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Entretien avec AKA Jean Joseph KUASSI du PSQAO : La culture de la qualité s’impose à tous

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Conseiller technique principal du Programme système qualité de l’Afrique de l’ouest (PSQAO) de la Commission de la CEDEAO, AKA Jean Joseph KUASSI, aborde dans cet entretien les conclusions issues de l’atelier de formation des professionnels des médias de la région sur la qualité qui s’est tenue à Abidjan, les 27 et 28 novembre 2018.

L’économiste du Bénin : Vous venez de réunir ici à Abidjan des professionnels des médias de tous les pays de la CEDEAO et de la Mauritanie pour renforcer leurs capacités sur les concepts de la certification, l’accréditation, tout ce qui concerne la qualité. Après deux jours de formation, quelles sont vos premières impressions ?

AKA Jean Joseph KUASSI Mes impressions de façon générale, c’est que la Commission de la CEDEAO a eu vraiment raison d’inviter les journalistes à ce séminaire parce que, dans le domaine de la qualité, nous traitons d’un sujet qui touche les populations. Un sujet qui est abordé de façon un peu trop technique. Quand on parle de qualité de façon générale, les gens ne savent pas de quoi il s’agit, quand on parle de normalisation, accréditation, certification, inspection etc., pour la population pour qui ces outils sont développés, ça parait rébarbatif. Nous qui travaillons sur les domaines nous avons un langage trop technique, donc ce que nous faisons ne peut être bien perçu par les populations.

Nous avons alors développé un certain nombre d’outils dans la région avec la CEDEAO et la Commission de l’UEMOA et ces outils ont commencé à être opérationnels. Ces outils ont été proposés pour défendre la qualité de vie des populations. Il était important qu’on commence maintenant par voir comment communiquer aux populations ce que nous faisons.

Et nous savons que les journalistes jouent un rôle important dans l’aspect de communication, l’aspect de transformer comme il se doit l’information qui est trop technique, pour que ce soit mieux perçu par les populations. On a eu raison parce que les journalistes qui ont suivi cette formation ont marqué leur intérêt aux thématiques abordées et puis par la qualité des questions qui ont été posées, on sent qu’il y a quand même un intérêt à véhiculer le message aux populations.

Quel a été le contenu de cet atelier ?

Il faut dire que nous avons senti un intérêt par rapport aux thèmes qui sont développés et il y a eu beaucoup de questions qui ont été posées. Finalement, chacun de nous est un consommateur. Les journalistes que nous avons invités sont des consommateurs. Ils ont posé des questions à mon avis que les consommateurs devraient même se poser. Nous avons essayé de discuter ensemble et on a même eu des suggestions et des propositions que nous allons prendre en compte pour améliorer notre communication en direction des populations.

Nous avons eu à présenter de façon générale ce qu’on entend par qualité avec ses différentes composantes. Et pour toucher du doigt tout ce que nous avons dit, on a visité un laboratoire important qui bénéfi cie de l’appui de la Commission de la CEDEAO dans le cadre du développement de la qualité, des analyses etc.

Et là je pense qu’on a amené les journalistes à faire un rapprochement des langages très techniques que nous utilisons. En faisant un rapprochement avec les populations qui viennent voir les laboratoires pour pouvoir faire les analyses. J’ai été personnellement au cours de cette visite touché. Car, j’ai vu qu’il y a un début de conscience sur les questions qui touchent la qualité. Un début de conscience sur la culture qualité qui a commencé par se développer.

Il y a un grand magasin qui est client du laboratoire en question et qui a témoigné. Ce magasin, il est soucieux de la qualité des produits qu’il propose dans ses rayons. Avant de proposer ses produits, il s’adresse au laboratoire pour voir si ces produits sont propres à la consommation. Ça c’est un exemple de ce que nous voulons. Qu’il y ait des fournisseurs de services, de produits, qui cherchent à savoir quel est le niveau de qualité de ce qu’ils proposent sur le marché. Ce magasin est allé vers un laboratoire qui est accrédité, c’est-à-dire dont les compétences sont internationalement reconnues.

Donc cette partie de la visite a été pour moi un des moments les plus importants. Ensuite nous avons essayé de faire comprendre à nos invités que tous les processus que nous sommes en train de mettre en place a besoin de fiabilité. Quand vous avez un laboratoire, il faut que les analyses, les certificats d’analyses qui sont délivrés par ces laboratoires soient reconnus.

