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Bénin : Nicéphore Soglo explique les raisons de la discorde entre Boni Yayi et Patrice Talon

Contrairement à la raison officielle qui justifie l’assignation en résidence de l’ancien président de la République,Yayi Boni, la discorde entre l’actuel président de la république et son prédécesseur serait un problème lié au coton.

Après la levée de siège au domicile de Boni Yayi, l’ancien président Nicéphore Soglo a réagit ce 06 Août. A travers une déclaration, ce dernier a expliqué les raisons qui ont poussé le Chef de l’État, le Président Patrice Talon à vouloir assassiner Boni Yayi. A l’en croire, ce dernier a voulu, tout bonnement, mettre fin à la plus grande arnaque industrielle de notre histoire.

Déclaration du Président Nicéphore D. SOGLO après la levée de siège au domicile du Président Thomas Boni YIYA

Cotonou, le 06 août 2019

Adresse à la jeunesse béninoise :

Piliers de notre patrie,

Chers compatriotes,

Nous voici à nouveau réunis pour œuvrer ensemble à la renaissance d’un continent martyr.

Et je voudrais avant tout propos, remercier nos ‘’petits écureuils’’, pour avoir mis, pendant quelques jours, du baume sur les plaies d’un peuple écorché vif. Le génie d’une nation a heureusement plusieurs facettes et d’autres peuples africains en font tous les jours la démonstration. Sans compter que les opprimés, déportés, colonisés, balkanisés ne peuvent et ne doivent jamais oublier le rôle de la violence dans leur destin, dans leur histoire. D’où la nécessité de la Résistance.

‘’Les noirs ne lisent pas et resteront toujours nos esclaves’’ disait un caucasien (c’est-à-dire un blanc) sur les ondes d’une station de radio de New-York. Car la meilleure façon de cacher quelque chose à un noir est de la mettre dans un livre.

Mais ce raciste se trompait. Car il ne faut jamais généraliser. Nous savons à présent que c’est leur supériorité militaire : armes à feu (l’arme atomique de l’époque) contre armes blanches qui a permis à des nazis avant l’heure, venus d’Europe Occidentale, d’exterminer les Indiens d’Amérique pour s’approprier leurs terres. Ils étaient assoiffés d’or et ils ont détruit de grandioses civilisations pré colombiennes (Aztèque, Inca, Maya). L’extermination des Indiens sera même présentée comme une épopée dans les westerns réalisés par les studios d’Hollywood. L’actuel président du Brésil en a même, dit-on, la nostalgie. Qui s’en offusque ? Après tout, les fours crématoires ne sont-ils pas, encore pour certains, un détail de l’histoire ? Ces Barbares ont, après cela, tout comme leurs homologues et partenaires arabo-musulmans, soumis l’Afrique au Sud du Sahara à un véritable combat de gladiateurs ; cela leur a procuré les bras et les intelligences qui leur ont notamment permis de bâtir le Château de Versailles comme le montre avec tant de lyrisme Louis SALA-MOLINS dans Le Code Noir ou de financer la révolution industrielle, comme l’a magistralement exposé dans Capitalisme et Esclavage le Docteur Eric WILLIAMS.

On ne saurait évidemment occulter la Route Transsaharienne et les horreurs de la traite arabo-musulmane en Afrique Orientale et centrale dont parle avec tant d’émotion TIDIANE N’DIAYE dans Le Génocide Voilé.

En 1591, à la bataille de Tondibi, ce sont encore les armes à feu qui ont permis à l’armée marocaine du jeune sultan Moulaï Ahmed el Mansour conduite par le général espagnol DJOUDAR de mettre en déroute une armée de dix-huit mille cavaliers et dix mille fantassins et archers de l’empereur Sonrhaï l’Askia Isihak.

C’est pourquoi dans le monde arabe, le noir est encore assimilé à l’esclave comme jadis en Europe, Slave et Esclave étaient synonymes. Mais qui oserait aujourd’hui toiser ou manquer de respect aux habitants du pays de LENINE, STALLINE ou POUTINE ? Le pouvait-on déjà au temps d’Ivan le Terrible ou d’Alexandre le Grand ?

