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Bénin : «Soutenir l’artisanat et les PMI pour une commune industrielle», Abraham Akpalla

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Elu le 20 novembre 2017 en remplacement du maire Alasane Zoumarou destitué le 30 octobre de la même année, qui lui aussi, a remplacé Micaël Bassabi Djara, Abischaï Abraham Akpalla, actuel premier citoyen de la ville de Djougou, à quelques semaines de la fin de son mandat, s’est prêté aux interrogations du journal «L’économiste». Portant ses réquisitoires sur la décentralisation au Bénin, son bilan, il l’assume et rêve d’une ville viable. Interview.

Presqu’en fin de mandat à la tête du Conseil communal de Djougou, que peut-on retenir de votre bilan ?

Abischaï Abraham Akpalla : Merci beaucoup. Il faut dire que j’ai pris ce mandat à mi-chemin, il y a de cela deux ans, mais, avec une mission bien claire et déterminée en trois (03) points. Le premier point, c’est d’améliorer la gouvernance au niveau de la commune parce qu’il y avait un certain nombre de dysfonctionnement que le Conseil n’a pas apprécié, et que, les populations et mêmes les cadres de la mairie n’appréciaient pas.

Il fallait rassurer le contribuable et les élus sur les bonnes pratiques de gestion. Et pour ça, nous sommes arrivés à asseoir une bonne dynamique, de bons outils pour qu’il n’y ait pas de fraude, ni d’évasion de notre fiscalité, de nos taxes. Et nous avons renforcé tout récemment avec la mise en place du Guichet Unique grâce à l’accompagnement du programme COPACOLD financé par l’Union Européenne et avec l’accompagnement de l’ANCB.

Donc au niveau de la gouvernance, aujourd’hui, la confiance se rétablit davantage avec le contribuable. Le deuxième point était la crise sociale dûe aux mésententes au niveau du Conseil communal avec la chefferie traditionnelle, et avec même les populations. Et ça aussi, nous sommes arrivés à asseoir un climat de paix, de compréhension et même de confiance avec les élus.

La preuve, durant tous les deux (02) ans, les sessions que nous avons tenues, qu’elles soient extraordinaires ou ordinaires, les conseillers m’ont accompagné à pratiquement 100% pour les décisions que nous prenons. C’est grâce à la dynamique que nous avons mise en place, de discuter d’abord sur les questions avant qu’elles ne viennent en question.

Parce que nous avons des commissions permanentes qui constituent de bons cadres d’échanges. Cela nous a aidés à prendre les décisions qui sont utiles pour le développement de la commune de Djougou. Le troisième point est relatif à la consommation des ressources. Nous avions cumulé plus de 1 milliard 500 millions pendant les premières années de cette mandature. Il fallait en une année et demie, consommer tout cela avec les limites, l’insuffisance de cadres que nous avons.

Nous avons quand-même mis en place une dynamique qui a permis de faire des engagements jusqu’à hauteur de 80%. Ce qui a reçu l’assentiment des élus et, nous avons aussi été encouragés par rapport à cela. Voilà le mandat que j’avais. Mais il ne fallait pas s’en tenir uniquement à ça. Il fallait préparer le terrain pour les années à venir. Et pour ça, je me suis employé à travailler de manière à asseoir les bases du décollage de l’économie locale.

Cela, à travers un certain nombre de projets. Il y a le projet de la gare du nord, c’est un projet d’infrastructures marchandes et de transport qui devait nous permet de faire de Djougou une escale pour tous ceux qui y passent. Et nous sommes accompagnés par l’Agence Nationale d’Aménagement du Territoire (ANAT) du ministère du cadre de vie.

C’est un projet qui est prêt maintenant à être lancé. Nous sommes au point de mobilisations de ressources pour que ce projet soit. La commune de Djougou a aussi une vocation industrielle. Vous savez, c’est aussi une commune rurale qui a assez de productions au niveau de l’agriculture. Notre dynamique, c’est que nos produits ne sortent pas à l’état brut, mais, de soutenir l’industrie artisanale et les petites industries pour faire de la commune, une commune industrielle.