Cette reconnaissance passe par la compétence effective de ceux qui travaillent dans les laboratoires mais aussi passe par la qualité des équipements qui existent dans ces laboratoires. Vous pouvez utiliser des équipements qui ne sont pas conformes, qui ne donnent pas les vraies valeurs.

Dans cette dynamique, quel rôle doit jouer les Etats ? Il faut amener les Etats à comprendre que la qualité est un élément essentiel du développement économique. La qualité permet de protéger les populations, de sécuriser les importations, et aussi de bâtir la confi ance dans les produits qui sont exportés.

Donc la CEDEAO a amené les Etats à travers les chefs d’Etats et de gouvernements à adopter ce qu’on appelle la politique qualité de la CEDEAO qui unie l’ensemble des orientations qui doivent être prises au niveau de la région par tous les pays. Ensuite la CEDEAO a aidé chaque Etat à adopter sa propre politique nationale qualité qui doit être en harmonie avec le régional.

De ce fait on peut dire aujourd’hui que l’ensemble des pays ont des textes qui sont harmonisés. C’est important lorsqu’on est dans un même espace économique où on veut que les produits circulent librement. Vous savez que les questions de norme et qualité aussi, ça peut constituer des obstacles. Ensuite la CEDEAO a mis en place les structures au niveau régional.

Pourquoi mettre en place des structures au niveau régional ?

C’est parce que la recherche de la qualité à un coût. La CEDEAO a mis en place des structures pour rationnaliser les ressources. C’està-dire par exemple dans le domaine d’accréditation, au lieu que chaque pays ait sa propre structure d’accréditation, dans la région de l’UEMOA, les pays ont un seul organisme d’accréditation, ce qui aurait été plus couteux de créer une seule institution d’accréditation pour chacun des pays donc la CEDEAO a aidé à créer les structures d’accréditation régionale où on amène les pays à se mettre d’accord sur la façon de gérer la qualité dans les différents domaines techniques en matière de normalisation, en matière de métrologie, en matière de l’évaluation en laboratoire etc.

Donc les prescriptions de base sont là et la CEDEAO est entrain de pousser les Etats à développer leurs propres structures qui se mettent en relation avec le régional. Donc voila ce qui est en train d’être fait au niveau de la CEDEAO qui a mis en place un prix CEDEAO qualité dont la première édition a eu lieu l’année dernière et qui va se poursuivre. Il y a aussi une marque CEDEAO de la qualité.

Qu’en est-il des innovations pour améliorer tout ce qui est en train d’être fait dans la sous région ouest africaine ?

Ces innovations vont être discutées parce qu’on va faire le bilan de ce qui s’est passé et le Comité du prix va se pencher là-dessus. C’est vrai lors de la première édition du prix CEDEAO qualité, il y a eu du bon, il y a eu du moins bon. Le Comité va se réunir pour voir qu’est ce qui a été bon, qu’est-ce qui n’a pas été bon. C’est un processus continu d’amélioration. Les observations seront faites dont on va tenir comptes.

Même au niveau des critères d’attribution du prix, on va réviser un peu ces critères en tenant compte de ce qu’on a vu sur le terrain. Déjà on a commencé un travail avec le Commissaire chargé de l’industrie et de la promotion du secteur privé. Généralement le Commissaire profi te de ses missions dans les pays pour visiter un certain nombre de structures.

Notamment il a eu à visiter ou à nous faire visiter certaines structures qui sont accréditées et notre objectif c’était de voir comment les structures sont accréditées, est-ce que ça leur a permis d’avoir plus de clients, d’avoir plus de notoriété et comment ils arrivent à survivre, à faire face au coût de l’accréditation.

Il se pose un problème de rentabilité de l’accréditation ?

C’est vrai que quand les structures sont accréditées, elles ont une certaine notoriété à l’extérieur, ce qui donne un engouement au personnel qui travaille dans ces structures accréditées. Cependant on nous a fait comprendre le coût élevé de l’accréditation. Donc il y a un retour sur investissement qui n’est pas forcément effectif quoi que cela donne une certaine notoriété.

Donc nous avons pris note d’un certain nombre d’observations et nous sommes en train de travailler pour faire des suggestions en faveur de la réduction des services de l’accréditation ou de l’acquisition de l’accréditation même. Les structures d’accréditation ne peuvent pas s’autofinancer. Parce ce que c’est une sorte de service public. C’est une obligation pour les Etats de s’assurer que tout ce qui est fait par les organismes d’accréditation, de conformité, je veux dire les services de certification, de laboratoire, sont fiables.