L’Afrique noire boira le calice jusqu’à la lie après son émiettement, sa balkanisation consacrée en 1885 au Congrès de Berlin. Et cela, jusqu’à ce que CHEIKH ANTA DIOP avec son livre Anthologie : Nations nègres et culture, nous délivre de notre amnésie historique et nous dévoile les splendeurs de notre passé. D’autres l’avaient précédé pour notre passé préhistorique avec (Lucie). Merci à ses disciples et à Nicolas HULOT et ses équipes d’entretenir la flamme même tard dans la nuit.

Car Dieu est justice. Et toutes les hégémonies, toutes ‘’les civilisations sont mortelles’’ comme le dit, presque dans un sanglot, l’écrivain français Paul VALERY. Personne n’avait en effet prévu notre foudroyant retour avec un milliard cinq cent millions d’habitants en 2050. Dès lors, la stratégie de nos ennemis est de porter la guerre chez nous, d’instrumentaliser le racisme, de dresser les ethnies les unes contre les autres ; on l’a vu au Cameroun et au Rwanda tout comme pendant la traite négrière ou lors de la période coloniale. Le but est de nous affaiblir, de nous diviser (Hutu contre Tutsi – Peuhl contre Dogon – Nord contre Sud – Oyo contre Abomey – Nago contre fon, etc). Il faut par tous les moyens, retarder notre regroupement pour mieux piller nos fabuleuses richesses.

Nous devrions, dans un dialogue responsable et patient avec ces colonisateurs, récupérer tous les attributs de notre souveraineté (monétaire, militaire et surtout industrielle). N’est-ce pas après tout, le Général de GAULLE qui disait que ‘’l’impérialisme américain le plus insidieux était celui du dollar ?’’ Et qui préconisait comme remède, l’institution de l’étalon or . Il nous faut être patient, déterminé, mais optimiste, car nous allons résolument vers la terre promise.

Et le Bénin doit continuer de jouer sa partition, sa jeunesse surtout comme ce fut le cas avant la conférence nationale. Il y va de son avenir.

Or notre pays, berceau des conférences nationales souveraines, et vitrine de la démocratie en Afrique est aujourd’hui dirigé par le Président Patrice TALON. C’est un descendant du Directeur français du Fort négrier Saint Louis de GREGOY à Ouidah, qui a essayé – c’est incroyable – de tuer son prédécesseur, le Président Thomas Boni YAYI. Il avait en effet planifié, le mercredi 17 octobre 2012, à l’Hôtel ‘’Château du Lac’’ à Bruxelles, avec Zoubérath KORA la gouvernante et nièce du Président Boni YAYI, et Ibrahim Mama Cissé le médecin personnel de ce dernier, en présence des nommés Moudjaïdou SOUMANOU et Olivier BOKO, l’empoisonnement du Président Boni YAYI. Je vous en donnerai plus loin la raison. Et il voulait l’achever, récemment encore sous nos yeux. L’on croyait revivre le calvaire de Moshood ABIOLA sous le dictateur nigérian Sanni ABACHA. La future victime et ses proches lançaient des appels au secours mais le Président TALON restait inflexible. Il voulait dicter au Bénin et au monde son propre calendrier. Il se moquait éperdument des médiations de la République Fédérale du Nigéria, de la CEDEAO, des Nations Unies, du Forum des Anciens Chefs d’Etat et de Gouvernement d’Afrique, de l’Union Africaine.

Et il a traité par le même mépris l’appel de prestigieux intellectuels du monde entier, d’Afrique en particulier, dont le célèbre Prix Nobel de littérature Wolé SOYINKA, un adversaire acharné du dictateur nigérian Sanni ABACHA.

