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«… craindre un retour au régime autoritaire du fait de l’abandon de la démocratie», selon Joel Atayi Guèdègbé

Expert en gouvernance, acteur de premier plan de la société civile, Joel Atayi Guèdègbé dans cet entretien fait le bilan de la conférence nationale 30 ans après.

Monsieur l’xxpert, 30 après la conférence nationale que retenir comme bilan sur le plan démocratique ? Avions-nous vaincu la fatalité comme l’avait si dit avec emphase le rapporteur général de la conférence ?

Le bilan sera forcément partiel et incomplet parce qu’on ne peut pas couvrir trente ans de vie d’un pays en quelques mots. Mais fondamentalement, c’est que le Bénin, a retrouvé une certaine stabilité démocratique. Et tente vaille que vaille de s’inscrire dans cette visée-là. Avec un certain recul, les reformes des années précédentes, ont favorisé la stabilité et la démocratie. Donc, il faut apprécier à sa juste mesure ces 30 ans de renouveau démocratique.

Malheureusement, les fruits n’ont pas tenu la promesse des fleurs. Car il ne suffisait pas de proclamer le retour à la vie démocratique, de tenir régulièrement des élections surtout les présidentielles à bonne date pour avoir la démocratie dont on rêvait. Avec le temps, on constate que la démocratie est une quête permanente et il se fait que les principaux acteurs de la vie politique de notre pays sont loin d’être bien habités par cette culture-là. Donc, sans une adhésion, sans une compréhension des valeurs démocratiques, alors on se pare simplement des atouts de la démocratie. Donc cet effort-là, nous ne l’avons suffisamment pas fait.

Deuxièmement, la démocratie sans le pain est insoutenable. On le sait. Mais on n’a pas suffisamment non plus fait que la démocratie reste réellement désirable par les résultats économiques qu’elle nous aurait permis d’atteindre. De sorte qu’il y a de plus en plus une tendance dans notre pays voir au-delà dans la mesure où les uns et les autres font de moins en moins la différence ou le lien entre la nécessité de la liberté politique et de la liberté d’entreprendre, c’est-à-dire pour davantage de productivité et de développement économique.

Donc, la démocratie au Bénin, 30 ans après les conclusions de la conférence nationale n’a pas su pour réellement libérer les initiatives au plan économique pour en assoir sérieusement les bases. Si bien qu’à tout moment, on doit craindre un retour au régime autoritaire du fait de l’abandon de la démocratie qui est parfois perçue comme bavardage stérile, lutte intestine inefficace et économique.

Des décisions de la Conférence, il y a une (le multipartisme intégral) que certains appellent le ‘’Grand Bazar’’. Le multipartisme intégral avec plus de 200 partis, a-t-il été le plus grand mal congénital pour le Bénin ?

Petit sourire…Non mais… Que chacun fait ce qu’il veut de la liberté qu’il a, la question est celle de notre responsabilité face à cette liberté qui est donnée. Il est évident que nous n’avons pas su nous discipliner. Est-ce qu’il faut encadrer le multipartisme ? Nous avons dit ou répétons souvent «multipartisme intégral», qui est une tautologie déjà. Un «multipartisme» aurait dû suffire.

Et nous aurons dû prendre conscience que ce n’est pas cent ou deux cents idéologies sens de sciences politiques et être plus sérieux dans notre utilisation de ce moyen de la démocratie. La démocratie est inconcevable sans les partis politiques. Et encore moins sans la concurrence entre les partis politiques.

Même si la concurrence électorale n’est pas de mise si les projets politiques ne se différencient pas suffisamment, ce qui veut dire que nous banalisons les outils de la vie démocratique que sont les partis politiques. Nous les instrumentalisons pour d’autres fronts qui sont relatifs à nos intérêts sordides, à nos intérêts égoïstes qui ne se préoccupent sérieusement de construire un Etat viable encore moins une Nation unie.

