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Chirac et  nous (suite et fin)

L’ancien locataire de l’Elysée, Jacques Chirac, a gagné l’Eucharistie éternelle hier. Si certains compatriotes lui en veulaient pour son rôle corrosif pour son soutien au cartel des dictateurs contre Nicéphore Soglo, d’autres au contraire lui ont déjà donné l’absolution. Raison, le rôle important qu’il a joué dans la lutte contre les faux médicaments. Au-delà des coups fourrés quand Chirac est du bon côté de l’histoire. Analyse dans l’exercice de l’éditorial du jour.

“L’appel de Cotonou” le 12 octobre 2009, à Cotonou, sous la férule de Jacques Chirac, a permis d’impulser une campagne de mobilisation contre les faux médicaments. Avant son initiative, chaque année, on enregistrait des dizaines de milliers de morts.

En effet, il est de notoriété publique que le trafic de faux médicaments est florissant et extrêmement rentable partout dans le monde. L’appel de Cotonou a donc permis d’inciter les responsables politiques du monde à se mobiliser contre ce trafic. Et pour cause.

En matière de principe actif, les faux médicaments recèlent le plus souvent “des substances hautement toxiques’’. Au Bénin, de nombreux compatriotes sont passés de vie à trépas pour avoir ingurgité de faux médicaments. Si d’autres niaient cette réalité au Bénin, la mort de près de 100 bébés morts au Nigeria voisin en 2008, après avoir absorbé du faux sirop de Paracétamol, encore dans nos mémoires, a braqué notre attention sur ce danger.

Et en matière de péril, c’est le règne des anti-paludiques ou des antibiotiques dans une quantité importante touchant des affections potentiellement mortelles, et qui circulaient sans garantie aucune, qui a commencé par inquiéter.

Mieux, le sous-dosage de ces anti-paludiques en circulation en Afrique ne sont que de faux médicaments, totalement ou partiellement. C’est donc une situation catastrophique qui prévalait en Afrique y compris le Bénin avant ce regard de Chirac sur l’Afrique.

Cette phénomène de faux médicaments est devenue difficile à maitriser du fait de l’existence d’un large réseau de ‘’pharmacies’’ dites à terre ou de rues.

A cela, il faut déplorer le fait que quand le circuit de distribution officiel n’est pas respecté, on ne sait pas qui vend un ‘’produit pharmaceutique périmé’’ dans le circuit normal.

En outre, ce fléau devenait au fur et à mesure très lucratif. Les faramineuses sommes engrangées par les trafiquants faisaient état de 45 milliards d’euros en moins d’une décennie à la veille de l’initiative de Cotonou. A ce seuil, ce montant devenait inquiétant, car il a commencé par dépasser le trafic de drogue.

Pour l’endiguer, l’une des mesures hardies dans les annales, est l’opération ‘’Pagéa’. Cette dernière est menée par Interpol contre le trafic de médicaments sur l’Internet. Résultat, des saisies de médicaments contre le diabète, l’impuissance et l’obésité ont eu lieu.

Aujourd’hui, où en sommes-nous après ‘’l’appel de Cotonou’’ de Jacques Chirac qui vise à se mobiliser contre ce trafic ? Il faut dans une certaine mesure reconnaitre que depuis 2009, le Bénin n’en a pas fait une priorité.

Mais ce phénomène qui est en avance sur son temps, a été finalement combattu grâce au régime Talon. Sauf qu’il faut relativiser la portée de cette lutte qui a failli révéler l’embarras d’une nécrologie.

Le cas de Mohamed Atao qui a échappé bel est là. Si celui-ci avait été un caudataire invétéré du ‘’Bénin révélé’’, allait-il subir les représailles ? Qu’en est-il de Falihou Adébo (je m’incline d’ailleurs devant ta dépouille), toi désormais de vénérée mémoire depuis hier ?

Par Titus FOLLY

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