Quelles sont donc les filières que vous priorisez ?

Nous avons, du côté de l’industrie bien sûr, trois (03) filières que sont, l’anacarde, le Karité et le soja, en plus d’autres oléagineux. Ce sont nos priorités. Et grâce à ça, la commune devra jouer sa partition pour booster aussi la production agricole. Parce que si on a le marché, on produit mieux. Et puisque nous ne pouvons pas y arriver seuls, la femme est au cœur de ces filières que nous promouvons.

Les réformes globales au niveau de la décentralisation, comment les appréciez-vous ?

Il faut dire aujourd’hui que la réforme de la gestion des finances au niveau local, c’est une bonne dynamique. Les cadrages qui sont sortis, ce sont de bonnes choses qui doivent aider les maires à travailler pour mobiliser davantage les ressources mais aussi, en assurer une bonne gestion. La décentralisation de façon globale commence par plomber, j’ai l’impression. Parce que la population attend davantage de nos collectivités, de nos mairies.

Mais, nous n’avons pas suffisamment les moyens d’assurer le service public et, l’Etat devrait nous aider davantage en transférant suffisamment de ressources. Quand je parle de ressources, la priorité, ce sont les ressources humaines et, les ressources financières. Parce que nous n’avons pas suffisamment de personnel pour assurer le service public. L’Etat en a à foison, d’autres ne travaillent même pas. Donc l’Etat peut nous envoyer le reste qu’il n’utilise pas.

D’aucuns estiment que l’Etat est le gros problème des collectivités locales. Qu’est-ce que vous en pensez ?

Oui ! Quelque part, il faut dire que dans la prise de décision au niveau des réformes, nous, collectivités, on s’attend à ce que ça soit concerté. Parfois ce sont des décisions qui vous tombent dessus et comme ça, vous êtes obligés de vous y conformer. Vous comprenez que l’application et la mise en œuvre prend du temps parce qu’il faut s’adapter avant de les faire. Je pense que c’est là qu’il faut changer la dynamique. Si non aujourd’hui, la perspective de l’Etat, c’est de permettre aux communes de s’autosuffir et moi, j’approuve cela. C’est une bonne dynamique.

Alors, si l’Etat vous impose les réformes sans vous avoir concerté, quel est finalement le rôle de l’ANCB ?

Il faut d’abord dire que l’Etat n’impose pas. L’Etat est dans son rôle d’orientation. Ce n’est pas de mauvaises réformes non plus, mais c’est la mise en œuvre qui parfois est difficile. Lorsque vous n’êtes pas préparé à quelque chose, vous avez du mal à l’accepter et à l’appliquer. Cela freine un certain nombre de choses. L’ANCB continue par jouer son rôle de plaidoyer auprès de l’Etat.

D’ailleurs, l’ANCB est aussi le plus souvent impliqué dans les échanges avec l’Etat. Mais quel est son pouvoir de faire changer les choses ? Cà, c’est un problème auquel je n’ai pas encore de réponse. Mais, le président de l’ANCB, vous le savez, c’est un monsieur très engagé, très dynamique qui a une très bonne expérience de la vie des collectivités locales. Je suis convaincu que de plus en plus, l’ANCB est entrain de prendre sa place d’organisation des maires qui assure des plaidoyers en faveur des collectivités locales.

Si vous étiez réélu pour les prochaines communales, quelles seront vos priorités pour la ville de Djougou ?

Ma priorité au niveau de la commune de Djougou, c’est de créer une bonne dynamique pour que l’économie locale se développe. C’est mon leitmotiv, pour que la commune puisse se prendre en charge. Mais je suis très regardant sur les changements climatiques, parce que nous sommes dans une ville qui est menacée par ce phénomène. C’est aussi une priorité pour nous.