Le peuple souverain du Bénin a fini par infliger, à la face du monde, un cinglant désaveu à cette parodie électorale qui visait à maquiller, sous couvert d’élections démocratiques, un coup d’état électoral. Le pouvoir de TALON a depuis, perdu toute légitimité. Il se trouve dans la situation d’un homme qui chevauche un tigre dont il ne peut plus descendre. Il lui faut donc inviter au plus vite notre peuple à de vraies, nouvelles et démocratiques élections. Et donner congé, à ce monstre assoiffé de sang, qu’est son parlement croupion, dirigé par le douanier VLAVONOU, le Parlement du Sang, le Parlement de l’Exclusion.

La réforme du système partisan et du code électoral, pour réduire au forceps le nombre des partis et disposer d’une majorité stable au parlement, n’était qu’un piètre prétexte pour écarter ses adversaires de l’opposition. Toujours cette hantise de la compétition. Une véritable obsession. Il était vraiment trop simple d’utiliser par exemple le scrutin uninominal majoritaire à un tour pratiqué sans interruption en Grande Bretagne depuis le 13ème siècle, et qui tend à maintenir le partage de l’opinion en deux parties. Ce scrutin a la particularité d’accuser l’amplitude des mouvements du corps électoral. Il a même reçu une expression mathématique connu sous le nom de la loi du cube. Si l’on accepte ses règles (malgré une assez forte dose d’injustice), il est simple et donne lieu à un combat clair. Il est facile à comprendre pour l’électeur et lui permet de se prononcer pour un programme et pour une équipe gouvernementale. Cette loi veut que, si dans le pays le rapport du nombre des voix entre les deux principaux partis est de a/b le rapport des sièges obtenu par chacun des deux partis à la chambre des communes sera de a3/b3. Ainsi, si l’un des partis ou coalition de partis obtient les 3/5 des voix dans le pays, et l’autre les 2/5 le rapport des sièges à la chambre des communes ne sera pas de 3/2 mais de ((3×3×3))/((2×2×2)) = 27/8

Ces questions pouvaient être discutées à tête reposée, après des élections tenues sous l’égide des lois qui nous régissent depuis la conférence nationale.

Aussi certains, et non des moindres, sont-ils horrifiés par l’entêtement juvénile, les violences et crimes qui sont désormais la marque de fabrique du régime de ‘’la Rupture’’. Le pays, lentement mais inexorablement, glisse vers la guerre civile, à la grande joie des marchands d’armes. Même la Banque Mondiale s’en inquiétait déjà dans un rapport du mois d’octobre 2017. Elle notait que dans les douze années qui ont suivi son indépendance (1960-1972) le Bénin a subi six coups d’état sans qu’il ne soit versé une seule goutte de sang.

Aurions-nous alors hérité d’un Caligula moderne ? Car avec cet empereur fou, nous entrons, selon l’écrivain romain SUETONE, dans le domaine de la psychiatrie pure. Nous avons à faire à un cas d’aliénation mentale unique dans les annales de l’humanité ; parce que le sujet doué d’une lucidité rare et d’un don d’expression particulier évolue dans une atmosphère à part, à la faveur de circonstances inimitables et sans précédent. A son ordre, on gonfle les gens de vin et on les met dans l’impossibilité d’uriner en leur liant l’urètre. Il profane la dignité du consulat, en la conférant à son cheval.

Dans un brillant festin, il se met tout à coup à rire aux éclats. Et comme les consuls qui se trouvaient à ses côtés, lui demandaient pourquoi il riait. C’est tout simplement, leur répondit-il, à la pensée que d’un signe de tête, je puis vous faire égorger tous deux à l’instant. Enfin, il n’admit pour ainsi dire jamais que l’on exécuta quelqu’un qu’à petits coups multipliés. ‘’Frappez-le de telle sorte qu’il se sente mourir’’ était sa principale recommandation. Et souvent, il répétait ce vers de tragédie : ‘’Qu’ils me haïssent, pourvu qu’ils me craignent’’. Caligula sera massacré à 29 ans par sa garde personnelle. Il aura régné 3 ans 10 mois et 8 jours. Heureusement nous sommes au 21ème siècle et toute cette histoire n’est que le témoignage de la décadence de l’Empire Romain.

