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Exclusion de l’opposition des législatives : Mobilisation générale citoyenne inédite au Bénin

Des morts, plusieurs blessés et arrestations : Porto-Novo, Tchaourou, Kilibo, Allada, Savè, Abomey-Calavi, Cotonou… dans la rue

Quatre morts dont trois civils et un agent des forces de sécurité publique, 32 blessés parmi les manifestants, 11 du côté des forces de l’ordre et de défense, une trentaine d’arrestations et plusieurs placements en garde à vue. Voilà, à l’heure où nous écrivons ces lignes, le bilan provisoire des manifestations populaires spontanées observées un peu partout sur l’ensemble du territoire béninois ces 48 dernières heures (lundi 25 et mardi 26 février 2019), notamment à Porto-Novo, Tchaourou, Kilibo, Allada, Savè, Abomey-Calavi et Cotonou.

Ces statistiques reflètent exactement la réalité de ce que des journalistes observent sur le terrain ou sur les réseaux sociaux, où de nombreuses vidéos de violences policières ont été publiées ces dernières heures. Elles permettent de mieux mesurer la bavure policière et militaire, surtout dans le Septentrion, au Nord du Bénin, où l’armée a été appelée en renfort contre les populations civiles non armées.

A l’origine de cette mobilisation générale citoyenne inédite, l’exclusion de l’opposition des élections législatives du 28 avril 2019. C’est Porto-Novo, la capitale politique du pays, qui a donné le top de la révolte, lundi 25 février dernier. Ils étaient des milliers de manifestants, les mains nues, très tôt le matin de ce lundi, à battre le pavé, bloquant le principal et unique pont de la ville.

La police a fait usage de gaz lacrymogène pour mater, disperser et procéder à plusieurs arrestations sur ordre du général Nazaire Hounnonkpè, directeur général de la police républicaine. D’autres villes ont pris immédiatement le relais, notamment à Tchaourou, Abomey-Calavi et Kilibo où les populations ont bloqué la route nationale inter-Etats Cotonou-Niamey et brûlé des pneus.

C’est à Tchaourou et à Kilibo que la violence policière et militaire ont été beaucoup plus vives où plusieurs personnes ont été tuées par la police et les militaires parmi les manifestants. Il s’agit d’un recours à des interventions violentes et disproportionnées de la part de la police et de l’armée lors de ces protestations et manifestations pacifiques.

Le Bénin est totalement en crise politique. Le président de ce pays de l’Afrique de l’Ouest, situé entre le Nigéria, le Togo, le Burkina Faso et le Niger, a réussi à écarter toutes les forces de l’opposition des législatives en faisant voter des lois liberticides et scélérates (code électoral et charte des partis politiques) pour éliminer ses principaux adversaires politiques.

Aucun des partis d’opposition n’a reçu les documents administratifs requis pour déposer leurs dossiers de candidatures à la Commission électorale nationale autonome (Cena). Le recours formulé devant la Cour suprême par ces partis dont FCBE et USL n’a pas prospéré. L’opposition sera donc absente à ces élections. Ce que les populations ne veulent pas entendre.

Malgré les morts, les blessures, les intimidations du directeur général de la police républicaine, Nazaire Hounnonkpè, et les arrestations ciblées de ses hommes, la tension demeure vive, les populations entendent défendre «la démocratie, l’Etat de droit et les droits de l’homme». Elles exigent la participation sans condition de l’opposition au scrutin du 28 avril 2019 et appellent au départ sans délai du président Patrice Talon qui, selon eux, a démoli les acquis démocratiques pour instaurer en lieu et place «la dictature et la ruse».

Les associations de défense des droits de l’homme dans le pays ont dénoncé «un pouvoir aux abois (qui) donne des ordres délirants, irresponsables, insensés contre sa propre population». Elles s’inquiètent pour le Bénin, pour les libertés et la démocratie et du basculement autoritaire du président Talon.

Elles s’inquiètent aussi du «nombre élevé d’interpellations et de gardes à vue, des fouilles et confiscations de matériel de manifestants, ainsi que des blessures graves causées par un usage disproportionné d’armes de guerre, ajoutant que «les autorités devraient arrêter la répression policière et repenser leurs politiques en matière de maintien de l’ordre pour garantir l’exercice des libertés».

Si rien n’est fait pour ramener la paix et la démocratie, le Bénin risque de tomber dans l’instabilité et c’est le peuple et la sous-région qui vont en pâtir. C’est pourquoi il est souhaitable que la communauté internationale puisse prendre ses responsabilités pour mettre un terme à ce qui se passe et qui donne l’air d’une tuerie et d’une dictature autocratique de Patrice Talon.

Par Alexis RODRIGUEZ

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1 COMMENTAIRE
  1. Nick dit

    Et c’est une image de Lomé vous avez trouvé pour illustrer des manifestations à Cotonou?

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