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Guy Johnson sur le tourisme et l’emploi des jeunes au Bénin : des solutions validées par l’Onu et le Ticad ignorées

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La communauté internationale a célébré, le vendredi 27 septembre 2019, la journée mondiale du tourisme. Le thème retenu cette année est le suivant : «Tourisme et emploi, un meilleur avenir pour tous». Quelques jours avant cette célébration, nous avons tendu le micro à un expert en tourisme.

Expert international en tourisme durable et digital, ancien directeur de cabinet, représentant de l’Afrique au comité de programme de l’Organisation mondiale du tourisme de 2007 à 2015, notre interlocuteur est également expert de la conférence des Nations-unies pour le commerce et le développement. Il y pilote un programme de tourisme électronique qu’il a conçu.

Quelques jours après la célébration de la journée mondiale du tourisme, nous publions les déclarations de cet expert qui renseigne que le Bénin dispose de cadres émérites qui ont des initiatives qui sommeillent faute de portage politique. En effet, il est l’initiateur et le coordonnateur du programme ‘’Emploi pour tous par le tourisme durable, digital et global en Afrique, dans les PMA et dans le monde’’.

La communauté internationale célèbre le vendredi 27 septembre 2019, la journée mondiale du tourisme. Quelles sont les observations que vous avez par rapport à la thématique retenue cette année ?

Guy Johnson : Je me réjouis de cette thématique parce qu’elle dit : ‘’Tourisme et emploi, un meilleur avenir pour tous’’. Mais qu’est-ce que l’organisation mondiale a bien voulu dire par ce thème-là ? Que le monde se porte mal. Et si vous lisez le discours des plus grands, par exemple la directrice générale du fonds monétaire international, le monde se porte mal pour des questions de croissance. Il n’y en a pas suffisamment, pour des questions d’instabilité et à cause des tensions sociales. Voilà les trois facteurs principaux que madame Christine Lagarde a mis en exergue dans un discours récent que nous avons lu sur internet.

Alors, je constate que l’organisation mondiale du tourisme aussi, puisque c’est elle qui a mis ce sujet à l’ordre du jour, a constaté que le tourisme peut offrir un meilleur avenir à tout le monde. C’est très ambitieux et c’est ce thème que l’organisation mondiale du tourisme propose à notre réflexion, et si elle propose, ça veut dire que la chose est réalisable. Et elle est réalisable. Je peux vous dire que je travaille sur ce thème depuis 12 ans et j’ai deux solutions pour résoudre ce problème : une publique et une privée. J’appelle ça, des solutions pour enrayer le chômage et recueillir les migrants économiques.

Quel est l’état des lieux de la contribution du tourisme à l’emploi au Bénin ?

Au Bénin, c’est globalement faible. Parce que si le tourisme même n’est pas développé, si les flux touristiques ne sont pas importants, si la chaine de valeurs touristiques n’est pas valorisée, la contribution est forcément faible. Mais dans tous les cas, le tourisme, même inorganisé occupe déjà, dans beaucoup de pays africains, le premier ou le deuxième rôle en termes économique et social.

Donc, c’est de la même façon au Bénin aussi. Même inorganisé, puisque les autres secteurs ne sont pas suffisamment performants, le tourisme emploie pas mal de personnes, les chiffres que nous avons l’habitude de voir, avec une petite réserve sur nos chiffres aussi, parce que souvent, le système de collecte et de traitement n’est pas très efficace. Et c’est entre 6% et 8%, dont la main d’œuvre totale est active.

Au Bénin, on chiffre souvent aussi entre 100.000 et 300.000 personnes. Mais le potentiel est énorme et nous avons intérêt, comme l’organisation mondiale du tourisme nous le recommande, parce qu’elle n’a pas inscrit ce sujet par hasard. C’est pour nous dire : pourquoi vous ne regardez pas de ce côté-là ?

Quelles sont les solutions que vous proposez pour que ce secteur soit un véritable pôle de création d’emplois au Bénin ?

Le Bénin a un programme d’actions de gouvernement qui est suffisamment ambitieux en ce qui concerne le secteur du tourisme. J’ai cru entendre et voir des chiffres de l’ordre de 622 milliards FCFA ou 50 milliards FCFA pour créer huit pôles. Ce qui est assez ambitieux. Ça, je le souligne fortement : pendant mes 30 ans de service en tourisme béninois, je n’ai pas vu d’ambition aussi forte et de volonté aussi manifeste. Mais la question que je me pose est la suivante : pourquoi les programmes ne fleurissent pas, après 3 ans ?

