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Economie béninoise : R. Wadagni à propos de l’Eurobond émis sur le marché international

L’économie béninoise se porte mieux, et de mieux en mieux, c’est ce qu’on peut retenir de l’entretien du ministre Romuald Wadagni, accordé à télévision nationale (Ortb), ce mercredi 17 avril 2019.

Lors de cette émission, il a parlé des progrès du Bénin qui ont favorisé la levée d’Euro bonds sur le marché international. L’argentier national a aussi donné son avis sur la fameuse question du CFA, qui selon certains nécessite des réformes.

Dans le but de diversifier les sources de financement et de mobilisation des ressources, le Bénin a lancé, il y a quelques semaines, une opération pour prendre de l’argent à l’international.

Selon le ministre de l’économie et des finances, plusieurs résultats positifs ont permis au Bénin de se lancer sur le marché international.

«Récemment, le Bénin est primé premier pays en matière de transparence budgétaire par le FMI et l’UE. Cela ne s’est jamais produit. C’est grâce à ces éléments que quand nous allons vers les investisseurs, qui ne savent pas positionner le Bénin sur une carte, ils nous font confiance», a déclaré le ministre Wadagni, tout en ajoutant que même l’UEMOA reconnaît que le Bénin a fait des bonds jamais effectués au sein de l’institution.

Il donne aussi en exemple la notation B+ obtenue par le Bénin en décembre dernier, une meilleure notation en Afrique subsaharienne.

S’agissant de la levée d’Euro bonds fait le 17 mars dernier par le Bénin, l’argentier national y a apporté des explications.

«C’est un emprunt obligataire que nous avons fait. Ce sont des investisseurs qui vous prêtent de l’argent sous la forme d’obligations. En termes simples, le Bénin est allé sur le marché international obtenir des prêts de partenaires financiers. Dès notre arrivée en 2016, le gouvernement a adopté une stratégie de mobilisation des ressources. Doter le Bénin de tous les instruments lui permettant de lever des ressources», indique le ministre.

M. Wadagni relève trois manières d’obtenir des ressources : les impôts, les emprunts obtenus chez les bailleurs de fonds et les prêts faits auprès des banques locales. Il ajoute deux autres instruments dont les pays modernes disposent mais que le Bénin n’avait pas du fait de certaines contraintes. Il s’agit de l’accès des prêts commerciaux et l’accès au marché des emprunts obligataires qui nécessite une certaine crédibilité.

Le ministre informe qu’en 2018, grâce aux réformes du Chef de l’Etat, «nous nous sommes dotés de l’instrument d’accès aux crédits internationaux par le biais de reprofilage de la dette.
Le dernier instrument est celui d’accès au marché obligataire. Ce dernier est un peu compliqué. Sur instruction du Chef de l’Etat, nous sommes arrivés à avoir une taille des opérations qui permet à nos obligations d’être cotées. Cela est le résultat d’un travail de longue durée de l’ensemble du gouvernement et des cadres techniques des différents ministères».

Selon le ministre Wadagni, l’opération a été un succès pour plusieurs raisons.

«Nous sommes allés sur le marché pour lever plus de 500 millions d’Euros mais nous sommes arrivés à un pic de plus d’un milliard d’Euros. C’est un vrai succès. D’ailleurs beaucoup de personnes ont voulu participer mais nous leur avons dit que notre objectif est de 500 millions Euros avec une maturité sur sept ans. Cela est un facteur de succès indiscutable», mentionne le ministre qui signale que le Bénin a été le premier pays du continent à sortir en 2019.

Les fonds serviront à financer les activités, investissements et projets prévus dans le cadre du budget 2019. L’argentier national confie que «les caractéristiques, c’est 500 millions d’Euros, la durée de remboursement est 7 ans et le taux d’intérêt est de 5,75%, difficile à trouver dans la sous-région».

Un taux qui est aussi un facteur de succès dû aux réformes.

