les deux touristes français étaient enlevés et désormais otages au Burkina et en voie de transfèrement au Mali, l’épicentre du terrorisme sous régional.

Si le Bénin n’avait pas été écumé jusque-là et donc épargné par les attaques terroristes, l’évidence est désormais là. On ne peut plus le nier, le Bénin est donc dans le collimateur des terroristes qui ont su choisir leur cible.

En effet, le parc de la ‘’Pendjeri’’ s’étend jusqu’aux parcs de l’Arly et du W à cheval sur le Burkina Faso et le Niger. Dans ce secteur, c’est le groupe djihadiste de l’Etat islamique au grand Sahara (EGIS) qui a pion sur rue surtout du côté burkinabé. Ce dernier a su nouer des alliances avec des collègues qui officient au Bénin ? Le temps nous édifiera.

Mais bien avant les instructions de Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l’Etat islamique, le 8 novembre dernier, c’est le terroriste touareg malien lyad Ag Ghali, l’algérien Djamel Okacha et le prédicateur radical peul Amadou Koufa, dans un appel commun, ont exhorté leurs fers de lance à «poursuivre le jihad» dans plusieurs pays (Sénégal, Mali, Niger, Bénin, Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Nigeria, Ghana et Cameroun).

Résultat, le Bénin a été frappé et a fait la triste expérience de la piste terroriste. Qui peut être derrière cet enlèvement ? En attendant que les forces françaises qui ont libéré les deux otages n’ébruitent leurs informations à la presse spécialisée, certains observateurs avertis qui savent décrypter les faits et les gestes de ces terroristes sont tentés de privilégier la main de Adnane Abou Walid al-Sahraoui, chef de l’EIGS, derrière le dernier enlèvement des Français.

Qu’en est-il des autres pays côtiers de l’Afrique de l’Ouest ?

Le cas du Togo est intéressant à plus d’un titre. En effet, à la veille de la dernière célébration de la fête de l’indépendance, le 27 avril passé, le président togolais, Faure Gnassingbé, a fait un discours sur l’état de la Nation.

Dans son adresse, il n’a pas manqué d’annoncer le démantèlement de plusieurs cellules terroristes au nord de son territoire. Deux mois avant, quatre douaniers burkinabés et un prêtre espagnol ont été assassinés au Burkina Faso peu après avoir traversé la frontière togolaise.

La Côte d’Ivoire de son côté, a été frappée il y a quelques années précisément en 2016. Cette dernière a donc pris des dispositions hardies en multipliant les réunions avec ses pays voisins afin d’éviter les attaques à grande échelle comme à Grand Bassam, non loin d’Abidjan. Une stratégie qui a payé, car les services de renseignement maliens ont arrêté, début décembre, 2018, quatre jihadistes soupçonnés de préparer des attentats en Côte d’Ivoire. Mais la Côte d’Ivoire n’est pas sortie de l’auberge, car toujours dans l’œil du cyclone.

A la conquête de nouvelles cibles, seul le Ghana est jusque-là épargné. Cependant, il va falloir qu’il redouble de vigilance.

Il faut signaler que les premiers agissements des groupes jihadistes dans les pays côtiers datent du milieu des années 2010. Tout aurait selon les spécialistes commencé par des incursions dans le parc transfrontalier du W en 2014-2015.

De cette reconnaissance de terrain, plusieurs membres actifs d’une cellule du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM, filiale d’Aqmi) ont pris pied dans la forêt de Sama, à la frontière avec la Côte d’Ivoire.

Ces incursions des terroristes découlent du fait que les Etats du golfe de Guinée présentent certaines fragilités propices à l’installation des groupes djihadistes. C’est le cas à l’approche d’échéances électorales cruciales qui devraient mobiliser l’attention des dirigeants sur les enjeux politiques. Sans oublier les frustrations des jeunes à l’égard d’aînés et des autorités traditionnelles qui monopolisent le pouvoir et les inégalités socio-économiques.

Dans le même ordre d’idées, il y a les tensions religieuses, partisanes communautaires (conflits entre éleveurs et agriculteurs), les violences des forces armées, la montée du christianisme évangélique et du salafisme…

Comment endiguer cette menace ?

En effet, pour faire face à la menace terroriste, les pays côtiers sont contraints de valoriser les stratégies de résilience communautaire. Cela passe par l’accentuation du travail de prévention, le renforcement de la coopération entre leurs services de sécurité. Ces pays doivent aussi sortir de la logique du tout-sécuritaire, ne pas miser que sur la sociabilité des confréries religieuses soufies pour apaiser les tensions.

Face à la menace, certains stratèges souhaiteraient qu’on délègue la gestion de la sécurité à des milices locales. D’autres par contre font grise mine, car dans la pratique, les milices locales perpètrent de nombreuses exactions et appliquent une justice expéditive.

Comme on le voit, les forces de sécurité et de défense de la région côtière ouest africaine vivent dans la crainte d’un terroriste plus agissant à l’instar du Nigeria déjà sous l’effet conjugué de ‘’Boko Haram’’.

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