Alors que nous sommes un rassemblement d’ethnies de groupes divers, n’ayant pas toujours la même histoire sur la longue durée. Donc, la conscience de ces défis n’habite pas réellement les ‘’entrepreneurs politiques’’ au Bénin. Je parle même d’entrepreneurs politiques parce qu’au fond «l’entreprise politique» au Bénin a été dévaluée, car elle a été vue comme n’importe quel business avec des marchandages les plus sordides.

Et la transhumance qui ne se dément pas malgré la dernière réforme du système partisan qui a tendu d’avoir des partis à plus grande assise nationale. Mais voyez bien qu’en moins d’un an que les mêmes maux sont pratiquement revenus. Donc, cela veut dire que sans un encadrement relativement fort de cette liberté là, nous aurons du mal.

Alors on peut se laisser aller au nom de la démocratie à jouer des instruments que sont les partis politiques, les médias et les associations. Mais cela peut nous conduire finalement à amener l’idée d’un pouvoir politique qui porte un projet assurant la viabilité de l’entreprise démocratique, assurant le bien-être des populations. Et démontrant l’intérêt de préserver la démocratie, de l’arroser, de la défendre. Aujourd’hui, la question est de savoir combien il a-t-il d’électeurs et de citoyens conscients de la nécessité de défendre notre démocratie.

Aujourd’hui, tout porte à croire que le président Talon est dans un processus de rectification de la conférence. On connait son aversion pour le multipartisme intégral. A-t-il raison ?

Non, il a posé un diagnostic et il a essayé d’indiquer une direction. D’aucun dirait qu’il a imposé sa vision. Et cela nous amène donc à nous demander comment se fait-il qu’un homme fut-il auréolé du suffrage universel et même de la majorité absolue en arrive à imposer aux partis politiques qu’il est venu trouver. C’est dire que lesdits partis manquaient de consistance.

Le présidentialisme que nous avons adopté fait le lit au culte de la personnalité et à un pouvoir présidentiel fort. Les partis n’ont pas vu venir cela. La Constitution de 1990 a été dessinée, conçue pour que le président de la République ait un maximum de leviers à sa disposition. Et il fallait prendre la mesure pour être plus sérieux dans l’organisation des partis politiques. D’aucuns n’ont eu cessent de clamer que depuis 90, les partis n’ont pu promouvoir à la tête de l’Etat béninois, un des leurs.

Sourire…mais ils n’ont cas s’en prendre à eux-mêmes. Et même, si les populations, ont une relative méfiance par rapport à un parti hégémonique, ayant vécu les affres du parti unique sous l’ère révolutionnaire du régime du PRPB, c’était aux leaders de la vie politique de notre pays de trouver l’alchimie qui rassure. Très peu de partis, quasiment aucun n’est institutionnalisé dans notre pays.

Combien de partis politiques lancés depuis 1990, hormis le PCB, ont pu survivre dans l’espérance de vie ou de destin présidentiel de leur leader ? Ils sont attachés fortement à la personne de leur leader qui en ait le promoteur, le propriétaire. Et dès que ledit leader perd ses chances d’être candidat à la présidentielle, tout s’écroule. Tout près de nous, sans forcer la causalité, même les nouveaux partis comme USL de Ajavon, sont confrontés à ce phénomène.

En effet, on voit bien qu’avec les difficultés de ce leader, ces militants, ont tendance à le lâcher. Donc, les partis politiques au Bénin, n’ont pas encore réussi à institutionnaliser cet outil là. Et donc tant que sera comme cela, je veux dire la Constitution permet au président de la République qui vient d’arriver de constituer sa majorité qui n’est toujours pas une émanation du peuple.

Avec les réformes entamées par le président Talon, en ce qui concerne les acquis de la Conférence, la majorité a été vidée de sa substance (Le droit de grève, le multipartisme intégral… et autres) La conférence est-elle morte de sa plus belle mort ?

C’est forcément excessif, je pense que ça n’a pas été de gaité de cœur que les législateurs voir le président Talon, en soient venus à réduire, à limiter le droit de grève dans certains secteurs. Il reste reconnu le droit de grève est circonstanciel de l’émergence de la démocratie chez nous, la liberté acquise sont le prolongement de ces limites là et par le moyen de la grève.