Je vais faire une proposition pour le continent africain, pour les pays les moins avancés d’Amérique, d’Asie, pour le monde entier. La solution est universelle, donc elle n’est pas spécifique pour le Bénin. Mais si le Bénin est demandeur de cette solution, on va l’accompagner avec. C’est une solution révolutionnaire qui est basée sur deux axes. La coopération et le numérique. Quand je parle de la coopération, je parle de coopération généralisée, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de quartier à faire. Il faut y aller à fond. Coopérations locale, nationale, régionale, continentale et mondiale. Mais on coopère avec quoi ?

Avec de vrais programmes et projets, qui satisfont les intérêts réciproques parce que notre démarche de coopération, je trouve qu’elle n’est pas bonne. En général, nous coopérons pour nos intérêts. C’est dire que nous allons toujours plaider pour nos intérêts envers les autres sans avoir infiltré leurs intérêts à eux. C’est une erreur hautement stratégique de coopération. Donc ma solution pour la coopération a déjà fait ces preuves.

On n’a même plus besoin de prouver quoi que ce soit, parce que partout où j’ai eu l’occasion de la présenter, elle n’a jamais été recalée. Que ce soit auprès de tous les ministres de tourisme d’Afrique, tous les ministres de tourisme du monde, cette solution est passée. Cette solution a été présentée au Ticad depuis 2009. Le Ticad la cherchait, on l’avait estimée entre 10 000 et 15 000 milliards FCFA.

C’est écrit noir sur blanc par l’organisation mondiale du tourisme. Mais, la solution n’a pas été accompagnée, donc elle est toujours là. Il se trouve que c’est une solution qui a une résolution à l’organisation mondiale du tourisme, donc elle ne meurt pas. C’est une résolution de tous les gouvernements du monde et de tous les ministres du tourisme d’Afrique qui est là. Donc, le pays d’Afrique qui la veut peut être accompagné avec cette solution de coopération.

Dès que le Pnud a pris note de cette solution, il a signé. Les japonais l’ont vue, ils ont demandé à l’avoir. La conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced) l’a vue, elle a voulu qu’elle soit articulée avec son programme de tourisme. Le centre pour le commerce international de Genève, c’est-à-dire l’organisation mondiale du commerce l’a vue, elle était également intéressée. Les ministres de tourisme de l’Uemoa, les experts du tourisme de la CEDEAO, tout le monde est intéressé. Ce qu’il faut, c’est le portage politique.

Maintenant, c’est un programme de partenariat Public-privé et donc, elle a un pendant privé, c’est-à-dire qui peut démarrer en privé sans la volonté politique des Etats, mais avec la volonté des acteurs privés. Quand je dis acteurs privés, je parle de tous les hôteliers, restaurateurs et acteurs des secteurs connexes au tourisme. C’est-à-dire transport, environnement, culture, industrie, commerce, etc. Et donc les universités, les écoles, les chômeurs eux-mêmes, chaque individu a sa place. Et ça, c’est le numérique qui est capable de fédérer l’action de tous ces acteurs.

Autour de la réforme du secrétaire général des Nations-Unies qui est unie dans l’action, parce qu’on ne peut rien faire sans être uni. Voilà mes deux solutions. Alors concrètement, on peut dire que ces solutions sont dotées de quatre composantes. On a une composante technique autour de 32 projets concrets, démultipliables en des millions de projets en fonction du nombre d’acteurs.

Dans ma solution, je prends en compte l’individu. C’est-à-dire que chacun doit s’impliquer, chacun est concerné par le sujet. Donc, chacun doit prendre sa responsabilité sociale dans ce programme. Il y a aussi la solution technologique appliquée à la solution technique touristique. La solution technologique, c’est ce j’appelle le système de gestion de destination. Donc il y a une solution technologique qui permet aujourd’hui de faire entrer tous les villages dans le marché mondial.

Avant, lorsque nous devrions aller vendre nos tourismes du Bénin, nous devions aller en France, en Allemagne, aux Etats-Unis, au Canada. Aujourd’hui, à partir de vos smartphones, ordinateurs, vous savez faire ça. Alors, pourquoi gaspiller son argent et son temps. Ce qui est intéressant, c’est que c’est faisable. En tout cas, moi, ma solution propose que ça se fasse au niveau de chaque village.

