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Black-out du Nigéria aux frontières avec le Bénin : la représentation nationale désespérément muette

Quand bien même le gouvernement s’est montré incapable, durant plusieurs semaines, d’envoyer le moindre message officiel pour situer l’opinion publique nationale et internationale sur la crise liée à la fermeture des frontières nigérianes avec le Bénin, les députés de la 8ième législature n’ont pas ‘’toussé’’. Étrange !

Représentants du peuple ou encore parlementaires ; contrepoids par excellence de l’action gouvernementale, en ces périodes où le peuple béninois agonise face à la rude épreuve de la fermeture des frontières du grand voisin de l’Est, les députés de la 8ième législature n’ont pas une seule fois interpelé le gouvernement.

Prescrit dans leur règlement intérieur, et concédé par la Constitution du 11 décembre 1990, les députés à l’Assemblée nationale, représentants à priori du peuple ont toutes les prérogatives pour demander des explications voire des comptes au pouvoir exécutif sur des sujets d’importance républicaine.

L’exercice se fait le plus souvent par «questions orales au gouvernement» pour s’imprégner et permettre aux populations concernées de savoir les tenants et les aboutissants dans une situation d’incompréhension quelconque où l’action de l’exécutif prévaut.

En fait, cela fera bientôt un mois que les Béninois sont «asphyxiés», mais le président Louis Vlavonou et ses pairs n’ont pas encore eu le courage d’interpeller ne serait-ce qu’un ministre du gouvernement dans cette affaire de fermeture des frontières pour éclairer le peuple. Or, on peut encore le redire, interpeller le gouvernement en de pareille situation, c’est bien le rôle du parlementaire, pour comprendre et faire comprendre à l’opinion publique de quoi retourne une situation qui sort de l’ordinaire.

Cela permet non seulement citoyen qu’il «représente», de se faire une idée de ce qui se passe, mais aussi et surtout, il offre l’occasion au gouvernement de s’exprimer et éventuellement de rassurer le peuple dans le désarroi par l’officialisation d’une stratégie de sortie de crise dans le cas d’espèce. C’est aussi une manière d’aider le pouvoir exécutif, dirigé par des humains, donc faillibles, de savoir que tout ne lui est pas permis afin d’éviter au pays de se retrouver dans le décor.

Le citoyen méprisé

Ce parlement, peine à combler les légitimes attentes du peuple souverain. C’est pourtant ce que redoutait la majorité des citoyens le 28 avril dernier quand, massivement ils ont boycotté les urnes pour démontrer leur désaccord face à ce qui se tramait. Malgré tout, et contre la volonté de plus de 80% des populations, on a forcé le destin à un parlement quasi mort-né à la lumière de la situation depuis le 15 mai 2016, période de son installation entre les chars et les soldats en faction dans toutes les villes du pays.

Les frontières du Nigéria avec le Bénin sont fermées depuis le 21 août 2019, soit déjà 31 jours à la date du 20 septembre 2019 que cela perdure. Et le peuple béninois ne sait toujours pas avec précision stricte, quand et comment la situation va prendre fin.

Si les populations elles, n’ont pas directement accès aux ministres et autres responsables pour poser des questions, les députés leurs mandants ont, ce droit constitutionnel d’interroger le pouvoir. Ce déficit donne encore une preuve de plus de ce qu’il ne faudrait pas un parlement naturalisé pro-pouvoir pour la vitalité d’une société. Dans un Etat où le patron de l’Exécutif détient déjà de larges marges de manœuvre, ligoter le parlement et asservir la Cour constitutionnelle n’aide personne.

Par Marcelin KOUNAKPO

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