BÉNIN24 TÉLÉVISION
L'actualité en continu et en temps réel

Commerce de «carcasses d’animaux» au Bénin : une menace pour la sauvegarde des espèces fauniques

Conservateurs authentiques de la médecine traditionnelle, dans une certaine dimension, les marchés d’ossements d’animaux, au Bénin, résistent à la tendance planétaire de la sauvegarde des espèces fauniques. Bien qu’au service de tout un peuple, les dégâts silencieux de ce business deviennent saisissants.

Ancré dans la tradition béninoise depuis la nuit des temps, les «restes d’animaux morts» employés comme remèdes à tous types de maux, loin de s’effacer du quotidien des peuples avec l’arrivée des Européens en Afrique, continue de faire bon ménage avec la médecine moderne.

Du Nord au Sud du Bénin, presque dans tous les marchés, ce business ne cesse de s’animer. Ici, il n’est point question d’ails, de poivre, de cube, de tomate ou de crin-crin, mais d’ossements d’oiseaux, d’une variété de cranes, de reptiles de tous genres ; sans oublier les espèces aquatiques ou marines qui y sont enregistrées.

«Bôhi» ou encore

«Noucoucou-himè» sont les appellations endogènes en langue «Fôn» de ce marché, pour signifier respectivement «marché de gris-gris» ou «marché d’animaux morts». Ouverte, notamment à ceux en quête de guérison spirituelle ou corporelle, cette pharmacie traditionnelle, même si elle propose des dépouilles d’animaux ou «non» à sa clientèle disparate, se révèle être un business rentable pour ces commerçants tout particuliers en dépit des odeurs fétides qu’elle libère.

«Les prix des ingrédients que nous avons dans ce marché varient.», développe Théophile Aïdohouè, revendeur d’os et divers dans le marché de Godomey Hlacomey. «Il y a par exemple la tête du boa qui est vendu à 2.000 f cfa, celle du vautour à 5.000 f cfa. Si vous voulez le complet du vautour, il faut prévoir 12.000 f cfa» explique-t-il, tout occupé à sévir un de ses clients qui, s’efforce en vain de marchander deux œufs de tortue marine pour lesquels il lui est proposé 3000 f cfa, soit 1500 f cfa l’unité.

Qu’elles soient curatives, préventives ou encore destinées à des compositions devant attirer la chance, les variétés d’os, de plumes d’oiseaux, de mues de reptiles, de cornes, etc. ont un coût onéreux auquel n’arrivent pas à échapper les clients. Et la conséquence sur l’environnement n’est pas invisible.

La faune à l’épreuve de l’avidité humaine

Abandonnant pour la plupart leur métier de base au profit des étals de crânes d’animaux et d’autres types d’ossements, les acteurs de ce commerce sont formels sur la provenance de leurs produits.

Selon les explications de Brice Tougan, un des revendeurs rencontrés au marché de Calavi-Tokpa, les carcasses exposées proviennent du Zou du Bénin (Bohicon, Abomey, etc.) dont il est natif; des Collines (Dassa, Savè, Manigri, etc.) et aussi du nord Bénin grâce aux chasseurs. Même s’il est vrai que les ossements mis en vente proviennent «d’animaux morts de mort naturelle», il en est de même que le braconnage est l’autre moyen dont usent leurs livreurs, et ce, en fonction de la demande.

«Je commande mes produits depuis Abomey. Parfois, ce sont des produits de chasse qui me sont envoyés.», confie Théophile Aïdohouè, le surnommé Taofik. Il n’hésite non plus à faire savoir qu’intervenant dans plusieurs compositions à ingérer ou à inoculer, le vautour, en dépit de sa raréfaction, aux heures de pointe, subit un braconnage de la part de leurs livreurs chasseurs. Autant dire que le risque de la disparition totale de certaines espèces animales, même s’il est saisissant, ne semble point émousser l’ardeur de ceux-ci.

Quel héritage pour l’avenir ?

Dans un monde où les appels sont florissants quant à une nouvelle politique dans chaque Etat pour la sauvegarde de l’environnement, au risque de compter dans le passé certaines espèces de ses ressources faunistiques, le Bénin se doit d’accroître la veille.

Certes, en leur qualité de témoins de la médecine traditionnelle, les marchés d’ossements d’animaux restent les lieux uniques pour trouver les remèdes prescrits par les guérisseurs. Cependant, face à l’avidité et à la démesure dans cette activité, à défaut de l’interdire, accroître les séances de sensibilisation à l’endroit de ces pratiquants ainsi que les chasseurs permettrait de limiter les dégâts.

Aussi, vue l’avantage touristique qu’elle pourrait constituer, la création de zones de conservation et de protection de certaines espèces, notamment celles de plus en plus rares, n’est-elle pas envisageable ?

Par Sylvestre TCHOMAKOU

SickaSport

Dernières actualités

Port obligatoire de masque contre le Covid-19 : l’appel du Ministre Sacca Lafia aux Béninois

A travers un communiqué rendu public ce mardi 07 avril 2020, le Ministre de l'intérieur et de la sécurité publique Sacca Lafia invite les populations situées au sein du cordon sanitaire au respect strict de la mesure du port obligatoire de…

Non respect de la fermeture des lieux de culte : 04 responsables d’églises arrêtés à Pobè

Pour n'avoir pas respecté la mesure gouvernementale portant fermeture des lieux de culte reste encore en vigueur dans le pays en raison de la pandémie du Coronavirus, deux pasteurs et deux prêtres de l'église catholiques ont été interpellés…

La libération de Habré est «un coup de massue sur la tête» (victimes)

La libération de l'ancien président tchadien, Hissein Habré, par la justice sénégalaise pour deux mois à cause de la pandémie de Covid-19, a été très mal accueillie, mardi à NDjaména, par les victimes de son régime (1982-1990). Le…

Maroc : les dentistes appelés à fermer leurs cabinets

Le ministère de la Santé a appelé à la fermeture des cabinets dentaires à la consultation physique des patients et à sa substitution par la téléconsultation, les conseils médicaux à distance et les prescriptions électroniques. Dans une…

Le port du masque de protection désormais obligatoire au Maroc

Le port du masque de protection devient obligatoire, dès demain au Maroc, pour toutes les personnes autorisées à quitter le domicile pour les raisons préalablement annoncées, indique lundi dans la soirée un communiqué commun entre les…

La Côte d’Ivoire passe le cap de 300 cas confirmés au Covid-19

La Côte d'Ivoire a enregistré, lundi, 62 nouveaux cas de Covid-19, portant à 323 le nombre total de cas confirmés dont 41 guéris et trois décès, selon un bilan du ministère ivoirien de la Santé et de l’hygiène publique. «Le ministère de la…

Le ministre ivoirien de la Défense, Hamed Bakayoko, testé positif au Covid-19

Le ministre d’Etat, en charge de la Défense en Côte d'Ivoire, Hamed Bakayoko, annonce avoir été testé positif au Covid-19 suite à un prélèvement effectué dimanche mais ne présente aucun signe de la maladie, sur sa page Facebook, une…

Gestion des quatre ans de Talon : des réformes économiques pertinentes et appréciées

Le chef d’Etat béninois, Patrice Talon a été investi le 6 avril 2016 au stade Charles de Gaulle de Porto-Novo. Quatre ans jour pour jour après sa prise officielle de pouvoir, de nombreuses réformes ont impacté l’économie du pays.…

Dernières actualités

LAISSER UN COMMENTAIRE

Votre adresse email ne sera pas publiée.