Mais pour d’autres, TALON est venu, en utilisant YAYI Boni, pour faire main basse sur le coton c’est-à-dire sur l’agriculture ; et en même temps sur les deux autres piliers de l’économie du Bénin que sont le port et le transport c’est-à-dire le commerce. Belle promotion pour un fournisseur d’intrants agricoles (engrais, herbicides et insecticides à la SONAPRA). J’avais, au lendemain de la Conférence Nationale Souveraine, remis en effet, la nation sur la voie du développement sous la Transition, puis sous mon seul mandat. Mais, Le fameux FOCCART, le marabout de De GAULLE, avait jugé en 1996 en utilisant la fraude électorale qu’à son avis, le tandem KEREKOU-HOUNGBEDJI était un meilleur choix pour la France . Car, petit-fils du parrain de BEHANZIN, j’étais pour lui, l’antithèse même du ‘’gouverneur à peau noire’’. N’avais-je pas prêté serment dans un état comateux ? Et ma garde rapprochée ne m’avait-elle pas protégé des déconvenues que les agents de la Françafrique infligeaient aux présidents dont ils étaient censés assurer la sécurité ?

FOCCART avait auparavant utilisé les rêves présidentiels du ministre des finances Bertin BORNA, pour se débarrasser du conseil présidentiel le 26 Octobre 1972. Mais bientôt, ses manœuvres contre un régime qui proclamait que ‘’la cause première de l’arriération de notre pays est la domination étrangère’’, jetteront KEREKOU dans le camp soviétique.

L’occasion était trop belle en 1996 pour ce ‘’gardien du temple’’, de récupérer le transfuge KEREKOU, de l’associer à un salarié d’ELF (A.H.) pour redonner vie à l’oukase ou à la fatwa lancée au conseil des ministres des 06 mars 1963 et 02 janvier 1964 par le Général De GAULLE contre le Nigéria, coupable d’avoir rompu le 05 janvier 1961 les relations diplomatiques entre la France et le Nigéria, après l’explosion de la première bombe atomique française à REGGANE .

TALON est un pur produit du régime le plus toxique de notre histoire contemporaine, marqué par la balkanisation de l’Afrique Occidentale et Equatoriale Française . L’Affaire KOVACS m’a fortuitement mis en contact, pour la première fois, avec la Françafrique et permis de découvrir avec stupéfaction la véracité de la notion de ‘’gouverneur à peau noire’’ chère à François-Xavier VERSCHAVES .

C’est pourquoi notre économie aura, après le coup d’état du 26 octobre, deux grands parrains. Le premier, Mohamed CISSE, le marabout du Président KEREKOU était Ministre d’Etat. Les autres ministres lui devaient allégeance et lui laissaient une déclaration sur l’honneur lui permettant de siphonner les ressources financières publiques sous couvert de ‘’sécurité présidentielle’’ . La BCB était alors au Bénin l’équivalent d’ELF en France dont on disait, qu’elle était la vache à lait de la république . Je vous présente la déclaration sur l’honneur du Ministre des finances Barnabé BIDOUZO que nous avions à la Banque Mondiale. Son contenu, absolument ahurissant, se passe de tout commentaire.

On comprend dès lors pourquoi, avec l’aide du Président HOUPHOUET BOIGNY, j’ai fait arrêter, extrader de Côte d’Ivoire puis juger au Bénin, ce sinistre charlatan analphabète. J’allais, à bord de la PANAM, un avion de ligne, pour une première sortie officielle aux USA à l’invitation du Président Georges BUSH.

Le deuxième, est le premier Directeur de la Banque Commerciale du Bénin (BCB). Profitant de l’étatisation de l’économie il avait évincé son ami Idelphonse LEMON, Directeur de la succursale du Crédit Lyonnais et pris les rênes de notre plus grande banque commerciale qu’il a conduit à la ruine. ‘’En moins de 5 ans, écrivait en 1990 Jacques de BARRIN, le grand journaliste du quotidien Le Monde, la Banque Commerciale du Bénin a perdu quarante-deux fois son capital’’. Elle laissera sur le carreau, au gouvernement de la Transition que je dirigeais : 72961 créanciers qui n’avaient que leurs yeux pour pleurer et que je devais rembourser. Le Président KEREKOU, n’avait pas alors hésité à jeter en prison et sans ménagement cet indélicat Directeur. Car un rapport d’une commission d’enquête, animé par les inspecteurs des finances Paul GONCALVES et Octave ROKO, diligenté dans les trois banques d’Etat : BCB, BBD, CNCA avait révélé que pour la BCB, je cite : ‘’Le préjudice subi par l’Etat du fait des activités parallèles du camarade A.B. a été chiffré 1001 millions’’ fin de citation, non dévalués.