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Interview avec Anne-Marie Gnancadja Bonou : «Le secteur de l’énergie est source d’activités et de plus-value»

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La place de la femme dans le processus de développement d’une nation n’est plus chose à dire. Au Bénin, elles sont nombreuses qui, depuis quelques années exercent dans les mêmes conditions que les hommes pour l’essor de l’économie quel que soit leur secteur. C’est le cas de la cheffe de la cellule genre et développement du ministère de l’Energie, avec rang de Directrice technique, Anne-Marie Gnancadja Bonou. A travers cette interview, elle nous permet une incursion dans sa vie, son travail et les réalités de son quotidien. Lire ci-dessous, l’intégralité de ladite interview.

Comment pouvez-vous présenter votre travail ?

Anne-Marie Gnancadja Bonou : Mon travail consiste à veiller et assurer l’intégration du genre dans les actions, activités, projets et programmes du secteur de l’énergie au Bénin en vue de la réduction des inégalités sociales dans l’accès à l’énergie et aux services. De même, je suis appelée à veiller à la prise en compte de la dimension ou de l’approche genre de façon transversale aux niveaux institutionnel, programmatique et partenarial.

Donnez-nous un bref aperçu de votre cursus scolaire jusqu’à l’université.

Je suis titulaire du CEFEB, du BEPC et CAP/EB, d’un baccalauréat G1, d’une maîtrise en Sociologie-Anthropologie, d’un Diplôme d’Etudes Supérieure et Spécialisée en Gestion des Projets et Développement Local (DESS GPDL) et d’un Diplôme d’expert en Genre et Développement : Institut des Hautes Etudes Internationales et du Développement (Genève, Suisse)

Pourquoi avoir choisi de faire carrière dans les métiers liés à l’énergie solaire/énergie ?

J’ai commencé ma carrière professionnelle au ministère de l’Energie. Et je m’y plais bien vu la diversité de ce secteur.

Qu’est-ce qui vous a motivé à avancer malgré tous les préjugés auxquels font face les femmes dans la société béninoise ?

Je reconnais que dans un passé récent le secteur de l’énergie était fortement masculin donc réservé aux hommes. Mais beaucoup de choses ont changé, des lignes ont bouché ces années derrières où les femmes sont représentées dans ledit secteur. Je peux aujourd’hui, compter des femmes professionnelles du métier de l’énergie, ingénieures etc, des femmes actrices, para énergéticiennes, des entrepreneures qui ont une connaissance certaine du domaine.

Le secteur de l’énergie est très passionnant pour moi, c’est un secteur de développement, porteur d’activités et de plus-value. J’ai compris en réalité que quand bien même qu’il est masculinisé, le principal utilisateur de l’énergie sous toutes ses formes est la femme.

Par exemple : dans certaines de nos cultures, aller chercher du bois énergie est une tâche réservée à la femme qui en est l’utilisatrice ; la transformation du bois de chauffe en charbon, on voyait plus les femmes dans cette activité, du moment où les hommes ont compris que c’est une activité, source de revenus important, ils s’y sont investis, etc.

Quels sont les avantages dont bénéficie une femme qui travaille dans le secteur solaire/énergie ?

Les avantages sont énormes aujourd’hui, car elles ne sont pas nombreuses pour le moment. Les femmes sont très encouragées pour travailler dans le secteur, à travers le monde entier et au Bénin en particulier, des mesures d’accompagnement et d’encouragement sont mises à leur disposition pour les motiver à travailler ou entreprendre dans l’énergie. Il y a par exemple des bourses de formations professionnelles ou autres formations pour leur autonomisation, des accompagnements financiers, des prêts à taux réduit, etc.

Des activités visant à orienter et encourager les jeunes filles dans le secteur de l’énergie sont organisées. Il y a une confiance et une volonté manifeste de la part des partenaires techniques au développement à accompagner, soutenir et appuyer les femmes du secteur de l’énergie à développer leurs aptitudes, leurs initiatives dans les énergies renouvelables et la biomasse…. En d’autres termes, de nos jours il y a plusieurs opportunités pour la femme à s’investir dans le secteur de l’énergie.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées lors de votre formation ?

Personnellement aucune. Mais le constat fait est que certains hommes techniciens du secteur ne sont pas encore prêts à accepter qu’une femme du même niveau qu’eux ou plus soit leur cheffe.