L’Etat a le devoir de veiller à cela. Si ce n’est pas fait, si les structures qui y travaillent n’ont pas suffisamment de ressources. Il est clair que l’Etat doit intervenir d’une façon ou d’une autre pour pouvoir combler cela à travers des subventions. Ces structures aussi peuvent développer des ressources propres. Ça se fait mais généralement quand on regarde à travers le monde, les recettes des structures d’accréditation ne permettent pas de couvrir tous les frais. C’est pour ça qu’il faut une certaine subvention des Etats.

Qu’est ce que vous pouvez dire sur l’aspect de l’éducation, de la culture qualité en Afrique de l’ouest ?

Je dirai que c’est un autre pilier de la qualité. C’est-àdire que la qualité finalement c’est une question de culture. Quand vous allez en Europe, dans des pays comme la Suisse, quand vous jetez un mégot de cigarette par exemple, il y a quelqu’un qui va vous dire de ramasser ce mégot. Quand l’africain va en Suisse, il fait attention quand il marche. Mais quand il arrive chez lui, son mégot de cigarette, il le jette, quand il prend une banane, il jette la peau dans la rue et personne ne va lui réclamer ça et puis dans sa culture on peut jeter ça dans la rue.

C’est pour ça qu’il faut l’éducation et de façon continue, il faut éduquer, il faut surtout sensibiliser au plus haut niveau. Même les décideurs, il faut les sensibiliser sur les questions de la qualité. Les consommateurs aussi, il faut les sensibiliser sur les questions de la qualité. Et en ce qui concerne les consommateurs, on veut s’allier à vous les journalistes pour nous aider à faire passer le message. Mais il y a d’autres moyens d’éduquer les populations. Par exemple l’enseignement de la qualité. La qualité devrait être normalement enseignée dans les écoles et universités selon nous.

Actuellement nous sommes entrain d’aborder cette question au niveau de la Commission de la CEDEAO où on veut commencer par l’enseignement supérieur. Nous sommes en train de faire une étude actuellement pour savoir comment enseigner la qualité au niveau du supérieur. Parce que, ce qui se passe c’est que, même je suis sorti de l’école je n’avais pas été formé sur les questions de qualité. La qualité je l’ai appris sur le tas et avec les expériences. De plus en plus il y a des écoles qui commencent par se spécialiser dans le domaine de la qualité mais c’est fait un peu de façon dispersée. On veut commencer par là et puis descendre jusqu’au primaire.

Un mot pour conclure cet entretien

C’est essentiel que les gens voient l’importance de la qualité. On a essayé de vous montrer quelques aspects mais on n’est pas sûr qu’on y soit arrivé. C’est un début peut-être on va continuer avec vous mais il faut qu’on éduque chacun. Quand vous allez dans un restaurant, vous mangez. Mais est-ce qu’il vous arrive de faire un tour dans l’arrière cours où on prépare les mets ?

Il y a des questions de qualité qui se posent, des questions d’hygiène. Donc c’est une question d’éducation. Quand les gens seront mieux éduqués, ils seront plus regardant par rapport à la qualité et quand la population sera aussi exigeante par rapport à la qualité, ceux qui fournissent les services seront obligés d’aller à la qualité donc le meilleur investissement dans ce domaine, c’est l’éducation.

Il faut qu’on investisse dans l’éducation, la formation, la sensibilisation parce que ça va créer des besoins et les fournisseurs de services seront obligés de respecter les normes. Prenez les entreprises. Les entreprises, tant qu’il y a un marché, elles vont investir pour ça. Si le marché exige la qualité, les entreprises vont même acheter les laboratoires.

Mais si personne ne demande la qualité, ils ne feront rien. Parce qu’ils savent que si, les gens demandent la qualité et qu’ils ne proposent pas des produits de qualité, ils vont investir dans la qualité parce que le marché le demande.

Donc c’est un grand chantier où on a besoin de tout le monde, des associations de consommateurs, on a besoin de vous les journalistes pour nous aider à passer le message et l’atelier qu’on a eu c’est un premier, l’idéal serait un groupe de journalistes spécialisés sur les questions de qualité qui peuvent travailler au niveau de différents comités pour nous orienter dans la façon de faire connaitre la qualité.

