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Cherté du gari en pleine crise du coronavirus : le panier de la ménagère se vide davantage

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Encore appelé farine de manioc, le gari fait partie des aliments les plus consommés au Bénin. Moins cher auparavant et à la portée de toutes les bourses surtout celle de la classe moyenne, il a augmenté de prix portant encore un coup dur au panier de la ménagère. Un panier qui se vide un peu plus face à la crise sanitaire du Covid 19.

400 voire 500 F CFA par endroit. C’est le prix d’une mesure de gari sur le marché béninois en fonction de la qualité. Dans un contexte de crise sanitaire où des ménages peinent à se nourrir convenablement, cette hausse du prix du gari constitue une crainte pour plus d’un.

Grossiste, détaillant et les adeptes de cet aliment espèrent depuis des mois une baisse mais le prix ne fait que grimper. Samedi 04 juillet. Nous sommes au marché sur le site provisoire du marché Mênontin Il est 9h 20 mn. Le marché commence par s’animer.

Et comme d’habitude, le début du week end est mis à profit par beaucoup de femmes qui viennent s’approvisionner tôt afin d’être à l’heure pour le déjeuner. Déjà plus de 20mn que dame Yvette, comptable dans une entreprise privée échange avec une vendeuse de gari sans obtenir gain de cause. Si elle n’a pas mi du temps à acheter les autres ingrédients, c’est le contraire quand il a été question du gari.

«Cela ne dépend pas de nous. C’est déjà au niveau des grossistes que le problème se pose. Nous vendons les produits en fonction du coût d’achat. Actuellement, il y plus de 12 000 FCFA sur le sac habituel», se défend la vendeuse du gari. Fatiguée de se mettre en spectacle et de vouloir que la vendeuse diminue le prix, la cliente a dû poursuivre son chemin.

Mais très tôt, elle se rendra compte qu’en réalité, il y a une hausse du prix du gari un peu partout dans le marché. Finalement, elle a pris quatre mesures à 2 000 FCFA au lieu de 10 mesures au même prix. Maman Lisa, la cinquantaine, totalise plus de 25 ans dans la commercialisation de la farine de manioc.

Elle s’exprime : «Je fais ce commerce depuis plus de deux décennies. Je le tiens de ma tante qui m’a élevé. C’est d’ailleurs à cause du commerce de Gari que j’ai dû écourter mes études. Je puis vous dire qu’on n’a jamais assisté à cette hausse. Il y a des périodes où le gari coûte mais pas autant. Le sac 100 mesures a doublé de prix soit de 20 000 à 40 000 F CFA.

En effet, le gari intervient dans la préparation de certains mets et se prend aussi facilement. Soit avec de l’arachide, du sucre, des galettes, de la noix de coco et dépanne en cas de difficulté. Mais il coûte aujourd’hui les yeux de la tête lorsqu’on sait qu’autrefois la mesure était à 125 F CFA voire 150 FCA.

Cette augmentation drastique du prix de la farine de manioc est fortement ressentie par une catégorie de couche notamment les apprentis menuisiers, maçons, coiffeurs, soudeurs et plombier.

Jonas, apprenti plombier communément appelé ‘’Jo’’ par ces amis, ne prenait que deux sachets de 25 FCFA du gari les midis afin de poursuivre son travail mais aujourd’hui, c’est plutôt 4 sachets de 25 FCFA pour tenir le coup. Le témoignage de cet apprenti prouve à suffisance la dure réalité de la cherté du gari. Plusieurs raisons justifient cette hausse.

A en croire dame Assiba, grossiste de gari à Tokpa, c’est la pandémie du Covid-19 qui a tout envenimé dans le pays même si d’autres soutiennent que c’est la faible productivité du manioc ces dernières années qui en est la cause. Pour l’heure, se sont les populations qui en souffrent.

Par Anielle DAGBEWATO

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Lac Ahémé au Bénin : la géolocalisation pour augmenter les prises ?

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Grâce à un smartphone, Alexis Djiman Otchoumaré alias «Lokossa», un jeune pêcheur tente d’inverser la tendance relative à la baisse drastique des prises. Va-t-on assister à un début de révolution technologique sur le lac Ahémé (au sud-ouest du Bénin dans le département du Mono) où la pêche ne nourrit plus son homme ?