Comment arrivez-vous à cumuler les responsabilités professionnelles et professionnelles ? Vous est-il déjà arrivé de partir au travail le cœur serré parce que vous auriez voulu rester à la maison pour vous occuper de votre progéniture ?

J’arrive à cumuler aisément mes responsabilités professionnelles et matrimoniales avec complexité et la complémentarité de mon époux.

A vrai dire, il m’est arrivé une fois d’avoir le cœur serré…. pour m’occuper de ma progéniture. Seulement que la réalité est là, il faut que je travaille pour subvenir à leur éducation, besoins en complémentarité à mon époux. Et surtout pour avoir mon autonomie économique et une indépendance financière.

Quel regard portez-vous sur la femme au sein de la société béninoise ?

C’est un regard positif, car la femme béninoise aujourd’hui a atteint une certaine maturité de pensée pour son autonomisation dans tous les domaines. Elle travaille pour.

L’émancipation de la femme est quelque part un frein à son épanouissement au sein de sa famille car on remarque que plus la femme est évoluée plus elle a des difficultés à s’équilibrer sur le plan matrimonial.

C’est discutable, parce que la femme émancipée qui se voit affranchir d’une autorité, d’une domination… doit faire l’effort de concilier les rôles qui lui sont dédiés à savoir : femme émancipée, femme au foyer et mère. Certes ce n’est pas facile mais la tête sur les épaules, elle peut parvenir à faire l’équilibre sur le plan professionnel et matrimonial en faisant la part des choses. Car l’époux reste l’époux. A moins qu’elle opte pour une vie de célibat…, nos réalités socio culturelles sont là.

Quelle est la responsabilité des femmes dans cet état de choses puisqu’elles ont des difficultés à se soumettre à leurs époux quand elles assument des responsabilités professionnelles ?

C’est vrai, c’est une réalité mais c’est discutable, je pense que c’est un complexe de la part de certains hommes d’avoir une femme d’un niveau moins élevé que eux. Ils pensent qu’ils ne seront pas respectés au même titre que si c’était le contraire. C’est l’esprit d’avoir le pouvoir de dominer la femme étant donné que nous sommes dans une société patriarcale où l’homme est le chef, les hante toujours.

Quelle est la responsabilité des femmes dans cet état de choses puisqu’elles ont des difficultés à se soumettre à leurs époux quand elles assument des responsabilités professionnelles ?

La responsabilité de la femme est de donner toujours à son mari la place qui lui revient, de le respecter en tant que mari et de le mettre en confiance. La femme doit nécessairement faire la part des choses. Assumer ses responsabilités professionnelles ne sont pas synonyme de abandonner ses responsabilités matrimoniales. Il faut toujours et en tout temps faire la part des choses pour vivre une vie harmonieuse. Mieux la femme gère sa vie matrimoniale, mieux elle est performante dans sa vie professionnelle.

Quels conseils avez-vous à l’endroit des femmes pour leur émancipation ?

Je conseille aux femmes pour leur émancipation d’être présentes sur le marché du travail, dans les activités dites masculines, gagner en autonomie et en reconnaissance. Dans cette affirmation qu’elle pense à leur rôle d’épouse et de mère pour la paix et l’harmonie au sein du foyer.

Avez-vous une préoccupation particulière à aborder ?

Je m’engage à travailler pour une meilleure représentativité des femmes du secteur de l’énergie sur le marché du travail et des affaires. Merci

Interview réalisée par Nafiou OGOUCHOLA

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Quatre ans de la Rupture : «La TNT est un chantier abouti» dixit Alain Orounla

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Déjà quatre années que le Président Patrice Talon tient les rênes du Bénin, quatre années de réformes, quatre années de rigueur et de travail acharné dans tous les secteurs. Entre autres celui de la communication et récemment de la Poste. A l’heure du bilan, que retenir des actions menées dans ce département ministériel.