Au Bénin, on a 5290 villages. Ils ne sont pas tous liables touristiquement mais si je les regroupe par 10 j’ai 529 équipes d’acteurs touristiques. J’en reviens maintenant à environ 545 arrondissements, ce qui équivaut à 545 autres équipes. Chaque équipe ayant des responsabilités et tâches en fonction de son niveau. Plus les moyens sont disponibles plus les effectifs seront revus à la hausse puisque le besoin existe. Tous les emplois qui seront créés grâce à la réalisation de cette solution ont des débouchés qui existent déjà.

Alors, moi, la technologie me permet, si mon programme est sollicité, de passer l’entrainement. Parce que souvent, quand on veut faire le diagnostic du chômage, on cite mille et une causes. Personnellement, je n’en cite pas mille et une causes, je cite une seule cause qui est l’insuffisance de compétences pour résoudre le problème. Puisque souvent, en Afrique, et particulièrement au Bénin, on n’est pas dans la logique, de résolution des problèmes. On regarde les problèmes, on les contourne et ils restent là. Mais tant qu’ils resteront là, ils vont nous rattraper tout le temps.

L’idée est maintenant que chacun se lève aujourd’hui pour résoudre son problème de chômage. Alors, quelle est la solution ? Ce n’est pas les diplômes. Les enfants doivent être des experts et les entreprises aussi doivent faire l’appel à l’expertise. La plupart du temps, ce n’est pas le cas. On fait appel à l’expert pour créer l’entreprise. Mais pour la gestion, ce recours n’est pas fait et cela pénalise les entreprises.

C’est pour ça qu’on n’a pas de grands groupes ici. Parce que l’expertise fait défaut et vous allez constater que les bailleurs de fonds à plusieurs reprises, viennent avec des programmes pour aider les entreprises à solliciter l’expertise et les bailleurs payent. C’est pour leur dire recourrez à l’expertise, et pourtant en Afrique, on ne comprend pas ça. Donc, chacun doit devenir expert, mais devenir expert est exigeant.

Il faut travailler, s’entrainer et justement, mon programme est fait pour aider les jeunes à s’entrainer au niveau technologique mais au niveau managérial de la gestion. Alors si vous regardez toute la chaine, du sommet à la base, vous verrez que s’il y a quelque chose qui tourne mal, c’est au niveau de défaut d’expertise ou de gouvernance, ou de mentalité inappropriée.

Donc il s’agit maintenant de connecter par la technologie, 10 000 personnes à chaque arrondissement qui suivent mon entrainement pour promouvoir et développer le tourisme. Vous verrez, si vous essayez ça 2 ans, 3 ans, 5 ans, c’est terminé. Vous aurez des apprenants debout, parce que là, comme moi, je les vois, ils ne sont pas debout, ils sont fatigués. Maintenant, il y a un programme de mentalité, c’est-à-dire qu’avec tout ce que nous faisons, nous ne nous rendons même pas compte du mal que nous nous faisons et travailler pour freiner, empêcher, bloquer la jalousie et autres maux.

Mais ça coûte 10 fois plus cher que la corruption. Je ne sais si vous avez essayé de chiffrer ça. Parce que si on a de mauvaises écoles, si on n’a pas des hôpitaux qui nous sauvent dès qu’on est malade, on préfère aller en France ou ailleurs, c’est parce qu’on ne crée pas de richesse. Mais où est-ce qu’on peut créer de la richesse lorsqu’on consacre le temps à une entourloupe, à se bloquer, à s’empêcher ? Donc c’est ça qui frappe tout le monde à la fin et on ne s’en rend pas compte.

Voilà donc les quatre composantes de mon programme pour enrayer le chômage. Moi, je crois que c’est faisable. Je prévois le lancement de mon programme pour la journée mondiale de tourisme, le 27 septembre 2019. Puisque le thème correspond, je me suis dit, après 12 ans de réflexions, tu as un thème qui correspond, pourquoi ne pas le lancer ?

Quelles sont alors les axes stratégiques du Programme d’action du gouvernement que ce programme peut contribuer à réaliser ?

