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Elections générales, parrainage, poste de vice-président, loi d’amnistie : ce qu’il faut retenir du menu pimenté des forces de l’opposition

Au domicile du premier président du renouveau démocratique, le jeudi 31 octobre dernier, les forces de l’opposition réunies au sein de la ‘’Résistance nationale’’ ont réagi sur plusieurs sujets.

A travers une déclaration lue par le président Nicéphore Soglo en présence de certains leaders de l’opposition dont Candide Azannaï, Géraldo Gomez, Justin Adjovi, la ‘’Résistance’’ a donné son point de vue sur les élections générales, le parrainage, le poste de vice-président, la loi d’amnistie, propositions actuellement sur la table des députés. Lire la déclaration

Qu’il vous souvienne que du 10 au 12 octobre 2019, le président Talon a réuni ses amis politiques sous le prétexte d’un dialogue national pour, avait-on annoncé à grands renforts de publicité, débattre des lois chrysogènes qui ont plombé la cohésion nationale avant, pendant et après la parodie d’élections législatives d’avril 2019.

Tout le monde se doutait de ce qu’une telle démarche, du reste insolite, allait apporter à la décrispation tant souhaitée par notre peuple, convaincus que nous étions, que de simples propositions ou projets de lois pouvaient régler la question. Malheureusement le despote a choisi, comme à son habitude, les sentiers tortueux pour poursuivre sa fuite en avant, en engageant les ressources de l’Etat dont notre peuple ne connaîtra jamais le montant, dans un cinéma plus que désolant.

Nous connaissons tous aujourd‘hui les tenants et les aboutissants de ce rassemblement et il est d’une impérieuse nécessité d’appeler l’attention du peuple sur cette indigne supercherie.

En effet, prévu pour être une assemblée qui devait débattre des voies et moyens pour une sortie de crise, on se trouve brutalement transporté sur une autre planète, car le forum s’est surtout préoccupé des questions d’un «agenda caché» telles que : des élections générales, et on croit rêver des parrainages pour les élections présidentielles. Il convient alors de rappeler à notre peuple que la question des élections générales déjà soulevée dans un projet (ou proposition) de révision de la Constitution le 18 juin 2018, avait recueilli l’assentiment de toute l’opposition.

Mais les députés de la minorité parlementaire ont été conviés –ruse oblige- à voter pour la révision avec d’autres dispositions : telle que la discrimination positive par rapport au genre ; et sur ce point, les députés de la minorité parlementaire ont, dans leurs amendements, proposé que ladite discrimination soit étendue aux nominations aux hautes fonctions (Gouvernement, Sociétés d’Etat, Diplomatie etc.) ce qu’évidemment la majorité parlementaire aux ordres a rejeté, ainsi que bien d’autres amendements.

Nous saisissons à nouveau l’occasion pour réitérer notre vœu de voir la discrimination s’étendre à tous les domaines de la vie politique de notre pays, afin d’éviter de jeter la poudre aux yeux de la gent féminine ; et nous nous insurgeons en outre contre toute tentative de confiner la prétendue discrimination positive sur le genre dans les seuls couloirs électoraux. Mais tout cela, n’était en définitive qu’un rideau de fumée.

Le but réel de la réunion du Palais des Congrès, prélude à une troisième tentative de modification de notre Constitution a été évoqué, dans le compte rendu du Conseil des ministres du mercredi 23 octobre 2019, avec l’introduction d’un parrainage dans la procédure des élections présidentielles. Quel est donc le rapport avec le dialogue national. Nous invitons alors notre peuple à la plus extrême vigilance sur le coup d’état que prépare le président Talon.

Car nous avons encore en mémoire ses propos délirants, dignes de l’époque atroce, en Europe pendant la seconde guerre mondiale, selon lesquels : un chef d’Etat peut être réélu, si tous les députés sont à sa solde, si tous les maires sont à sa solde, si tous les élus locaux sont à sa solde, si tous les commerçants sont affaiblis, si personne ne peut lui tenir tête, si personne ne peut être compétiteur contre lui.

Aujourd’hui, il est de notoriété publique, que tous ceux qu’il a abusivement baptisés députés sont à sa solde, que tous les maires, par peur d’être destitués et/ou jetés en prison font allégeance. Ne nous y trompons pas, cette loi si elle venait à être votée, serait plus dévastatrice que les précédentes. Elle nous mènerait inexorablement –n’ayons pas peur des mots- vers des chemins que hélas, ont emprunté avant nous d’autres pays africains : Liberia, Sierra Léone, Côte d’Ivoire, etc., c’est à dire vers le pire.