Entretien réalisé par Joël YANCLO

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Abdel Aziz Assani : «Sèmè City doit être partenaire des incubateurs en place»

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Au Bénin, pour accompagner les startups à concrétiser leurs projets en entreprise, les centres d’incubation ne cessent de multiplier les actions devant conduire au succès souhaité. Dans ce nouveau numéro de la rubrique ‘’Entrepreneuriat et industrie», Abdel Aziz Assani, responsable de l’espace d’incubation «Btech Space», présente l’apport des incubateurs dans l’essor de l’entrepreneuriat béninois. Entretien.

Comment présentez-vous Btech Space ?

Btech Space, c’est un espace de co-working. C’est un espace qui permet aux jeunes de travailler dans un environnement serein et dans un écosystème entrepreneurial pour avoir non seulement la disponibilité et l’espace, mais aussi pour confronter leurs idées avec d’autres personnes qui sont dans une démarche entrepreneuriale.

C’est d’abord la motivation première de Btech Space. Mis à part cet espace de co-working, il y a un incubateur d’entreprises, c’est-à-dire des programmes qui permettent aux entreprises d’être accompagnées en termes de formation et en termes de recherche de financements.

Btech Space, pour répondre à quelle préoccupation ?

Moi-même je suis chef d’entreprise et j’ai eu à passer par un espace de co-working en France avant de créer mon entreprise. Je me suis rappelé que c’était agréable pour moi d’avoir un espace où j’avais la possibilité de quitter la maison, d’être accompagné par des gens et aussi d’échanger avec d’autres personnes qui avaient les mêmes idées que moi.

Je l’ai fait à Lyon, je suis resté dans un espace d’incubation pendant deux (02) ans avant de créer ma première entreprise. Alors du coup, je me suis rappelé cela quand j’ai décidé de rentrer au Bénin. J’ai voulu apporter ma pierre à l’édifice en créant un espace pour les jeunes qui ont envie d’entreprendre voilà pourquoi j’ai pensé à mettre en place un pareil espace.

De quoi est fait votre quotidien au niveau du centre d’incubation ?

Nous accueillons des jeunes avec qui nous discutons tout en leur présentant les possibilités qu’ils ont pour intégrer notre structure ainsi que les avantages qui vont avec. Par ailleurs, nous organisons des programmes de formation qui font partie du programme d’accompagnement. Notre particularité, nous ne sommes pas axé sur les domaines de la technologie, agroalimentaire ou agrobusiness. On accueille les jeunes dans tous les secteurs d’activités.

De manière pratique, comment ça se passe ? Selon quels critères sélectionnez-vous les jeunes entrepreneurs ?

Nous acceptons tout le monde. L’objectif premier est que les gens aient envie d’entreprendre, qu’ils aient un niveau scolaire ou pas. On a une petite contrainte qui en réalité n’en est pas une. On demande aux jeunes de payer 10.000 FCFA pour occuper l’espace qui est ouvert de 9 heures à 20 heures avec la connexion wifi, un accompagnateur, des coachs qui sont là pour les aider, les aiguillonner sur les questions éventuelles qu’ils auront. Donc ça coûte 10 mille FCFA pour un mois.

En termes d’accompagnement, on a trois sortes d’accompagnement. Le premier est le coaching pour tout le monde. C’est-à-dire qu’il y a des personnes ressources présentes à qui ils peuvent poser des questions auxquelles ils auront de réponse. Le deuxième niveau d’accompagnement est le programme d’incubation où ils sont dans un programme de formation sur diverses thématiques liées à l’entrepreneuriat, au management, à la communication, au graphisme, aux finances, etc.

A partir de là, on les accompagne réellement à la mise en place de leur plan d’affaires, le business plan. Il y a maintenant un troisième niveau d’accompagnement qui est le développement. Ce volet s’adresse aussi bien aux startups naissantes qu’aux entreprises déjà existantes. C’est-à-dire des entreprises qui viennent d’être créées ou des entreprises qui existent déjà et qui ont besoin de lever des fonds que ce soit pour leur lancement ou pour un projet particulier.

On a une dizaine de possibilités de levée de financements qui ne sont pas les mêmes choses selon les projets. Voilà les trois niveaux. Quand vous entrez à Btech Space, vous avez toutes les différentes possibilités de création d’activités. Notre objectif est de donner aux jeunes la capacité d’entreprendre.

Ce qu’on a constaté depuis 4 ans que nous existons, c’est qu’il y a énormément de personnes qui veulent entreprendre mais ils ont très peu de possibilité. Je dis souvent qu’une ville comme Cotonou doit comporter au minimum 100 incubateurs d’entreprises, vue sa capacité et sa taille.