Journaliste : Ça doit être fastidieux d’avoir à faire le bilan d’une équipe qu’on a rejoint il n’y a pas si longtemps que ça. Alain Orounla, s’il vous était donné de qualifier le bilan de quatre ans d’actions de Patrice Talon dans les secteurs dont vous avez la charge, comment le qualifierez-vous ?

Ministre : Je le qualifie avec un fol enthousiasme en disant que c’est un bilan plus que satisfaisant dans les secteurs de la communication et de la poste. Je dois rappeler que le Ministère de la Communication et de la Poste, est effectivement un jeune ministère, mais il a l’avantage de résulter de la scission d’un plus grand ministère, le Ministère de l’économie numérique et de la communication, donc partage avec son Ministère frère, le Ministère du Numérique et de la digitalisation, le bilan que je qualifie de plus que satisfaisant.

En effet, pendant ces quatre années, l’ex Ministère de l’économie numérique a porté les ambitions du Programme d’Actions du Gouvernement qui retient cinq projets phares sur les 45 projets déployés pour le Bénin, et a conduit ces projets phares à leur maturation.

Le Ministère que j’ai le privilège de conduire aujourd’hui peut se vanter, non seulement du travail qui a été fait dans les trois autres projets phares concernant le Numérique à savoir, la fibre optique et le haut débit, la transition de l’analogie à la télévision numérique terrestre, la promotion et le développement des contenus numériques.

Et sur ces projets phares, le ministère a considérablement avancé puisque la TNT est devenue une réalité dans notre pays et que les renforcements de capacités sont mis en œuvre pour que nous parvenions aux ambitions fixées par le Programme d’Actions du Gouvernement, le développement de contenus numérique divertissant et instructif pour nos populations.

Monsieur le Ministre de la Communication et de la Poste, l’une de vos actions phares, c’est cette descente dans les médias, et vous avez dit, «le Bénin ne peut se révéler sans les médias». Comment entendez-vous redorer le blason de ces médias aujourd’hui ?

L’élément témoin rend témoignage de ce que les médias ne peuvent se développer sans le numérique. Donc le Numérique était un préalable indispensable, incontournable et il fallait le développer de la même manière que vous avez entendu l’un des patrons de presse réclamer la connexion internet haut débit.

C’est également un préalable qu’il fallait établir, qu’il fallait régler comme le gouvernement s’est attelé à rendre notre pays autonome sur le plan de l’énergie électrique, asphalter notre pays, transformer nos cités. Il fallait faire tout ce préalable qui concourt, comme le numérique et l’internet, au développement des médias.

Nous avons conscience que sans les médias, nos progrès ne peuvent pas être connus ; sans les médias, la destination Bénin ne peut pas être connue et ne peut pas être vendue. Donc, les médias sont évidemment et éminemment au cœur de l’action du Gouvernement.

Fort de cette conviction, qu’est-ce que le gouvernement, en quatre ans, a pu réaliser dans ce secteur, au-delà du numérique, pour que nous ayons ce que vous avez pu voir à travers votre tournée dans les médias ?

Ce que je vous dis, c’est qu’il fallait réaliser ces préalables. Les acteurs des médias avaient une manière d’exercer, nous avons changé d’époque. Donc il faut le renouvellement du matériel, il faut que les médias puissent s’équiper, s’outiller. Il faut renforcer leurs capacités et nous somme dans la phase de transformation de la plupart des médias qui connaissent encore quelques difficultés d’organisation et de moyens. Mais cela n’empêche pas que le gouvernement a toujours une pensée pour ces médias, puisque nous avons un cadre juridique rénové, renouvelé pour faciliter l’éclosion de nouveaux médias, renforcé la liberté de la presse.

Nous avons des cadres qui ont été mis en place pour renforcer la capacité des acteurs des médias, un secteur de plus en plus régulé avec des dispositions souples et des moyens qui sont mis en œuvre notamment grâce au Fonds d’Aide aux Médias qui a été augmenté pour permettre aux différents acteurs des médias de jouer leur partition et de s’épanouir dans leur travail et d’offrir aux Béninois des contenus de très grande qualité.