Mais comme nous sommes au pays de l’impunité, cet acrobate montrera patte blanche pour se remettre à nouveau dans les bonnes grâces du ‘’Caméléon’’ . C’était pour ce dernier une bonne méthode pour mettre au pas et prostituer ces cadres qui étaient censés ‘’décider de tout’’ et qu’il qualifiait d’intellectuels tarés, usés et fatigués. Et c’est encore cet insatiable glouton, qui présidera le buffet à ciel ouvert du COSAVAO (le Comité de Suivi des Activités relatives aux Commerce des Véhicules d’Occasion). Cette filière de vente de véhicules d’occasion, générait chaque mois 750.000.000 FCFA qui échappaient au contrôle du Trésor Public. C’était l’acte de naissance d’une mafia foncière et financière. Les terrains de l’Etat : ceux du Port Autonome de Cotonou, ceux de l’OBSS (Office Béninois de Sécurité Sociale) entre Cotonou et Porto-Novo sans oublier, ceux du champ de tirs seront cédés à vil prix aux soutiens du régime, ces oligarques du Bénin (Voir la communication du Président KEREKOU en conseil des ministres du 23 mars 2003).

C’est dans ce milieu interlope que s’est développé la philosophie de la ruse et de la rage. Avec la fin du parti unique et l’avènement du multipartisme intégral en 1990, la politique est devenue, selon le sociologue Francis AKINDES, l’entreprise la plus rentable en Afrique. Dans cet univers toxique, de nombreux cadres n’écoutant que leurs appétits, sont devenus les chantres de la vieille politique ‘’diviser pour régner’’ qui a conduit à l’extermination des Indiens d’Amérique et à la traite négrière. Très sensibles à la pression de l’argent, ils exploitent le régionalisme et la misère de nos populations, instrumentalisent le racisme en les opposant les unes aux autres. Ils sont enfin, les adeptes de la transhumance politique, cette nouvelle forme de corruption qui discrédite la classe politique et constitue un fléau pour la démocratie.

Décidément, il n’y a rien de nouveau sous le soleil. ‘’Enrichissez-vous’’, disait déjà GUIZOT sous le roi de France Louis Philippe, avant que l’économiste américain Thorstein VEBLEN nous mette en scène dans sa société sauvage les barons, les brigands du rêve américain. Cette épidémie a hélas, gagné le monde. Dans cet univers, tous les coups sont permis car seule la fin justifie les moyens.

Venons-en maintenant aux raisons qui ont poussé TALON à vouloir assassiner Boni YAYI. Elles sont très simples : ce dernier a voulu, tout bonnement, mettre fin à la plus grande arnaque industrielle de notre histoire.

Au sortir de deux décennies de gabegie, notre administration était fortement gangrénée par la corruption. C’était la plus grande entrave au bon déroulement des affaires dans notre pays d’après un rapport de la Banque Mondiale. Avec une note pondérée de 23,8%, le Bénin damait encore en 2013, le pion à la fédération du Nigéria avec 18,1%.

Suivons maintenant la chronologie des événements.

Le processus de réformes entamé sous mon autorité, au cours de la Transition et de mon premier mandat, était surtout dirigé en faveur des paysans. L’agriculture étant le socle de notre économie. Et la fête des paysans lancée en 1991, sous le patronage et avec la présence effective du prix Nobel d’agriculture, le célèbre Professeur Norman BORLAUG, le plus grand généticien de l’histoire en était le clou.