Le fameux dialogue national n’aurait en fait rassemblé que des gens autour du président Talon –qui a des idées fixes-, que pour cette lamentable et insupportable mascarade. Nous tenons donc à mettre en garde l’Assemblée Nationale contre toute tentative d’une loi induisant le parrainage par des élus, quels qu’ils soient, car notre peuple est depuis longtemps, vacciné contre la politique de la ruse et de la rage.

Une autre supercherie est le projet de création d’un poste de vice-président de la république. Cela n’aurait rien d’extraordinaire si le titulaire de ce poste dans le Shadow Cabinet, le cabinet de l’ombre de Talon, n’était pas déjà impliqué dans une vaste escroquerie, le fameux scandale des machines agricoles.

L’exposé des motifs qui sous-tend cette hérésie à lui seul suffit à mettre à nu le complot qui se fomente contre un peuple épris de démocratie : le délai accordé par l’article 50 pour l’élection d’un nouveau Président de la République en cas de vacance du pouvoir est très court. Combien de fois avons-nous déjà eu recours à cet article ? Si le président Talon pour des raisons qui lui sont personnelles et tenues bien secrètes, pense quitter le pouvoir avant terme, c’est son problème.

Mais de là, à vouloir imposer à notre peuple l’horreur, serait la pire des provocations et le peuple serait en droit de livrer un combat acharné pour la préservation des Acquis de la Conférence Nationale. C’est tout notre peuple qui en a décidé en son temps par référendum et Talon est disqualifié pour se substituer à la volonté populaire.

Nous connaissons hélas les origines et les dessous de toute cette machination. Nous connaissons surtout la profession de foi de l’homme qui sévit à la Marina : c’est d’avoir tout le monde à sa solde. Quelle revanche ! Mais que des Professeurs d’Université s’en rendent complices est désolant. Il faut toutefois leur rappeler que ceux qui se rendent coupables de fautes lourdes contre la démocratie en répondront au plus vite. Car un peuple affamé, bafoué, humilié est souvent impitoyable.

Quant au tapage fait autour d’une certaine loi d’amnistie, il nous paraît urgent, indispensable d’apporter des précisions suivantes :

Les crimes commis au cours de la période postélectorale (les tueries de Cadjèhoun, de Kandi, de Tchaourou et de Savè), ne peuvent rester impunis. Les auteurs de ces crimes odieux ne peuvent bénéficier d’une quelconque loi d’amnistie, car ils doivent répondre de leurs odieux forfaits. Il est impossible que le Président TALON ferme les yeux sur l’assassinat de nos compatriotes innocents et, n’ait aucun égard pour les proches des victimes, qu’il veuille protéger des soldats criminels. Notre peuple n’acceptera jamais cette seconde mort de nos compatriotes.

De même dans un souci d’apaisement, il est évident de faire appliquer cette loi à monsieur Sébastien Ajavon, poursuivi et condamné par une Cour aux ordres, spécialement créée pour régler des comptes aux adversaires politiques et à toutes les victimes de la dictature. Nous invitons donc le président Talon à emboîter le pas à ses collègues du Sénégal et du Cameroun qui ont récemment posé des actes qui vont dans le bon sens.

Quant à nos compatriotes que le pouvoir dit de la rupture a poussé vers l’exil et ceux illégalement arrêtés et poursuivis dans le cadre de la crise électorale, un simple acte administratif portant arrêt des poursuites règlerait très facilement le problème, comme l’avait fait, un chef d’Etat à un de nos compatriotes qui a tenté de lui ôter la vie par empoisonnement. Vous devinez aisément à qui nous faisons allusion.

S’agissant des élections générales dont le porte-parole du Gouvernement, le ministre Alain Orounla, -en fervent adepte de la transhumance politique-, celui-ci fixe la période idéale de déroulement de cette gymnastique à 2026, nous pensons qu’un tel projet, s’il était retenu, relèverait d’une vaste escroquerie politique.

En effet, ce choix signifierait tout d’abord que le parlement de sang issu de la parodie électorale du 28 avril 2019 resterait en place jusqu’au terme de son mandat en 2023. Ce qui est inacceptable au regard du caractère illégitime de ce parlement.

En prenant à nouveau l’opinion nationale et internationale à témoins, les forces de la «Résistance Nationale» tiennent le président Talon, pour responsable de l’aggravation de la crise qui secoue le pays au cas où il continuerait ses divagations dans sa politique d’exclusion.

Cotonou le 31 octobre 2019

LA RESISTANCE NATIONALE

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