Djiman possède un smartphone appelé «Ibobber». Ce dernier lui permet de détecter les poissons et de mieux pêcher. Selon le code usage, l’appareil lui achemine l’information par le truchement d’une application compatible. Tout ce processus est complété par un sonar et des outils supplémentaires.

«Il y a dix ans, après une partie de pêche, on pouvait avoir jusqu’à 500 Kg de poissons. Maintenant, rien. Fatigué de revenir bredouille de mes parties de pêche, j’ai recouru à ce système de géolocalisation pour ne pas ‘’mourir de faim’’ alors que le lac Ahémé semble ne plus être notre source nourricière.», explique-t-il en mina, l’une des langues nationales parlées dans la localité de Bopa.

Un appareil au service de la pêche

28 ans révolus, et déscolarisé à l’âge de 13 ans donc pêcheur depuis plus une dizaine d’années, Djiman, avant notre départ farfouille les applications et intègre comme un automate des données. Il me parle de géolocalisation pour augmenter les prises. Je lui demande des précisions. Il me donne des «arguments peu convaincants». Trois minutes après, il consulte les résultats et marmonne : «C’est bon», lance-t-il subitement cette fois-ci en français.

Les incisives supérieures bien blanches de ce jeune ‘’massif’’ apparaissent. Je reviens à ma préoccupation. Toujours sans réponse. Il poursuit : «Avec cette technologie (puis il exhibe encore son appareil et dodeline de la tête), c’est comme si je viens de faire de l’art divinatoire», affirme-t-il avec un rire narquois: «Cet appareil, c’est mon frère en Chine qui me l’a offert. Il coûte près de 300 $.s».

Après ses explications, il réajuste son pull de couleur bleue. Il scrute la pirogue. Per-suadé que toutes les conditions sont réunies, il lance la randonnée du jour. C’était un samedi matin. On vient de quitter l’embarcadère de Kpindji dans la commune de Bopa où le soleil darde ses premiers rayons. Une bonne partie de l’embarcadère ce jour-là sert de lieu de réception dans le cadre des obsèques de la mère d’un jeune responsable de l’une des banques à Cotonou, la capitale économique du Bénin.

Les mégaphones distillent déjà quelques sonorités dès l’aurore. Djiman n’a pas la tête à la fête. C’est d’abord son gagne-pain qui le préoccupe. L’un de ses deux accompagnateurs, donne les premiers coups de pagaie. Djiman fait le signe de croix puis bredouille quelques incantations pour demander l’assistance des mânes des ancêtres.

Ce grand gaillard se positionne au milieu dans la pirogue monoxyle avec son smartphone, On poursuit la flottaison et quelques minutes après, on est loin. J’observe de part et d’autre ce paysage pittoresque de mangroves. Subitement, le tube culte du célèbre chanteur béninois G.G.Vickey me traverse : «Qu’il est gai de voguer sur le lac Ahémé quand le temps est serein fredonnant son refrain.». Une manière de puiser des forces du tréfonds de ces eaux.

«Pour moi, la géolocalisation c’est comme de l’art divinatoire»

On voit au loin la localité de Dékanmê. Djiman envoie quelques grammes de billes autour de nous. Il prépare l’amorce avec un mélange de différentes graines. Malgré tout, le mélange n’atteint pas la force souhaitée à cause du vent qui souffle dans le sens inverse. La partie de pêche commence. Son second accompagnateur jette son filet. Il le remonte avec des poissons.

Djiman m’aide à les identifier toujours en mina. «J’ai un peu de tout. J’ai eu ‘’akpavi’’ (tilapia) ; ‘’blolo’’ (le silure blanc) ; ‘’guéssou’’ (le poisson mulet ; ‘’siko’’ (capitaine d’eau douce)». Selon lui, le lac Ahémé a une diversité d’espèces halieutiques (poissons, crabes, crevettes, etc.).

Il laisse à la postérité en mina : «Il y a neuf mois, ce n’était pas possible. Maintenant, j’arrive à tirer mon épingle. Mon objectif désormais, c’est de sensibiliser les jeunes à acquérir cet appareil.». Et il conclut que: «La lutte contre la pauvreté et l’exode des pêcheurs sont à ce prix».