La renaissance de notre agriculture, c’est-à-dire de notre économie, était due à la rencontre de trois hommes de génie : le milliardaire et grand visionnaire japonais Roïchi SASSAKAWA, le prix Nobel d’agriculture le Professeur Norman BORLAUG et le Président Jimmy CARTER, prix Nobel de la paix. Ils ont redonné vie à un continent martyr toujours victime de ses anciens tortionnaires.

Avec le retour au pouvoir du Président KEREKOU en 1996, le processus de réforme se détourna, petit à petit des producteurs d’or blanc au profit des fournisseurs d’engrais. Ces derniers étaient regroupés au sein de l’AIC (Association Interprofessionnelle du Coton) où régnaient TALON et ses homologues. Et cette AIC sera bientôt la seule à fournir des intrants aux paysans et la seule autorisée à créer de nouvelles usines d’égrenage. Elle n’hésitera pas à essayer d’imposer, lors de l’initiative PPTE (de réduction de la dette des pays pauvres très endettés), la privatisation du patrimoine industriel de la nation.

Dans son rapport du 17 octobre 2017, la Banque Mondiale a pris ses distances avec cette décision en déclarant, je cite : ‘’Il était en fait inacceptable de vendre ces actifs clé’’ fin de citation. La communauté des bailleurs de fonds se préoccupa surtout de préconiser la vente de l’entreprise en quatre lots afin d’éviter de créer un monopole privé dans le secteur. C’est ce qui fit sortir le Président KEREKOU de ses gonds. Réforme n’était pas tout de même, synonyme d’asservissement et libéralisation ne signifiait pas trahison ou capitulation. Aussi annula-t-il à plusieurs reprises (au moins trois fois selon la Banque Mondiale) ce funeste processus dont il connait l’origine.

Après s’être habilement placé dans l’état-major du Président Boni YAYI, lors des élections de 2006, un groupe de pressions persuada ce dernier de renier sa signature apposée dans le Protocole portant partenariat politique conclu avec les partis ci-après : la Renaissance du Bénin de la doyenne de l’Assemblée Nationale, Maître Rosine VIEYRA SOGLO, le PSD de AMOUSSOU Bruno, le MADEP de Kolawolé IDJI et l’ABN de Abou SOULE ADAM. Et dans la foulée, Patrice TALON (encore lui), forma avec Maître Hamed AKOBI et Pascal I. KOUPAKI, le premier Gouvernement post KEREKOU. Et quelques temps après, coup de tonnerre, pavé dans la marre, mais ‘’rêve de toute une vie’’ pour certains, le Gouvernement déclara que la SONAPRA sera privatisée en un seul bloc, contrairement aux directives adoptées lors de l’initiative PPTE par la communauté des bailleurs de fonds, dont la Banque Mondiale. Ce fut une levée de boucliers de la part des autres concurrents, des producteurs de coton et des agents de la SONAPRA.

La suspension du processus fut même décidée le 22 octobre 2007 en conseil des ministres au lendemain de la publication d’un rapport de l’Inspection d’Etat. Mais contre toute attente, le 22 août 2008, la SONAPRA était désossée, démantibulée au profit d’une nouvelle société, la SODECO, que dirigera le conjuré de Bruxelles, le ministre MOUDJAIDOU, l’actuel ambassadeur du Bénin au Koweït.
L’Etat, avec 33,5% des actions, perdait les 2/3 de ses pouvoirs dans ses propres sociétés, TALON lui tenait la dragée haute avec un montant égal à 33,5%. Les organisations de producteurs d’or blanc devaient se contenter de la portion congrue de 6%, les collectivités locales de 8,5%, le personnel de 1% et les concurrents évincés pouvaient quémander tantôt à l’Etat, tantôt à TALON, les 17,5% restants. Une véritable spoliation. Quel bonheur d’aller ainsi au paradis toujours sans appel d’offre. Il est vrai que quand on n’a pas de compétiteur… L’exclusion est décidément une pathologie chez certain.