A la question de savoir s’il n’y a pas de risque et pourquoi ne pas aller en dollars, il explique : «De façon factuelle en regardant les taux d’intérêt, ceux en dollars sont plus élevés. Le volume d’emprunt obligataire est en trilliards de dollars alors qu’en euros, on est en milliards. L’autre chose, il n’existe pas d’instrument de couverture standard pour couvrir ces risques. Nous sommes membres d’une union monétaire bénéficiant d’une parité fixe avec l’Euro. C’est pourquoi les eurobonds sont mieux pour nous».

Le Bénin étant le premier en Afrique à réussir une émission inaugurale et le premier à le faire en euros, le ministre affirme que le Bénin dispose actuellement de cinq instruments de mobilisation.

Pour lui, «nos ressources propres conditionnent notre capacité à aller au crédit. Donc nous devons améliorer les ressources propres car il faut compter sur nos propres forces. Pour les autres instruments, le recours à l’un ou l’autre des 4 autres instruments dépendra des opportunités».

«Nous nous sommes endettés beaucoup moins que nous avons investi», explique Wadagni.

Au regard de ces opérations, le ministre de l’économie et des finances rassure que le Bénin ne s’endette pas pour la postérité.

«En 2018, nous avons investi plus de 500 milliards FCFA. Le niveau de la dette a augmenté de 349 milliards. Cela veut dire que pour 2018, qui est un exemple, nous nous sommes endettés beaucoup moins que nous avons investi. Quand vous faites des investissements structurants, des investissements productifs, qui créent de la valeur, de la richesse mais que la valeur de ces instruments est quasiment 2 fois plus importante que l’endettement, c’est un signe que vous faites bien de prendre la dette», expose-t-il.

«Nous faisons des investissements productifs pour créer de la valeur pour aujourd’hui et demain. Actuellement, nous sommes dans la tranche des 50% de dette contre un plafond de 70% qui ne sera jamais atteint tant que le Président TALON sera là», précise le ministre.

Sur la question du FCFA

Au sujet du CFA où des voix s’élèvent pour demander une réforme, le ministre des Finances et président en exercice du Conseil des ministres des Finances de la sous-région, signale que pour mesurer une économie, il faut deux éléments : la monnaie et le budget «Dans aucun pays du monde, il y a une de corrélation entre la politique budgétaire et celle monétaire. (…) Les données ne nous alertent pas sur un éventuel problème structurel qui nécessite une réaction. On ne peut pas avoir un problème avec une monnaie et générer des croissances de plus de 6% 7 ans de suite sur la zone.

Romuald Wadagini ajoute qu’une «des caractéristiques du CFA est que c’est un régime de change fixe. Cela peut présenter des avantages et des inconvénients. Si les inconvénients étaient supérieurs cela agirait sur les performances macroéconomiques».

En ce qui concerne le compte des opérations, le ministre révèle que le Bénin est dans un système de change fixe.

«Nous sommes en accord avec le Trésor français qui nous permet qu’en cas de besoin de devises, que le trésor français puisse nous aider à l’avoir. Quand nous importons des équipements, pour rembourser des dettes en devises, il nous faut des devises», fait-il savoir.

L’argentier national, indique qu’au niveau de l’UEMOA, «nous avons une caisse centrale qui nous permet de garantir notre monnaie. Le jour où nous allons avoir une insuffisance de devises, nous allons solliciter le Trésor français pour payer. Le coût de l’argent au niveau mondial est négatif aujourd’hui. Il faut dire que l’argent n’est stocké nulle part. Il faut avoir un mécanisme pour garantir vos partenaires».

«Certains pensent qu’on n’a pas accès mais c’est faux car parfois, on peut aller au découvert. En décembre 2018, nous avons 4,8 mois de réserves dans l’UEMOA. Imaginons par exemple que les recettes d’exportations baissent. Mais il faut payer nos engagements financiers à l’international. C’est grâce à ces devises qu’on le fait C’est la preuve qu’on y a accès», a affirmé le ministre Romuald Wadagni.

Par Akpédjé AYOSSO

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