Mon programme peut contribuer à réaliser tous les axes stratégiques du Programme d’actions du gouvernement. Quand je parle de politique touristique, je parle de politique touristique globale et intégrée. Parce que c’est ça qui donne la force à l’économie. Si les secteurs devraient cohabiter parallèlement, les uns à côté des autres, quand-est-ce que l’un va attirer l’autre ? Et quand vous regardez tous les autres secteurs économiques du pays, lequel est capable de fédérer l’ensemble des autres et les tirer ? Vous saurez que c’est le tourisme. Parce que le tourisme se traduit par les flux des voyageurs.

Quel est le but de tout ce qu’on ambitionne aujourd’hui, si ce n’est pas que les gens viennent visiter le Bénin ? Et que les gens du Bénin, de la sous-région, du continent et du monde entier viennent visiter le Bénin ? Alors, si les gens doivent visiter le Bénin de cette façon, quels sont les besoins que nous avons pour que cette visite puisse non seulement se faire mais aussi se fasse dans de bonnes conditions ?

Il y a ce qu’on appelle les cinq A. Premièrement, attraction. Qu’est-ce que les gens viendront visiter ? Deuxièmement, l’accessibilité. Si on ne peut pas accéder aux lieux qu’on veut aller visiter, est-ce qu’on peut le faire ? Et ça, c’est les routes, les aéroports, les ports, les cours d’eau, les fleuves. L’accessibilité aussi comprend donc l’accessibilité de la population, le volet social, etc. C’est pour vous dire que ce deuxième A, a un lien direct avec le PAG.

L’aménagement, le troisième A, comprend tous les programmes d’aménagement de zone, de pôles spécialisés de développement, etc. Tout ce qui peut faire que les gens se déplacent et aillent visiter un lieu, pour aller y mener des activités quelconques, de loisir, de congrès, de réunion, de festival, d’événement à célébrer.

Et puis le dernier point, c’est l’accueil. Pouvoir accueillir les gens, les mettre dans des conditions de sécurité, d’hygiène, de visite, de psychologie, etc. Mon programme, c’est tout ça. La coopération et le numérique englobent tout ça. Alors donc, ça impacte. Et moi, je dis, toujours d’ailleurs, que si je parle de politique touristique, je parle de tout le PAG, puisque ma démarche est globale et c’est ce que je propose à la planète entière.

De quoi avez-vous besoin pour mettre en œuvre ce programme ?

J’ai besoin de trois choses. J’ai besoin de la volonté des acteurs, parce que, ça fait 12 ans que ce programme existe et partout dans le monde entier, le programme passe. C’est plutôt ici qu’on se pose encore des questions là-dessus. Pour cela, j’ai besoin de la volonté des gens. J’ai besoin de la mentalité des gens pour que les gens aient la mentalité de la gouvernance, parce qu’on ne peut rien faire dans le désordre caractérisé.

Mais la mentalité doit être en faveur du développement, c’est-à-dire la mentalité qui facilite les choses, qui accompagne et qui assiste les choses, qui fait la sécurité technique des choses c’est-à-dire les critères de doing business, favorable à l’initiative et crée les opportunités. On perd trop d’opportunités, on ne fait que ça d’ailleurs.

Quel est votre budget et comment pensez-vous mobiliser les fonds ?

Ce programme a un volet public et un volet privé. Sur le volet public, j’avais travaillé depuis 12 ans et j’ai eu tout le succès en moins de 2 ans. Pour apporter deux choses à l’Afrique. La première chose est l’expertise. Les africains vont mettre l’argent dedans, sinon c’est l’unique chose qu’il faut. Parce qu’un expert qui sait chercher l’argent, il va trouver l’argent. La belle preuve, quand j’ai initié ce programme en 2008, en 2009 déjà, il est validé par tous les ministres du monde.

En 2009, les japonais cherchaient le programme qu’on chiffrait pour 20 pays à 10 000 milliards FCFA. Donc en fait, c’est la chose principale, mais si ceux qui doivent porter le projet ne le comprennent pas ou bien ne veulent pas l’accompagner, le résultat est là : on est resté là à tourner en rond pendant 10, 12 ans.

Donc les fonds, ce n’est pas ce qui manque pour un bon projet. Tant que le projet est bon, vous trouverez toujours de l’argent et c’est ce, pour quoi j’avais pensé à faire un bon projet et l’argent viendrait. Le Pnud a signé pour le porter, pour trouver l’argent. Et puis j’avais rencontré le représentant résident, Maurice, qui a dit disposer d’un milliard de dollar que l’Union européenne avait rendu disponible pour financer de tels projets. Il était prêt à m’accompagner.

La volonté politique constitue-t-elle le seul blocage à vos solutions ?

