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Blaise Ahouantchédé à propos de la révolution numérique : «La technologie a accéléré le rythme des services financiers»

En marge des Financial Afrik Awards 2020, Blaise Ahouantchédé, ancien Directeur général du Groupement inter bancaire monétique de l’Union économique et monétaire ouest africaine (GIM-Uemoa), s’est prêté aux questions des journalistes sur l’impact des nouvelles technologies sur le système bancaire. Pour lui, les nouvelles technologies ont induit une innovation dans le système bancaire. Il note également une complémentarité entre les Fintech et les banques plutôt que de la concurrence. Lire ci-dessous l’intégralité de son interview à Financial Afrik.

Quel est l’impact des nouvelles technologies sur les activités bancaires ?

Quand vous prenez d’abord la banque même par essence, le fondement de la banque est basé sur ce qu’on appelle, le power banking. C’est-à-dire la gestion des données des consommateurs, des clients. Donc toutes les banques généralement, avant même de mettre en place leurs services, doivent prouver qu’elles ont la robustesse de leur système d’informations bancaires. Parce que vous gérez des données personnelles, on doit s’assurer que toutes les règles sont respectées.

Ainsi, au demeurant, l’évolution des technologies a fait qu’il y a eu de l’innovation, pour plus de services à valeur ajoutée. Il est tout à fait normal de constater que le développement de la technologie a amélioré notre service bancaire. Avant, vous allez déposer l’argent au niveau de la banque, on vous donne un chèque. Vous faites parfois deux semaines pour que les chèques soient compensés. Je voudrais vraiment rendre encore hommage à la Banque Centrale, que je connais très bien.

Les systèmes de paiement qu’on appelle «Cica Uemoa» et «la monétique» que j’avais gérés pendant des années, tout ça basé sur la technologie, ont permis d’améliorer le délai de traitement des transactions. Donc, là où on faisait deux semaines avant, maintenant, on fait un jour, 48 heures, pour pouvoir dénouer des transactions. Je crois que la technologie de manière générale, améliore de manière significative l’offre de service bancaire.

En matière d’inclusion financière, quel est l’apport des nouvelles technologies ?

L’inclusion financière pour moi, c’est un objectif. Selon la définition connue, c’est comment amener les populations qui sont exclues du système financier, bancaire, à accéder aux services financiers, à la banque. Evidemment, on constate aujourd’hui avec l’avènement du téléphone portable, du mobile money, du mobile banking, que le consommateur qui est loin peut simplement payer sa facture d’électricité.

Parce que si vous avez le téléphone portable rattaché à un compte bancaire, vous pouvez payer votre facture d’électricité au débit de votre compte. Ça, c’est grâce à la technologie. C’est pour ça que je pense qu’il est important que les gouvernements puissent introduire dans les politiques publiques, l’adoption de la technologie sous toutes ses formes pour que les impôts soient payés par les moyens technologiques, que ce soit le téléphone, l’ordinateur portable…

Je pense aujourd’hui que la technologie a permis justement d’accélérer le rythme d’adoption des services financiers, et qui dit adoption des services financiers, dit plus d’utilisateurs de services financiers. Et quand vous avez plus d’utilisateurs de services financiers, ça veut dire que vous améliorez l’inclusion financière. C’est pour ça que le taux d’inclusion financière aujourd’hui est autour de 50% dans notre zone là où le taux de bancarisation tourne autour de 20, 25%.

Avec les Fintech, assiste-t-on à une absorption de la banque classique ?

C’est une question pertinente. Je fais partie des écoles qui pensent que ce n’est pas une absorption ; c’est de la complémentarité. Mais il faut prendre garde parce que dans les relations de coopération, il faut que chacun puisse jouer son rôle. Pour moi, je vois les Fintech comme le prolongement de la relation clientèle pour aller dans des endroits dans lesquels les banques classiques, compte tenu des contraintes qu’elles ont, ne peuvent pas aller. C’est donc une coopération dont chacun doit pouvoir tirer profit.

L’analyse que je fais du rôle des Fintech, c’est plutôt de la coopération intelligente et chacun doit pouvoir jouer ce rôle mais toujours dans l’intérêt de l’inclusion financière parce que là où les banques ne peuvent pas aller, elles s’appuient sur les Fintech qui vont leur permettre d’aller plus loin parce qu’elles, elles sont plus agiles, elles ont moins de contraintes, elles ont la technologie et après, il faut le développement mais, c’est chacun qui gère la relation. Il n’est donc pas exclu qu’aujourd’hui, certains Fintech revoient leur stratégie. Mais dans tous les cas, retenons quand-même que c’est plutôt de la coopération.

Réalisé par Financial Afrik et transcrit par L’économiste du Bénin

SickaSport

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