Est-ce à dire, Monsieur le Ministre, que sous Alain Orounla, les médias auront une meilleure attention ?

Ce n’est pas la question du Ministre. C’est tout un gouvernement. C’est le chef du Gouvernement et c’est surtout le Programme d’Actions du Gouvernement qui a été adopté, qui résulte d’études d’observation. Ce programme qui a été adopté, c’est lui qui est mis en œuvre. Le Ministre n’est qu’un instrument de cette mise en œuvre. J’espère que je ne ferai pas moins bien que mes illustres prédécesseurs qui ont activement contribué à la mise en œuvre de ce programme d’actions du gouvernement dans les secteurs qui nous préoccupent.

Le développement du numérique, toute chose dont a besoin la télévision, cette activité est-elle suspensive des autres préoccupations des médias par exemple le secteur de la publicité, la gestion du marché publicitaire dans notre pays ? On observe que le gouvernement, depuis 4 ans, n’a encore rien réalisé dans ce sens…

Ce n’est pas exact de dire que le gouvernement n’a rien réalisé. Le gouvernement réalise beaucoup et la difficulté, c’est que certains acteurs ont tendance à banaliser ce qu’on appelle les préalables. Des préalables, c’est les fondations d’un nouvel univers que l’on veut bâtir. Vous savez, le baobab ne pousse pas aussi vite que le maïs.

C’est un programme très ambitieux, c’est une transformation structurelle fondamentale qui ne peut se faire à la va-vite. On ne va pas se précipiter parce qu’on veut construire durablement. En attendant, les médias ont continué à fonctionner et les conditions de vie et d’exercice des acteurs des médias continuent d’être améliorées.

Il faut un temps avant que tout le monde soit formé, soit au diapason parce que l’univers des médias est écliptique et varié. Comme j’ai eu à le dire, tout le monde n’a pas les mêmes moyens financiers, ni les mêmes ressources humaines ni l’accès à la même formation.

Et donc, le gouvernement a la responsabilité, et a entrepris d’offrir un cadre au plus grand nombre. Les fruits seront davantage perçus et je comprends néanmoins l’impatience de certains acteurs qui sont dans l’espérance et qui ont hâte de voir ces fruits éclore.

Comment peut-on considérer que les conditions de vie, d’exercice s’améliorent avec des lois tels que le code du numérique et le code de l’information et de la communication ?

Il n’y a que les délinquants qui ont à redouter du code du numérique. La liberté d’expression n’a jamais souffert d’atteinte. Nous avons consolidé le régime de dépénalisation de ce qu’on appelait naguère ‘’les délits de presse’’.

Le code du numérique, comme son nom l’indique, vise à prévenir les infractions qui peuvent se commettre par des voies électroniques accessibles au plus grand nombre, accessibles à des gens qui ne sont pas journalistes. Donc, c’est un terrain commun. Et si, sur ce terrain commun quasiment incontrôlable, l’on laisse se perpétrer des infractions, le gouvernement ne serait pas responsable et c’est une menace à laquelle toutes les organisations et les pays font face.

Donc, élaborer un code du numérique pour décourager la cybercriminalité n’est pas synonyme de viser les journalistes qui n’ont pas que cet espace pour s’exprimer et qui n’ont d’ailleurs pas à s’exprimer contre la loi par ces différents canaux. Quand on parle du code du code du numérique, c’est pour prévenir et punir ceux qui, par exemple, vont se livrer à l’apologie du crime, à des options régionalistes, à des diffamations.

Lorsqu’un journaliste, un acteur des médias, fait son travail, dans le respect des lois très libérales de notre pays, il n’a rien à craindre. La preuve en est que la plupart des outils des médias qui diffusent par cescanaux, exercent librement, tranquillement et ne pourraient être inquiétés que si l’on relève des infractions susceptibles d’être poursuivies devant nos cours et tribunaux ; ce qui reste encore très démocratique.

Visiblement, Monsieur le Ministre de la Communication et de la Poste, c’est un avenir radieux que le gouvernement promet aux journalistes. Vous parliez d’ailleurs de la liberté de presse, quel commentaire faites-vous sur le dernier classement de Reporters Sans Frontières dans lequel le Bénin a perdu des points ?