Géolocalisation, des spécialistes en parlent

Mathus Lawson est un expert en géolocalisation et promoteur de l’entreprise «Logistics» à Cotonou au Bénin. Il a été l’un des 50 meilleurs africains identifiés et primés dans ce domaine par l’Agence française de développement (AFD) en 2018. Il nous édifie sur le concept de la géolocalisation.

Selon lui : «Dans le cas d’espèce, la géolocalisation est une démarche technologique qui permet de connaitre la position des poissons à l’aide de coordonnées géographiques ou d’un récepteur GPS. Après, les positions enregistrées sont transmises en temps réel vers une plateforme accessible par Internet.».

Charles Migan, enseignant de mathématiques et de géométrie de son Etat dans les uni-versités de la place affirme quant à lui que: «Le processus de géolocalisation des pois-sons intègre des notions de géométrie. En effet, après avoir surfé sur l’application «localisateur d’appel», le pêcheur choisit quatre (4) points (ABCD) par exemple. Ce qui lui permet d’avoir le quadrillage d’une probable zone de pêche.

Lorsque ces quatre points sont repérés, il obtient un triangle (BCD) rectangle en C. Il doit ensuite se focaliser sur la distance (BC) puis après (AD). A partir de là, il doit s’appesantir sur la distance (DB). Enfin par le biais d’une bonne connexion Bluetooth, il pourra localiser facilement les poissons entre 2 et 41 m grâce à un sonar flottant.».

Le cadre légal d’abord pour éviter la surpêche

Si le pêcheur Djiman souhaite une vulgarisation à grande échelle de cette technologie, le juriste et diplomate, Félix Sophily affirme qu’il urge que: «Le cadre règlementaire soit préalablement bien défini». Il explique : «Même si la géolocalisation est une innovation très intéressante au service de la pêche comme c’est déjà le cas en occident, elle ne peut être la solution miracle au Bénin, car le législateur n’a pas encore défini les conditions de son exercice.».

Il ajoute: «Là où la loi est muette, règnent souvent l’anarchie et le désordre. Pour cela, il urge que le législateur béninois définisse les régimes d’utilisation.». En parlant de non réglementation de cette démarche, les faits semblent donner raison à l’homme de droit.

En effet, la Loi-cadre N° 2014-19 du 07 août 2014 relative à la pêche et à l’aquaculture en République du Bénin n’a aucune disposition relative à la géolocalisation en vogue en occident et particulièrement en France. Dans cette dernière, il y a la circulaire du 25/01/10 qui codifie tout. Mieux, ce texte s’inspire des lois ‘’Grenelle’’ elles aussi calquées sur le règlement européen N0 1100/2007.

Mathus Lawson craint cependant la surpêche même si la géolocalisation a d’énormes avantages: «Dans un lac comme Ahémé dont les produits halieutiques se raréfient, la géolocalisation peut engendrer une surpêche si la règlementation n’est pas bien défi-nie». Pour cela, il faut préalablement déterminer un certain nombre de conditions. Au nombre de ces dernières, il y a les fréquences de pêche, le tonnage requis…

Il faut re-marquer que cette zone du lac Ahémé concentre une forte population de pêcheurs. On parle de 100 à 125 pêcheurs au km² (alors que la densité autorisée selon les standards internationaux est de 9 à 11 pêcheurs au km²). «Qu’en sera-t-il si tout ce beau monde sur la base de la géolocalisation s’active pour une exploitation non contrôlée de ce lac?», se demande-t-il.

Le dragage : la solution ?

Si le pêcheur Djiman déplore la baisse importante des et soutient la géolocalisation, Michel Anoumoun Agboessi quant à lui opte pour le dragage dudit lac. Celui-ci, diplômé en Hautes études de recherches spécialisées (D.H.E.R.S) ‘’Mutations structurelles et politiques de développement’’ de l’Université de Paris I (Panthéon-Sorbonne), penche pour le dragage comme alternative. Pour lui : «Le lac Ahémé est ensablé».

En effet, pour cet expert, l’un des meilleurs en Afrique et dans le monde sur la problématique pêche, a récemment publié une contribution indéniable intitulée : ‘’Dragage du Mono et de l’Ahémé. Création d’une voie de passage sécurisée entre le fleuve et la mer’’. C’était en décembre 2019.