Je ne parle même plus de la volonté politique, parce qu’on en a trop parlé. On parle de la volonté de tous les acteurs. Parce qu’au niveau de mon projet, si vous parlez du côté public, c’est la volonté politique, mais j’ai déjà quitté ce niveau, puisqu’on ne peut pas parler de la même chose durant 10, 20 ans. Donc j’en suis maintenant au volet privé. Ce volet implique la volonté des acteurs, puisque pour réussir aujourd’hui les acteurs ont besoin d’une seule chose qui est d’être, des professionnels. Donc revenir à l’expertise.

Alors, pour être professionnel, il faut payer le prix de la professionnalisation. Pour les financements, c’est le financement de chacun. Si, par exemple une université qui n’est pas au digital m’invite, je vais l’aider. Les entreprises qui n’arrivent pas à y voir clair, si elles m’invitent, je vais les aider. Je prends les universités, les entreprises, chaque individu, les chômeurs. Comment est-ce que les étudiants, aujourd’hui, sortent de l’école ? Ils sont la génération future de dirigeants et, ils sont des analphabètes numériques. Comment peut-on expliquer cela ?

Avez-vous une préoccupation particulière à aborder ?

Je lance mon projet le 27 septembre 2019 pour l’Afrique, les pays les moins avancés, en Amérique, en Asie et dans le monde entier. Il s’agit du système de gestion de destination, le système technologique qui permet d’insérer le numérique dans chaque office du tourisme. En France, globalement, ils ont ça au plan national mais chaque village français a besoin de ça ; chaque village américain a besoin de ça ; Tous n’ont pas encore ça. Donc ma contribution est d’apporter cette solution partout où elle est indispensable et où les gens ont la volonté, où les gens veulent l’expertise et ont la mentalité qui permet d’avancer.

Fenêtres :

1- «Le Bénin a un programme d’actions de gouvernement qui est suffisamment ambitieux en ce qui concerne le secteur du tourisme… pendant mes 30 ans de service en tourisme béninois, je n’ai pas vu d’ambition aussi forte et de volonté aussi manifeste. Mais la question que je me pose est la suivante : pourquoi les programmes ne fleurissent pas, après 3 ans ?»

2- «Partout où j’ai eu l’occasion de la présenter, elle n’a jamais été recalée. Que ce soit auprès de tous les ministres de tourisme d’Afrique, tous les ministres de tourisme du monde, cette solution est passée. Cette solution a été présentée au Ticad depuis 2009. Le Ticad la cherchait, on l’avait estimée entre 10 000 et 15 000 milliards FCFA…

Dès que le Pnud a pris note de cette solution, il a signé. Les japonais l’ont vue, ils ont demandé à l’avoir. La conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced) l’a vue, elle a voulu qu’elle soit articulée avec son programme de tourisme. Le centre pour le commerce international de Genève, c’est-à-dire l’organisation mondiale du commerce l’a vue, elle était également intéressée. Les ministres de tourisme de l’Uemoa, les experts du tourisme de la CEDEAO, tout le monde est intéressé. Ce qu’il faut, c’est le portage politique».

3- «Il y a une solution technologique qui permet aujourd’hui de faire entrer tous les villages dans le marché mondial… ma solution propose que ça se fasse au niveau de chaque village. Au Bénin, on a 5290 villages. Ils ne sont pas tous liables touristiquement mais si je les regroupe par 10 j’ai 529 équipes d’acteurs touristiques. J’en reviens maintenant à environ 545 arrondissements, ce qui équivaut à 545 autres équipes. Chaque équipe ayant des responsabilités et tâches en fonction de son niveau.

4- «… il s’agit de connecter par la technologie, 10 000 personnes, à chaque arrondissement, qui suivent mon entrainement pour promouvoir et développer le tourisme. Vous verrez, si vous essayez ça 2 ans, 3 ans, 5 ans, c’est terminé. Vous aurez des apprenants debout, parce que là, comme moi, je les vois, ils ne sont pas debout, ils sont fatigués».