Le gouvernement n’a fait et n’a pu que prendre acte de ce classement comme il a pris acte, quelques jours et quelques semaines auparavant, d’autres classements, d’autres indices qui ont été perçus de manière plus confortable. Cela étant, la liberté de la presse comme toute liberté sont des quêtes permanentes.

Le gouvernement qui ne se reconnait pas dans des actes qu’il aurait pu poser pour contrarier la liberté de la presse, continue néanmoins de faire tous les efforts pour que les acteurs des médias soient à niveau et puissent jouir pleinement de toutes libertés qui garantissent l’exercice de leur profession ; mais restera vigilant aux dérapages, aux dysfonctionnements et fera parler la loi à travers les cours et tribunaux chaque fois qu’il y aura des manquements, chaque fois qu’il y aura des infractions susceptibles de faire l’objet de recours ou de procédure.

Dans l’évocation de la contreperformance du Bénin dans ce classement de Reporters Sans Frontières, le code du numérique a été évoqué. Qu’est-ce que ça coûterait au gouvernement, par exemple, de revoir un peu la copie à ce niveau ?

Vous me donnez le droit de mettre le doigt sur les critères subjectifs et aléatoires qui fondent ces classements. Vous me donnez l’occasion de visiter la philosophie des organisations qui font ces classements.

Un classement qui se fait sur la base de notre code du numérique dont la validité a été admise par nos institutions, qui ressemble à tous les codes numériques, à toutes les lois qui encadrent l’exercice de l’activité par les canaux digitaux, ce classement ne peut pas imposer à un Etat de revoir sur ce seul point son code. Si le code du numérique doit être revisité, le gouvernement ou le parlement prendront leurs responsabilités.

Mais le code du numérique ne peut pas être révisé alors qu’il n’a pas été suffisamment éprouvé, alors que les citoyens n’en ont rien à redouter, alors que ce code a été judicieusement établi pour prévenir et punir les infractions. C’est-à-dire que l’espace est libre et on peut y faire toute activité à condition que ça soit licite. Cet espace n’est pas fait pour ceux qui sont mal intentionnés et qui, malheureusement, existent.

Depuis, vous n’avez pas évoqué la TNT qui est une activité majeure du secteur de la communication dont vous avez la charge…

La TNT est un chantier abouti. C’est l’un des projets phares du programme d’actions du gouvernement qui a pour ambition d’offrir une couverture à nos foyers à 100% à l’horizon 2021. La TNT, c’est la Télévision numérique terrestre. Quand on parle de TNT, c’est l’implantation de sites qui est déjà fait dans notre pays, et qui sont tous équipés. Pour aller vite, nous sommes dans une phase pilote et nous l’expérimentons.

C’est un projet pour lequel on a mobilisé 49,2 milliards de Francs CFA. Les antennes que nous connaissions ont étés rénovées, et je crois qu’il y en a 35 en tout. Et sur les ces 35, il y a 26 qui sont passées au numérique conformément aux objectifs assignés c’est-à-dire passer de l’analogique au numérique.

Nous sommes en phase presque finale de négociation et de signature avec une société partenaire des différentes structures que nous devons mettre en place.

Cela a donc l’avantage de moderniser un tant soit peu les chaînes notamment la chaîne de service public ?

C’est un monde de diffusion un peu plus accessible. Et c’est pour cela d’ailleurs que le gouvernement investit considérablement dans ce secteur pour faciliter la tâche à nos compatriotes et ça amène évidement une modernisation des différentes chaînes de télévision.

Quelles seront les retombées pour les chaînes qui seront diffusées sur le bouquet de la TNT ?

Ce qui est important, c’est les retombées pour les Béninois qui vont accéder à une télévision de qualité à un coût moindre. Les entreprises savent défendre leurs intérêts et il y a un cadre offert pour cela puisque ça va être un partenariat qui sera négocié à l’avantage des différentes chaînes de télévision.

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