Dans ce document, il explique que: «Autrefois, les grands foyers de production de produits de pêche étaient le lac Ahémé et la lagune de Grand-Popo. Leurs productions nourrissaient le Bénin et le surplus s’exportait au Togo et au Ghana. D’exportateur de produits de pêche, le Bénin est devenu plus tard importateur de ces mêmes produits.».

A la question de savoir pourquoi cet état de choses ? Il répond: «Nous n’avons pas entretenu nos divers plans d’eau, nous avons accepté qu’ils s’ensablent, qu’ils s’envasent. Les poissons ne survivent pas dans des eaux sans profondeur, dans des eaux où la frayère est presqu’impossible, puisque nous avons détruit la mangrove. Nous avons permis aux prédateurs et à nos mauvais comportements sur l’environnement de briser la chaine de reproduction des poissons.». Il pense que le dragage de ce lac va permettre le peuplement halieutique, la réapparition des espèces disparues et l’introduction de nouvelles espèces comme les huîtres et les crabes d’eau.

Mais comment faire le dragage de ce lac sans l’Etat central ? Le professeur Agboessi déclare : «L’efficacité d’une arme dépend de l’armurier ! Les pêcheurs sont les armes, ils seront efficaces si l’armurier qu’est l’État, le veut». Quelques semaines après cette exhortation, le gouvernement du Bénin a réagi. Simple coïncidence ? En effet, le 15 avril 2020 le conseil des ministres a abordé ce dossier. «L’Etat va assainir, réhabiliter et draguer les lacs Ahémé, Nokoué, la lagune de Porto-Novo et leurs chenaux», mentionne le communiqué final dudit conclave gouvernemental.

Sur la question du dragage, la macro économiste Christelle Djegui dit que: «Le dra-gage d’un lac a toujours permis de booster l’économie locale puis nationale.». Elle poursuit: «Il est synonyme de gain de productivité, car l’Etat améliorera durablement les moyens d’existence des communautés de pêche, s’assurera des modes de gestion des ressources halieutiques et mettra un accent particulier sur un environnement institu-tionnel et politique porteur.

Le socio-anthropologue Sylvestre Tekly quant à lui déclare que: «Ce lac n’offre plus un environnement reluisant pour la pêche. Avec le dragage, l’exode des pécheurs et des travailleurs de la filière de pèche vers Cotonou, la capitale économique du Bénin et les pays de l’Afrique centrale va diminuer». L’environnementaliste Serge Noukpo tout en soutenant la thèse du dragage exhorte cependant les autorités gouvernementales à veiller à l’impact environnement de cette opération pour éviter les risques d’altération des ressources, de destruction des espèces par étouffement et d’enfouissement lors des immersions.».

Le professeur René Ahouansou de l’Université de Calavi du Bénin et grand patriarche du département du Mono apprécie sous toutes les coutures cette décision gouvernementale. Selon lui : «C’est le résultat de nombreuses études de la part des cadres de la région sans oublier les initiatives de l’Association communautaire et identitaire (Nonvitcha) qui rassemble les peuples wla, gin, mina».

Cependant, il reste sur sa faim, car cette décision ne prend pas en compte le fleuve Mono qui forme un ensemble avec le lac Ahémé. Fort de ses expériences internationales, cet angliciste de renom exhorte le gouvernement du Bénin à faire comme le Nigeria et le Libéria qui ont une certaine expertise en matière de dragage. Pour conclure, il a souhaité que le Bénin ait une société nationale de dragage pour pouvoir relever correctement ce défi et que cette décision ne soit pas à but électoraliste en cette veille de la présidentielle de 2021 au Bénin

Par Titus FOLLY

Enquête réalisée grâce au soutien du Réseau des journalistes pour une pêche res-ponsable en Afrique (REJOPRA). Journal Afrique en Marche

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Marché international de chaussures : le Bénin, grand absent, consommateur passif

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Alors que sur le marché international de chaussures, la concurrence se fait de plus en plus rude et génère un revenu énorme aux grandes marques présentes, par conséquent à leur pays d’origine, le Bénin continue par répondre absent. Ceci en dépit de la volonté affichée des fabricants béninois. N’est-il pas temps de cesser d’être éternel consommateur ?