Le bilan du parcours observé, comment l’analysez-vous ?

Il faut que des initiatives comme les nôtres soient encouragées aussi bien par les pouvoirs publics que par ceux qu’on peut appeler les décideurs économiques du privé. Parce que c’est très difficile aujourd’hui de voir des gens qui sont prêts à mettre de l’argent sur un projet quand bien-même ils ont de l’argent qui dorment en banque.

Mais, l’Etat ne leur a pas facilité la tâche parce que non seulement les programmes étatiques n’ont pas permis de communiquer sur les avantages d’être un «business angel» (investisseur providentiel), comme quoi, si vous mettez de l’agent dans un projet, ça vous permet d’avoir des exonérations fiscales, comme ça se fait ailleurs.

Au lieu de payer les impôts avec cet argent, vous le mettez dans une entreprise et vous payez vos impôts en aidant une entreprise à se créer et à créer de la richesse. Donc il y a une faible incitation des personnes qui ont de l’argent à aider d’autres.

La deuxième chose qu’on a constatée, c’est la frilosité des banques de la place à suivre et à accompagner les entreprises. D’ailleurs, les banques au Bénin ne s’intéressent pas trop aux entreprises parce qu’elles ne font pas de démarches vers celles-ci. S’il arrive à certaines entreprises de décrocher de financement, c’est avec des taux d’intérêts exorbitants compris entre 10 et 20%.

Alors qu’ailleurs, pour une startup, ce sont des prêts à 0%, au maximum 3%. L’Etat et les structures doivent se pencher sur ça pour proposer des solutions durables parce qu’on ne peut pas vouloir aider une entreprise et mettre des taux exorbitants. L’autre chose est que l’Etat doit considérer les structures qui sont en contact permanent avec les entrepreneurs. Quand je vois des structures comme Sèmè City, ce sont des structures qui font leur travail.

Mais Sèmè City doit aussi travailler avec les incubateurs et non se substituer aux incubateurs parce que les incubateurs sont déjà sur place et travaillent. Sèmè City a de l’argent public et concurrence les incubateurs qui n’ont pas de l’argent public. Du coup, ça biaise le travail.

Sèmè City doit pouvoir être partenaire des incubateurs en place. Et au lieu de mener des programmes directement avec les autres, il doit mener des programmes avec les incubateurs qui existent déjà. Il y a énormément de jeunes qui veulent créer de la richesse.

Des projets à court, moyen et à long terme ?

On a bien de projets à court, moyen et long terme. On a engagé des partenariats avec l’université d’Abomey-Calavi en occurrence le Centre de Formation en entrepreneuriat et en volontariat avec qui on a un partenariat dynamique. Désormais, Btech Space travaille avec les jeunes pour qu’ils aient la vision académique et universitaire de l’entrepreneuriat. Ils viennent aussi chez nous pour toucher du doigt la réalité du travaille.

On a aussi un partenariat avec le Haut Commissariat des béninois de l’étranger pour permettre aux Béninois qui sont hors du pays, de commencer à investir en créant leurs entreprises au pays. Déjà il y a des Béninois qui sont aux Etats Unis, en France, au Canada qui ont lancé leur startup par Btech Space. On est en train de formaliser un partenariat avec d’autres organisations. Je ne vais pas aussi oublier le programme «Boss lady» qui est un programme pour accompagner les femmes dans l’entrepreneuriat.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans l’exercice de vos activités ?

Il faut noter que les jeunes malgré le prix dérisoire de 10.000 FCFA par mois, n’arrivent pas à payer. Sur 100 jeunes qui viennent, à peine 10 arrivent à payer. Ne pouvant pas renvoyer le reste, on est obligé de faire avec l’ensemble. On ne leur en veut pas, c’est le climat financier qui est ainsi. Ce qui fait qu’on est obligé d’augmenter notre besoin en fonds de roulement et aussi de créer d’autres activités rémunératrices de revenus pour la structure parce qu’on n’a pas d’accompagnement particulier.

Combien de jeunes ont pu bénéficier de vos services depuis 2016 ?

De 2016 à 2020, nous comptons près de 500 jeunes inscrits. Parmi ceux-ci, il y a une cinquantaine qui a suivi le programme de formation, et, il y a une quinzaine qui a fait partie du programme de levée de fonds.

Quelle politique entrepreneuriale proposez-vous pour le développement des startups béninoises ?