Toutefois, nous devons aussi observer que les grèves étaient de plus en plus instrumentalisées à des fins politiciennes. Au de-là de cette bataille-là, elles ont commencé à poser le problème de la continuité du service public. Notamment comme les secteurs vitaux celui de la santé, de l’éducation pour l’avenir des enfants. De même au niveau des forces de sécurité de défense, en principe qui n’ont pas droit grève.

Donc il n’y a plus de liberté en réalité sans encadrement. C’est la leçon que nous devons retenir de notre pratique démocratique. Nous en n’avons abusé quelques fois. Je ne serai jamais partisan de la remise en cause des fondamentaux démocratiques. Mais nulle part au monde, il n’existe de la liberté. Même dans les médias, il y a un minimum de déontologie qui est attendue. Pour ne pas dire qu’il y a des lois qui encadrent le métier. Ce que nous appelons liberté d’expression et liberté de presse. Donc faute d’en faire bon usage nous nous exposons de plus en plus.

Entre le multipartisme intégral et la transhumance qui a le plus causé de préjudices au pays ?

Je pense que c’est la transhumance qui signale une immoralité, un manque d’intégrité et une cupidité. Il faut dire simplement un manquement à la parole donnée et d’infidélité à ce qu’on a proclamé au départ. Hors cela se conçoit très difficilement qu’à la première, on change de veste.

Mais rarement sur la base de divergence idéologique, plutôt sur les considérations personnelles, sur des mécontentements, ou non positionnement adéquat, pour non promotion à un poste ou au gouvernement ou encore non prise en compte des intérêts économiques et financiers. Toutes choses qui ne rassemblent pas. Donc, la transhumance à laquelle on n’a pas su trouver un traitement conséquent, continue d’être une plaie de notre vie politique.

Le président Talon avait l’occasion d’endiguer ce mal (transhumance) à l’occasion de ses réformes. Pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? Calculs politiques obligent ?

J’imagine que… soupire, d’abord il n’est pas le législateur. Même si le gouvernement peut être porteur de projet de loi. Mais qu’est-ce qui empêche la classe politique aussi qui dénonce souvent la transhumance d’indiquer une volonté sérieuse d’en finir. Les responsabilités sont partagées.

Comment expliquez-vous que pour ces 30 ans, le gouvernement ait donné l’air de faire un service minimum par rapport à la commémoration de cet événement?

Mais non il n’y a pas que le gouvernement, les citoyens sont propriétaires dépositaires de notre démocratie. Le gouvernement, c’est une minorité, une équipe qui a reçu le pouvoir de diriger ce pays. Et donc, c’est là que nous devons nous interroger sur l’étendue du pouvoir que nous avons délégué ou accordé dans le cadre de la démocratie représentative que nous avons adoptée. Mais au terme de la conférence nationale, nous sommes affublés de moyens de leviers dont nous n’avons pas suffisamment explorés l’étendue, le degré de perversité.

Donc, il est possible que chacun, chaque parti, chaque président en arrivant, subvertisse ce que nous avons voulu. Car nous n’avons pas suffisamment précisé. Parce que nous entretenons, nous n’y veillons pas. Si le gouvernement voir les partis politiques même ceux qui étaient les principaux acteurs de la conférence nationale, aujourd’hui n’en sont plus les vrais défenseurs de ces atouts qu’est qu’il en coûte que les citoyens eux-mêmes de demander des comptes.

C’est un droit que nous semblons renoncer par notre inaction, par notre apathie et donc le manque d’engagement citoyen est aussi une cause dans l’affaiblissement démocratique. La démocratie représentative est en quelque sorte un piège qui dépossède les citoyens de sa souveraineté à travers le vote. Mais au-delà du vote de l’élection, le citoyen doit être en mesure à s’organiser de manière alternative pour continuer à veiller au grain pour que les acquis et ses libertés ne soient pas détournés. Et qu’on ne vienne pas aux autoritarismes.

La conférence nationale, a davantage consacré la société civile ? Vous en êtes l’un des acteurs dont les fulgurances ne sont plus à présenter. Quel bilan faites-vous du travail abattu depuis lors ?

