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Broderie en Afrique : une activité économiquement rentable, des difficultés du secteur

Ils sont nombreux ces couturiers qui s’intéressent à l’activité de la broderie de nos jours. Dans les villes et villages les créateurs de mode innovent avec la création de plusieurs motifs brodés qui attirent la jeune génération. Manuelle au départ, cette activité évolue aujourd’hui avec la création de plusieurs machines qui facilitent la tâche aux brodeurs.

La broderie est un travail exécuté par les hommes. Avant que la machine ne s’installe dans les années 1960, les hommes brodaient à la main. Ces brodeurs étaient souvent issus de familles plutôt aisées ; les techniques de broderies étaient enseignées à l’école coranique. C’est un art fastidieux et difficile qui demande beaucoup d’attention et de dextérité.

Le tissu à broder doit être maintenu bien tendu dans un cerceau pour éviter que le tissu ne fronce. Le brodeur dispose de fils de calibres et de qualités différentes, coton, synthétique, soie, et d’une large palette de couleurs. Le blanc et le beige sont les couleurs les plus demandées, le fil brillant est plus fréquemment utilisé pour les tissus des femmes. Aujourd’hui l’importance et la profusion de broderies mettent en valeur celui qui porte le vêtement.

Ainsi les motifs brodés sur les boubous ne sont pas, comme le pensent la plupart d’entre nous, qu’une suite de dessins géométriques esthétiquement arrangés, les spécialistes y reconnaissent un langage étroitement lié à l’Islam. Pourtant nombreuses sont les personnes qui même en Afrique ignorent la signification des broderies, lesquelles sont d’ailleurs aujourd’hui plutôt influencées par la mode.

Un métier très rentable

La broderie est un métier qui permet d’apporter une touche particulière aux vêtements. Malgré l’intérêt que lui portent les populations, ce secteur d’activité se trouve confronté à divers problèmes dont la concurrence. La broderie est un métier qui demande assez de créativité et d’innovation.

Selon Roland Nouantin, brodeur à Akodedjro «le brodeur est celui-là qui a de l’imagination». Rock Agonkanmey, spécialiste en couture et broderie à Tchicomey 2 Lopasser à la broderie, il faut d’abord reproduire le dessin sur du papier avec un crayon et ensuite le transposer sur le pagne pour obtenir ce qu’on désire.

Dans l’atelier de Donatien, les différentes machines qui servent à broder les tissus sont disposées avec soin. On peut dénombrer au total 8 machines dont celle à petit fil, celle à gros fil et la machine Phoenix. Rompu à la tâche, Donatien réalisait un motif sur un pagne.

Les mouvements de ses apprentis qui l’assistaient témoignent à quel point le métier est passionnant. Donatien estime que la broderie est un noble métier qui nourrit son homme. De plus, il révèle qu’il satisfait une clientèle internationale.

«Je reçois des commandes du Congo, du Gabon et du Cameroun. En un mois, je gagne environ 500.000 FCFA francs Cfa. Je n’ai rien à envier aux fonctionnaires», précise-t-il. La tâche qui incombe au brodeur est donc de façonner le tissu pour le rendre plus beau.

«C’est très beau quand c’est bien fait. Ça permet de s’afficher. Mais le matériel et les fournitures qu’utilisent les brodeurs sont tellement chers que cela rejaillit sur nous les clients», affirme Clémentine, une cliente.

Rose Agossou, aidesoignante, de son côté, trouve que les tissus brodés sont attrayants. Même si le coût est élevé à des moments donnés, elle estime que la qualité a un prix». La broderie s’exécute sur des tissus basins, des pagnes, des chemises, des robes et des tenues locales.

Les difficultés du secteur

La broderie n’est pas à l’abri de certaines difficultés, notamment la cherté des machines de bonne qualité et la morosité économique. «Depuis quelques mois, les activités tournent au ralenti parce que la clientèle a considérablement baissé. Les clients ne viennent plus comme avant. Nos frères du Togo gagnent plus les marchés. Maintenant, je suis à 25.000 F CFA le mois», ajoute Donatien.

Par contre, Narcisse Hounnouvi estime que le plus grand problème dans ce secteur d’activité est le manque d’apprentis et de matériels. «Je n’ai qu’un apprenti et j’ai du mal à me rendre dans les merceries pour l’achat des fournitures. Certaines personnes font des commandes et ne reviennent qu’après des années. D’autres ne viennent plus», affirme-t-il.

Comme Narcisse, d’autres brodeurs déplorent le désintérêt que les jeunes affichent face à l’apprentissage du métier.

«Cela fait une quinzaine d’années que j’exerce ce métier. J’essaye toujours de donner le meilleur de moi-même pour satisfaire la clientèle. Mais la relève n’existe pas car beaucoup de jeunes ne veulent plus apprendre le métier, c’est déplorable», renchérit Donatien. Malgré ces difficultés, les acteurs du secteur ne manquent pas de trouver pour leur compte.

Par Romuald NOUDEDJI

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