Aujourd’hui, deux problématiques sont évidentes. S’il n’y a pas de l’argent, il n’y a pas de création d’entreprise. Il faut donc mettre en place un fonds qui pourrait faire des prêts à taux zéro pour ces jeunes, parce que les banques ne sont pas là, ni pour les entreprises ni pour les startups.

Evidemment, pour attribuer des financements aux postulants, il faut tenir compte des filières et que les jeunes soient suivis par de vrais incubateurs. L’autre problématique est celle de l’industrie de la transformation. 90% des produits que les jeunes veulent fabriquer ici ont besoin de machines qui sont achetées en Chine.

C’est un gros problème. Les jeunes ont besoin de machines alors que ces machines ne sont pas sur la place. Donc l’Etat doit aider cette frange de la population qu’on appelle «génies des procédés» à mettre en place des machines pour faire des emballages, pour faire de la combustion.

On a besoin de développer le génie des procédés et du machinisme au Bénin. La révolution entrepreneuriale ne que peut passer par là. Un exemple simple. On a du sable de verrerie au Bénin mais les gens pour embouteiller leurs produits sont obligés de commander des bouteilles à l’extérieur. Cela ne facilite pas la tâche aux entrepreneurs.

C’est pour ça que je dis que les structures comme l’ANPME et autres ne font pas encore leur boulot. Ce sont eux qui doivent prendre à cœur ce travail et, mettre en place des structures pour que nos jeunes arrêtent de commander des bouteilles en Europe et en Chine. On doit pouvoir produire ça au Bénin.

Pour faire la révolution de la transformation de nos produits, il faut pouvoir faire la révolution du génie des procédés, de la création des machines. 99% des startups qui ont réussi, c’est parce que leurs parents ont sorti des fonds pour les pousser. Si ces parents n’existaient pas, il n’existera pas de startup.

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Interview avec Anne-Marie Gnancadja Bonou : «Le secteur de l’énergie est source d’activités et de plus-value»

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La place de la femme dans le processus de développement d’une nation n’est plus chose à dire. Au Bénin, elles sont nombreuses qui, depuis quelques années exercent dans les mêmes conditions que les hommes pour l’essor de l’économie quel que soit leur secteur. C’est le cas de la cheffe de la cellule genre et développement du ministère de l’Energie, avec rang de Directrice technique, Anne-Marie Gnancadja Bonou. A travers cette interview, elle nous permet une incursion dans sa vie, son travail et les réalités de son quotidien. Lire ci-dessous, l’intégralité de ladite interview.

Comment pouvez-vous présenter votre travail ?

Anne-Marie Gnancadja Bonou : Mon travail consiste à veiller et assurer l’intégration du genre dans les actions, activités, projets et programmes du secteur de l’énergie au Bénin en vue de la réduction des inégalités sociales dans l’accès à l’énergie et aux services. De même, je suis appelée à veiller à la prise en compte de la dimension ou de l’approche genre de façon transversale aux niveaux institutionnel, programmatique et partenarial.

Donnez-nous un bref aperçu de votre cursus scolaire jusqu’à l’université.

Je suis titulaire du CEFEB, du BEPC et CAP/EB, d’un baccalauréat G1, d’une maîtrise en Sociologie-Anthropologie, d’un Diplôme d’Etudes Supérieure et Spécialisée en Gestion des Projets et Développement Local (DESS GPDL) et d’un Diplôme d’expert en Genre et Développement : Institut des Hautes Etudes Internationales et du Développement (Genève, Suisse)

Pourquoi avoir choisi de faire carrière dans les métiers liés à l’énergie solaire/énergie ?

J’ai commencé ma carrière professionnelle au ministère de l’Energie. Et je m’y plais bien vu la diversité de ce secteur.

Qu’est-ce qui vous a motivé à avancer malgré tous les préjugés auxquels font face les femmes dans la société béninoise ?

Je reconnais que dans un passé récent le secteur de l’énergie était fortement masculin donc réservé aux hommes. Mais beaucoup de choses ont changé, des lignes ont bouché ces années derrières où les femmes sont représentées dans ledit secteur. Je peux aujourd’hui, compter des femmes professionnelles du métier de l’énergie, ingénieures etc, des femmes actrices, para énergéticiennes, des entrepreneures qui ont une connaissance certaine du domaine.

Le secteur de l’énergie est très passionnant pour moi, c’est un secteur de développement, porteur d’activités et de plus-value. J’ai compris en réalité que quand bien même qu’il est masculinisé, le principal utilisateur de l’énergie sous toutes ses formes est la femme.