Grand canal de présence des pays sur le marché international, et donc de valorisation de leurs atouts, l’artisanat de chaussures au Bénin semble orphelin de grandes initiatives à même de le promouvoir d’abord à l’interne, puis ensuite sur le marché international.

Bien qu’il soit loisible de constater la floraison ces dernières années de nombreuses Petites et moyennes industries (PMI) proposant au public béninois des chaussures de gammes variées et accessibles de coût, le goût des articles en provenance de l’Italie, de l’Allemagne, de la Chine, du Japon, du Portugal et bien d’autres pays, a pris une place de choix.

De Cotonou en passant par Abomey-Calavi sans oublier les autres grandes villes du Bénin, le constat est bien réel. Ypson’s, Gucci, Versace, Berluti, JM Weston, Mangnanni, John Foster, Ferragamo, Anax, Louboutin Christian, Zara, Plein Phillips, ce sont entre autres les grandes marques de chaussures qu’on y retrouve.

Aux heures d’ouverture, la clientèle y défile nonobstant les prix qui pour la plus part, sont dans la marge 55.000 F CFA, 120.000 F CFA, et bien même plus en fonction de la qualité et aussi de la nouveauté.

Selon les confidences d’une gérante d’un «prêt-à-porter», sis en plein cœur de Cotonou, l’importation de produits de l’extérieur ne relève pas de leur faute. Car, précise-t-elle, étant dans un business concurrentiel, il n’est pas question de présenter à la clientèle, des articles dont la qualité est faible.

C’est, selon ses dires, ce qui favorise d’ailleurs la fréquentation de leur boutique par de hauts fonctionnaires d’Etat et même d’opérateurs économiques. A l’occasion, un coup d’œil dans le registre de clients de ce centre permet de se rendre compte de la réalité. Doit-on donc y comprendre que le Bénin manque autant de mains agiles à même d’offrir des produits de qualité ?

Des stratégies peu honorables

Si, à la quête de l’élégance, la grande majorité des clients a fini par développer plus qu’il le faut, un goût réel aux produits d’ailleurs, c’est sans compter sur l’intelligence des fabricants locaux. Proposant des articles de qualité, certains de ceux-ci ont développé une collaboration peu reluisante avec différentes boutiques de ventes de chaussures.

«Nos fabrications sont souvent minimisées. J’ai encore plein de productions invendues dans mon atelier», relate Georges Anagonou. «Parce que les gens aiment beaucoup plus les chaussures venant de l’extérieur, certains commerçants de chaussures viennent nous voir pour faire des commandes sur lesquelles nous gravons les marques souhaitées après avoir fini la fabrication.», confie-t-il.

Ce, pour arriver à poursuivre leurs activités et se garantir un minimum de revenu périodique. Des aveux qui montrent de plus en plus l’absence réelle de politique étatique pour favoriser l’émergence de ce secteur comme c’est le cas des pays africains tels que le Ghana, le Nigéria, la Tunisie et autres pays du continent.

Réinviter la politique de promotion de PMI

A l’heure où les Etats africains aspirent à un marché commun, la Zone de libre-échange continentale pour assurer l’émancipation économique du continent, le Bénin se doit de mieux réorganiser ses secteurs clés. L’artisanat de chaussures est un facteur facilitant la visibilité des pays.

Pour ne plus continuer à être consommateur passif, mais labéliser des articles «made in Benin», le Bénin gagnerait à encourager un programme de «production basée sur l’élimination des gaspillages dans les processus» soutenu par les acteurs publics ; à accompagner les fabricants dans la recherche sur les processus de fabrication intégrant plus de technologie ; à améliorer la connaissance par les entreprises des innovations technologiques et stimuler leur diffusion.

Par ailleurs, envisager la création de grands groupes de jeunes fabricants avec des systèmes de mentorat et des initiatives de promotions des produits béninois à l’extérieur. Il s’agit à ce niveau d’étudier le marché et la concurrence ; de définir et de coordonner la politique des prix, de proposer des actions commerciales ou promotionnelles. Des actions qui pourraient permettre de sortir ce secteur de l’ornière et, présenter le Bénin sur le marché international des chaussures.

Par Sylvestre TCHOMAKOU

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