BÉNIN24 TÉLÉVISION
L'actualité en continu et en temps réel

Commerce du charbon : «À chaque saison des pluies, il faut s’attendre à des dettes», dame Jeannette

La petite saison des pluies met sur une corde raide les commerçants du charbon de bois. Qu’ils soient grossistes, semi grossistes ou détaillants, leur business prend un coup.

A Gbégamey ce samedi 12 octobre 2019, derrière les rails en allant vers le marché, dame Jeannette avait à peine exposé ses tas de charbon que le temps a commencé par menacer. Ses deux enfants ont dû l’aider à tout ranger. «Comme d’habitude à chaque saison des pluies, il faut s’attendre à des dettes. On ne vend presque rien et nous avons des enfants à nourrir», se désole-t-elle.

En effet, Dame pluie dicte sa loi depuis quelques semaines sur toute l’étendue du territoire. Et s’il y a un secteur d’activité qui en souffre, c’est le commerce du charbon. En effet, le charbon de bois ou «akan» dans plusieurs langues nationales, est un combustible fortement utilisé dans les foyers pour faire la cuisine. Beaucoup de restaurants et gargotières l’utilisent aussi. Acheminés du nord du pays vers la capitale économique qui est le plus grand consommateur de ce combustible, cette activité a du plomb dans l’aile pendant cette saison pluvieuse.

Le calvaire des grossistes…

Les grossistes sont ceux qui vont à la source pour s’approvisionner. La plupart sont propriétaires ou copropriétaire de camion. L’itinéraire ne varie souvent pas. Pour convoyer des sacs de charbon de Bantè à Calavi par exemple, le camion prendra par Logozohè, Dassa, Kpanhouian, Bohicon, Zogbodomey, Massi afin de chuter à Akassato.

Le plus souvent, les camionneurs avancent de l’argent à des gens qui vont fournir la quantité re charbon requise. Quand ils finissent, ils nous font signe et nous leur complétons les sous afin de leur permettre de finaliser le travail.

Commerçant du charbon de bois depuis plus d’une vingtaine d’années, Raymond Adoussi se confie : «Mes quatre camions livrent sur Abomey-Calavi, Cotonou et Porto-Novo plus de huit cent sacs de charbon de 100kg. Ceci constitue un investissement de plusieurs millions. Et c’est aussi très rentable. Ce qui n’est pas le cas en saison pluvieuse».

Quant à Maman Elvire, elle vend des sacs de charbon en gros comme en détail. Elle achète le charbon dans le nord du pays, les achemine à Cotonou et les revend dans son stand à Godomey. Face à la demande sans cesse grandissante, Maman Elvire est souvent confrontée à une pénurie. Mais pour cette petite saison, les affaires tournent au ralenti.

«On n’y peut vraiment rien. Depuis le nord, il pleut sans cesse. Malgré les précautions prises pour couvrir les marchandises, tout est mouillé. Ici aussi à Cotonou, c’est le calvaire. Difficile de rentabiliser parce qu’il faut attendre que les pluies s’arrêtent pour les sécher. Pendant ce temps, nous perdons de la clientèle alors que nous fonctionnons sur des prêts à rembourser chaque semaine», s’exprime-t-elle.

Les détaillants aussi en souffrent…

On en rencontre dans presque toutes les ruelles de Cotonou. Des sachets de charbon de 100 FCFA, 250 et 500 FCFA. Ça dépanne plus d’un. Aussi bien ceux qui utilisent le gaz que ceux qui n’en font pas usage. Yolande la quarantaine et coiffeuse de formation, mariée et mère de trois enfants scolarisés, vend du charbon à la maison et du bois de chauffage. Son commerce marche bien et elle se ravitaille à Kétou. Mais en période de pluie, c’est la croix et la bannière. Elle n’a pas de magasin pour stocker son produit. Du coup, son commerce périclite dès que les pluies sont fréquentes.

«Je pouvais vendre jusqu’à huit sacs de charbon par semaine. Mais depuis que la pluie a commencé, les dames préfèrent aller se ravitailler chez celles qui garent bien au sec leurs produits», confie-t-elle.

Quant à Dame Sophie, vendeuse de riz dans une école primaire de Calavi, a dit ses difficultés pour trouver du charbon non mouillé pour la cuisson de ses mets quand il pleut.

«Il lui faut vraiment faire attention pour ne pas acheter du charbon mouillé, sinon vous risquez de ne pas pouvoir être prête à temps pour aller vendre aux écoliers tôt le matin». C’est dire que personne n’est épargné par les désagréments causés par la pluie aux commerçants de vendeurs.

Par Dorice DJETON

Rejoignez-nous sur Facebook
Nous sommes aussi sur Twitter
Application Android

Disponible sur Google Play

 

Immobilier Bénin

ACTUALITÉS RÉCENTES

ACTUALITÉS RÉCENTES

ACTUALITÉS À LA UNE

ACTUALITÉS À LA UNE

RÉVISION DE LA CONSTITUTION

RÉVISION DE LA CONSTITUTION

LAISSER UN COMMENTAIRE

Votre adresse email ne sera pas publiée.