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Biya-Talon, portrait de César

Tous les grands satrapes d’Afrique ont commencé par se débarrasser de leurs oripeaux pour retrouver les bols frais de la sagesse. Le cas le plus remarquable ces derniers jours, c’est celui de Paul Biya, le président du Cameroun. Mais c’est tout le contraire qui s’observe chez Patrice Talon. Pourquoi le chef de l’Etat béninois tient-il à développer un prestige à la dictature et au césarisme dans un esprit républi¬cain ? Analyse dans l’exercice de l’éditorial du jour.

La figure du dictateur suscite le symbolisme, tandis que l’utilisation de la dictature incite au pragmatisme. Et en la matière, Paul Biya est bien placé pour nous permettre de feuilleter les annales.

En effet, en 1984, l’homme fort du palais d’Etoudi, le palais présidentiel qui venait de faire deux ans au pouvoir après la démission de Amadou Ahidjo, le père de l’indépendance, a été confronté à un sanglant putsch. Des centaines de collaborateurs de Paul Biya (des barbouzes de la garde rapprochée, des cadres de la présidence de la République), ont péri lors de ce pronunciamiento manqué.

Si après ces contingences survenues au Cameroun il y a 35 ans, Paul Biya est devenu depuis lors jusqu’à maintenant, un bey à la sauce africaine, je le comprends dans une certaine mesure. Mais l’essentiel aujourd’hui, c’est qu’il tient à gommer les rides de la dictature en faisant une cure de jouvence.

C’est ainsi qu’il a décidé d’organiser il y a quelques jours, un dialogue national et d’élargir et sécessionnistes des provinces anglophones. Mieux, les tenants de l’opposition légale sous la férule de Maurice Kamto qui contestaient sa réélection lors de la dernière présidentielle, ont recouvré leur liberté.

Mais contrairement à Paul Biya au regard de son parcours, Patrice Talon qui a eu le pouvoir sur un plateau d’or, s’évertue à consolider son césarisme. En effet, au lendemain de l’échec de la révision de la Constitution le 4 avril 2017, Patrice Talon s’est attaché davantage à la représentation mythique de l’absolutisme. Et il met tout en branle pour mettre en adéquation son élan et l’avantage pratique du dispositif constitutionnel béninois. Pour quels objectifs ?

Si Paul Biya a trouvé la parade pour éviter un autre coup d’Etat dans son pays en renforçant son pouvoir, Patrice Talon qui n’a pas connu une telle mésaventure et qui a fait le choix de l’autocratie, peut-il parvenir à ses fins ? Je ne pourrai donner des réponses exactes.

Mais une chose est certaine, comme l’aime ou pas, c’est que Patrice Talon, a su avec ses lois drones et ce sans réviser la Constitution, accommoder ses désidératas au fonctionnement institutionnel du Bénin. Cependant, cette vision de Patrice Talon a généré une crise sans lendemain. Il ne peut en être autrement et ce pour plusieurs raisons.

D’abord, le peuple souverain du Bénin ne croit pas en la nécessité et en l’efficacité de l’autoritarisme. Pour cela, il s’acharne chaque jour que Dieu fait, à décrédibiliser ce contexte politique exceptionnel qui ébranle la fondation et la préservation de la République.

Ensuite, le peuple souverain est convaincu que la dévolution à l’autorité dictatoriale n’est pas adaptée à notre passé, tout au moins les 30 dernières années. De ce fait, à la définition des facultés d’un régime de fer, le peuple dans cet environnement de crise ne peut que dénoncer et combattre les contraintes imposées.

Si au regard de l’incarnation sociale, Paul Biya, a décidé d’unir sa sphère de l’imaginaire politique avec de nouvelles légendes plus adaptées, Patrice Talon, tôt ou tard n’aura pas aussi le choix.

Par Titus FOLLY

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