Mais, tout comme KEREKOU, qui lui connaissant et maitrisant son monde, n’était pas tombé dans cet engrenage infernal, YAYI mit fin à la récréation : à un jeu délétère, que son ministre de l’agriculture qualifia de gestion opaque et solitaire.

Et la Banque Mondiale de conclure, je cite «en avril 2012, quatre ans après la privatisation de 2008, les autorités ont repris la gestion de l’ensemble de la chaîne de valeur cotonnière. Les pouvoirs publics ont ainsi démantelé l’AIC pour prendre complètement en charge l’acquisition, la distribution et la commercialisation des intrants (engrais, herbicides, pesticides), le dispositif et les activités d’égrenage et de transport ; la commercialisation et la vente de la fibre et des graines de coton» fin de citation.

C’était le retour à la case départ. Et pour TALON, une véritable bérézina. Heureusement que dans sa fine équipe, figurait le Professeur Joseph DJOGBENOU, l’un des avocats d’Hamani Hassan TIDJANI le sanglant coupeur de route du Nigéria. Après tout, tout le monde a besoin d’aide pour ne pas risquer la potence. Et puis comme disait l’empereur VESPASIEN ‘’l’argent n’a pas d’odeur’’. C’était sa réponse à la taxe sur les lieux d’aisance. La suite vous la connaissez.

En définitive, notre peuple, qui vit un calvaire, a besoin de toute urgence d’élections véritablement démocratiques. Il ne faut pas tenter le diable et ouvrir un boulevard à la guerre civile ; mais dissoudre au plus vite l’Assemblée de TALON, dirigée par le douanier VLAVONOU : l’Assemblée du Sang, l’Assemblée de l’Exclusion. Car nous ne voulons pas connaître le destin du Libéria, de la Sierra Léone, de la Côte d’Ivoire etc.

Mais nous laisse-t-on vraiment le choix, après l’interdiction de délivrance d’acte d’état civil et autres actes de l’autorité ? Sans oublier la chasse aux sorcières livrée à tous les concurrents potentiels. Toujours cette hantise pathologique de la compétition. N’est-ce pas le prélude à la déchéance de la nationalité pour tous les opposants et exilés ? Nous sommes en droit d’exiger dès à présent, le maintien des dix usines de la SONAPRA dans le giron national.

Sommes-nous déjà aux portes de l’apocalypse ou un miracle est-il encore possible ? Comme ce fut le cas avec TOBOULA ou DASSIGLI ? Il ne faut pas rêver, même si l’on souhaite tous la paix, et pourquoi pas, être porté en triomphe. Mais il y a toujours ce choix préalable, capital à faire, depuis Moïse, entre l’argent et le peuple, le diable et le bon Dieu. Vox populi, vox deï, la voix du peuple reste toujours la voix de Dieu, dit-on.

Je voudrais pour conclure, rendre un vibrant hommage au discours sublime du Président de l’Inde, prononcé dans le temple de la démocratie, que doit être un parlement. Ce fut un véritable feu d’artifice. Il a tout dit. Un ami véritable, disait La FONTAINE, est une douce chose. Il cherche vos besoins au fond de votre cœur. Chapeau bas, Monsieur le Président, au nom du peuple béninois.

Je vous remercie.

Nicéphore Dieudonné SOGLO

Ancien Président de la République

Ancien Maire de la ville de Cotonou

Vice-Président du Forum des Anciens Chefs d’Etats et de Gouvernements d’Afrique,

Créé en 2006 à Maputo sous le haut patronage de Nelson MANDELA

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2 COMMENTAIRES
  1. Dieu dit

    Parle nous de l’anarque de prime de ton fils sale homme politique

  2. ijGtUKggDUBénin dit

    Merci papa. Mais laisse moi te poser quelques questions. Pourquoi c’est maintenant tu nous sort tous ces tralala ? Et pourquoi sachant tout cela tu as quand même soutenu ce bandit de Talon en 2016 ? Et qu’en est il de ton fils Lehady en exil pour détournement ? N’est il pas un jeune lui aussi ? Qu’a t-il fait pour Cotonou ? Ne m’amène pas à te manquer de respect hein !!!!!! Bon

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