Par exemple : dans certaines de nos cultures, aller chercher du bois énergie est une tâche réservée à la femme qui en est l’utilisatrice ; la transformation du bois de chauffe en charbon, on voyait plus les femmes dans cette activité, du moment où les hommes ont compris que c’est une activité, source de revenus important, ils s’y sont investis, etc.

Quels sont les avantages dont bénéficie une femme qui travaille dans le secteur solaire/énergie ?

Les avantages sont énormes aujourd’hui, car elles ne sont pas nombreuses pour le moment. Les femmes sont très encouragées pour travailler dans le secteur, à travers le monde entier et au Bénin en particulier, des mesures d’accompagnement et d’encouragement sont mises à leur disposition pour les motiver à travailler ou entreprendre dans l’énergie. Il y a par exemple des bourses de formations professionnelles ou autres formations pour leur autonomisation, des accompagnements financiers, des prêts à taux réduit, etc.

Des activités visant à orienter et encourager les jeunes filles dans le secteur de l’énergie sont organisées. Il y a une confiance et une volonté manifeste de la part des partenaires techniques au développement à accompagner, soutenir et appuyer les femmes du secteur de l’énergie à développer leurs aptitudes, leurs initiatives dans les énergies renouvelables et la biomasse…. En d’autres termes, de nos jours il y a plusieurs opportunités pour la femme à s’investir dans le secteur de l’énergie.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées lors de votre formation ?

Personnellement aucune. Mais le constat fait est que certains hommes techniciens du secteur ne sont pas encore prêts à accepter qu’une femme du même niveau qu’eux ou plus soit leur cheffe.

Comment arrivez-vous à cumuler les responsabilités professionnelles et professionnelles ? Vous est-il déjà arrivé de partir au travail le cœur serré parce que vous auriez voulu rester à la maison pour vous occuper de votre progéniture ?

J’arrive à cumuler aisément mes responsabilités professionnelles et matrimoniales avec complexité et la complémentarité de mon époux.

A vrai dire, il m’est arrivé une fois d’avoir le cœur serré…. pour m’occuper de ma progéniture. Seulement que la réalité est là, il faut que je travaille pour subvenir à leur éducation, besoins en complémentarité à mon époux. Et surtout pour avoir mon autonomie économique et une indépendance financière.

Quel regard portez-vous sur la femme au sein de la société béninoise ?

C’est un regard positif, car la femme béninoise aujourd’hui a atteint une certaine maturité de pensée pour son autonomisation dans tous les domaines. Elle travaille pour.

L’émancipation de la femme est quelque part un frein à son épanouissement au sein de sa famille car on remarque que plus la femme est évoluée plus elle a des difficultés à s’équilibrer sur le plan matrimonial.

C’est discutable, parce que la femme émancipée qui se voit affranchir d’une autorité, d’une domination… doit faire l’effort de concilier les rôles qui lui sont dédiés à savoir : femme émancipée, femme au foyer et mère. Certes ce n’est pas facile mais la tête sur les épaules, elle peut parvenir à faire l’équilibre sur le plan professionnel et matrimonial en faisant la part des choses. Car l’époux reste l’époux. A moins qu’elle opte pour une vie de célibat…, nos réalités socio culturelles sont là.

Quelle est la responsabilité des femmes dans cet état de choses puisqu’elles ont des difficultés à se soumettre à leurs époux quand elles assument des responsabilités professionnelles ?

C’est vrai, c’est une réalité mais c’est discutable, je pense que c’est un complexe de la part de certains hommes d’avoir une femme d’un niveau moins élevé que eux. Ils pensent qu’ils ne seront pas respectés au même titre que si c’était le contraire. C’est l’esprit d’avoir le pouvoir de dominer la femme étant donné que nous sommes dans une société patriarcale où l’homme est le chef, les hante toujours.

Quelle est la responsabilité des femmes dans cet état de choses puisqu’elles ont des difficultés à se soumettre à leurs époux quand elles assument des responsabilités professionnelles ?

La responsabilité de la femme est de donner toujours à son mari la place qui lui revient, de le respecter en tant que mari et de le mettre en confiance. La femme doit nécessairement faire la part des choses. Assumer ses responsabilités professionnelles ne sont pas synonyme de abandonner ses responsabilités matrimoniales. Il faut toujours et en tout temps faire la part des choses pour vivre une vie harmonieuse. Mieux la femme gère sa vie matrimoniale, mieux elle est performante dans sa vie professionnelle.