Disons que par moment, la société civile au Bénin, a été portée au nez pour ne pas dire au triomphe pour un engagement résolu manifestement décisif dans l’émission des débats politique dans notre pays. Mais cela ne peut être que circonstanciel, et cela ne peut être qu’aussi régulateur du degré de conscience citoyenne dans le corps social. S’il n’y a pas de répondant mais croyez-moi une seule hirondelle ne fera jamais le printemps. Les acteurs de la société civile sont des hommes comme tous..

En matière de veille citoyenne votre action n’a-t-elle pas été galvaudée par certains de vos collègues qui ont utilisé la société civile comme rampe de lancement ?

Oui et non, il est inévitable que des citoyens quel que soit la foi d’action d’où ils réagissent. Il est inévitable qu’il soit remarqué ou qu’il devienne remarquable. Et c’est toujours au nom de la liberté qu’il peut choisir de continuer dans telle ou telle autre direction. Ce qu’on doit défendre, exiger, c’est on évite la confusion des genres. Qu’on ne travestisse pas l’idée d’engagement dans X ou Y. Qui n’est tromperie sur la marchandise. Et que si on doit faire le choix de renoncer à une forme de République qu’on ait la conscience d’informer explicitement l’opinion publique.

Après, il y a des problèmes de communicabilités parce qu’au fond, vous êtes tellement identifié de telle manière de faire telle action que malgré votre volonté de changer ou de vous retirer, cela vous colle à la peau. Et donc ce n’est pas forcement parce que les gens sont malhonnêtes absolument parce que dans la perception, on a dénie même à la limite le droit au gens de changer quand bien même ils ont pris la précaution de l’annoncer au grand jour.

La conférence dans sa trame intellectuelle et logistique n’intéresse plus personne. Le Bénin pourtant englué dans les problèmes politiques aussi bien en 2010 avec la Lépi avec Boni Yayi puis en 2019 avec les législatives exclusives de Patrice Talon, n’a pas voulu adopter ce format. Avec ces deux cas, peut-on envisager un jour, une autre conférence avec le format de 1990 ?

Les temps ont changé, la conférence nationale en réalité, a représenté la sortie ou le passage de changement d’un régime d’exception à un régime démocratique. Un régime d’exception qui était à l’agonie, qui était essoufflé économiquement qui aurait pu continuer s’il avait eu les moyens de sa politique. Donc le contexte actuel, ce n’est pas la même situation.

Aucun régime démocratique n’accepterait d’avoir des assises à la lumière de la conférence nationale qui prenne le risque ou qui conduise éventuellement à des résultats inattendus du genre se proclamer souverain. Et donc, déstabiliser à travers une forme de coup d’Etat civil, le cadre institutionnel en place. Si un tel scénario doit se reproduire, il va falloir que des forces politiques éventuellement en décident comme en 1989- 1990.

Que ce soit les assises, que ce soit le dialogue national, ces creusets seront des voix consultatives qu’on doit encourager. Il n’y a pas longtemps, les gouvernants à l’issue des élections essaient de rattraper le déficit de légitimité. Il est de plus en plus récurrent dans nos systèmes électoraux et démocratiques, vous pouvez même avoir été élu à 100% aujourd’hui et dès demain ou l’année suivante perdre complètement cette popularité. L’état de grâce est de moins en moins à l’ordre du jour alors que nous sommes à l’ère d’exécutif fort.

Une fois la victoire est acquise légalement, la tendance ou la tentation est forte de poursuivre son chemin de manière solitaire voir isoler. C’est en cela que l’information est utile pour le citoyen et non la communication qu’on fabrique à tout vent qui est vidé de tout son sens.

Ce droit à l’information a son sens de telle sorte que des citoyens sont mieux informés et mieux formés aussi à travers les cadres que sont les Organisations de la société civile, les partis politiques et tout le reste. Donc le citoyen mieux formé aussi contribue davantage à réorienter l’action gouvernementale que seule le Parlement ne peut plus faire à moins d’une collusion ou par incapacité.

Propos recueillis par Dorice DJETON

SickaSport

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