Quels conseils avez-vous à l’endroit des femmes pour leur émancipation ?

Je conseille aux femmes pour leur émancipation d’être présentes sur le marché du travail, dans les activités dites masculines, gagner en autonomie et en reconnaissance. Dans cette affirmation qu’elle pense à leur rôle d’épouse et de mère pour la paix et l’harmonie au sein du foyer.

Avez-vous une préoccupation particulière à aborder ?

Je m’engage à travailler pour une meilleure représentativité des femmes du secteur de l’énergie sur le marché du travail et des affaires. Merci

Interview réalisée par Nafiou OGOUCHOLA

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Bénin – Gouvernance locale : liste des maires élus à la date du 30 mai

Au Bénin, l’élection des nouveaux maires comptant pour la quatrième mandature de la décentralisation a démarré, le jeudi 28 mai...

CORONAVIRUSIl y a 15 heures

Covid-19 : de nouveaux cas positifs et de cas guéris au Bénin

De nouveaux cas positifs et de cas guéris de Coronavirus ont été enregistrés au Bénin. Précédemment à 224, le nombre...

RD CONGOIl y a 15 heures

Coronavirus : le Rwanda et la RDC coopèrent dans la lutte

Le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC) ont convenu de renforcer leur collaboration dans la lutte contre la...

LE 229Il y a 18 heures

Bénin – supposée limitation des lieux de culte : le démenti formel du Gouvernement

Depuis quelques jours, il est distillé sur les réseaux sociaux une rumeur selon laquelle le Gouvernement béninois entend limiter le...

ECONOMIEIl y a 19 heures

Sénégal : hausse de 433,40 milliards de FCFA de la masse monétaire en février

La masse monétaire du Sénégal a connu une augmentation de 433,40 milliards de FCFA (environ 693,440 millions de dollars) au...

ECONOMIEIl y a 19 heures

Côte d’Ivoire : légère hausse du prix du carburant et du gaz butane pour le mois de juin

Les prix du carburant et du gaz butane affichent une légère hausse pour le mois de juin 2020 en Côte...

EDUCATIONIl y a 19 heures

Reprise des cours à l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, mardi

Les activités académiques reprennent mardi prochain à l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, la plus grande université de la Côte d’Ivoire, après...

POLITIQUEIl y a 19 heures

Présidentielle ivoirienne de 2020 : les cybermilitants du RHDP en formation à Abidjan

Un atelier de formation destiné aux relais régionaux et cybermilitants du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix...

RWANDAIl y a 19 heures

Rwanda : un ancien maire emprisonné à vie pour le génocide de 1994

L’ancien maire de la commune de Nyakizu, dans le sud du Rwanda, Ladislas Ntaganzwa, accusé d’avoir orchestré le massacre de...

AFRIQUE DU SUDIl y a 19 heures

L’Afrique du Sud exporte des produits anti-covid vers des pays africains

L’Afrique du Sud a exporté quelque 150 millions de litres de gel antiseptique et des millions de masques vers plusieurs...

CÔTE D'IVOIREIl y a 19 heures

Côte d’Ivoire : des jeunes formés pour défendre le parti de Ouattara sur les réseaux sociaux

Des jeunes du Cercle national Amadou Gon Coulibaly (CNAGC), une association se réclamant du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie...

BURKINA FASOIl y a 19 heures

Burkina Faso : au moins 15 civils tués dans une attaque terroriste

Le gouvernement burkinabè a annoncé, samedi, qu’au moins quinze civils ont été tués, vendredi soir, dans une attaque perpétrée par...

CORONAVIRUSIl y a 19 heures

Maroc : une patiente guérie du coronavirus à 110 ans

Une doyenne de longévité au Maroc a pu résister et battre le coronavirus après s’être remise de la maladie et...

ECONOMIEIl y a 19 heures

Initiative «Coronavirus Global Response» : le Maroc contribue à hauteur de 3 millions d’euros

Le ministère marocain de l’Education nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a contribué...

MAROCIl y a 19 heures

Mohammed VI : la disparition de Abderrahmane Youssoufi, une perte considérable pour le Maroc

Le Roi Mohammed VI a adressé un message de condoléances à Mme Hélène El-Youssoufi, veuve du grand militant, feu Maître...

MALAWIIl y a 20 heures

Coronavirus : des centaines de Malawites rapatriés d’Afrique du Sud

Quelque 140 ressortissants sans-papiers malawites rapatriés d’Afrique du Sud sont pour la plupart soumis à des dépistages dans un camp...