5- «Maintenant, il y a un programme de mentalité, c’est-à-dire qu’avec tout ce que nous faisons, nous ne nous rendons même pas compte du mal que nous nous faisons et travailler pour freiner, empêcher, bloquer la jalousie et autres maux. Mais ça coûte 10 fois plus cher que la corruption. Je ne sais si vous avez essayé de chiffrer ça. Parce que si on a de mauvaises écoles, si on n’a pas des hôpitaux qui nous sauvent dès qu’on est malade, on préfère aller en France ou ailleurs, c’est parce qu’on ne crée pas de richesse. Mais où est-ce qu’on peut créer de la richesse lorsqu’on passe le temps à une entourloupe, à se bloquer, à s’empêcher ? Donc c’est ça qui frappe tout le monde à la fin et on ne s’en rend pas compte».

6- «… ça fait 12 ans que ce programme existe et partout dans le monde entier, le programme passe. C’est plutôt ici qu’on se pose encore des questions là-dessus. Pour que cela passe au Bénin, j’ai besoin de la volonté des acteurs politiques. J’ai besoin que les gens aient la mentalité de la gouvernance, la mentalité en faveur du développement, c’est-à-dire la mentalité qui facilite les choses, qui accompagne et qui assiste les choses, qui fait la sécurité technique des choses c’est-à-dire les critères de doing business, favorable à l’initiative et crée les opportunités. On perd trop d’opportunités, on ne fait que ça d’ailleurs».

Encadré

Au cours des soixante dernières années, le tourisme n’a cessé de croître et de se diversifier, devenant ainsi l’un des secteurs économiques les plus importants et à plus forte croissance dans le monde.

Entre 1950 et 2015, les arrivées mondiales de touristes sont passées de 25 millions à 1300 millions par an. Durant cette même période, les recettes engendrées par le secteur touristique mondial se sont envolées, passant de 2 milliards de dollars américains à 1 260 milliards. Le secteur touristique représente aujourd’hui près de 10% du PIB (Produit intérieur brut) mondial, et près d’un emploi sur dix.

Le rôle du tourisme dans la création d’emplois est souvent sous-estimé, bien que le tourisme génère 10 % des emplois dans le monde et qu’il soit inclus dans l’objectif 8 du développement durable pour son potentiel en matière de création d’emplois

Entretien réalisé par Nafiou OGOUCHOLA

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Abdel Aziz Assani : «Sèmè City doit être partenaire des incubateurs en place»

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Au Bénin, pour accompagner les startups à concrétiser leurs projets en entreprise, les centres d’incubation ne cessent de multiplier les actions devant conduire au succès souhaité. Dans ce nouveau numéro de la rubrique ‘’Entrepreneuriat et industrie», Abdel Aziz Assani, responsable de l’espace d’incubation «Btech Space», présente l’apport des incubateurs dans l’essor de l’entrepreneuriat béninois. Entretien.

Comment présentez-vous Btech Space ?

Btech Space, c’est un espace de co-working. C’est un espace qui permet aux jeunes de travailler dans un environnement serein et dans un écosystème entrepreneurial pour avoir non seulement la disponibilité et l’espace, mais aussi pour confronter leurs idées avec d’autres personnes qui sont dans une démarche entrepreneuriale.

C’est d’abord la motivation première de Btech Space. Mis à part cet espace de co-working, il y a un incubateur d’entreprises, c’est-à-dire des programmes qui permettent aux entreprises d’être accompagnées en termes de formation et en termes de recherche de financements.

Btech Space, pour répondre à quelle préoccupation ?

Moi-même je suis chef d’entreprise et j’ai eu à passer par un espace de co-working en France avant de créer mon entreprise. Je me suis rappelé que c’était agréable pour moi d’avoir un espace où j’avais la possibilité de quitter la maison, d’être accompagné par des gens et aussi d’échanger avec d’autres personnes qui avaient les mêmes idées que moi.

Je l’ai fait à Lyon, je suis resté dans un espace d’incubation pendant deux (02) ans avant de créer ma première entreprise. Alors du coup, je me suis rappelé cela quand j’ai décidé de rentrer au Bénin. J’ai voulu apporter ma pierre à l’édifice en créant un espace pour les jeunes qui ont envie d’entreprendre voilà pourquoi j’ai pensé à mettre en place un pareil espace.

De quoi est fait votre quotidien au niveau du centre d’incubation ?

Nous accueillons des jeunes avec qui nous discutons tout en leur présentant les possibilités qu’ils ont pour intégrer notre structure ainsi que les avantages qui vont avec. Par ailleurs, nous organisons des programmes de formation qui font partie du programme d’accompagnement. Notre particularité, nous ne sommes pas axé sur les domaines de la technologie, agroalimentaire ou agrobusiness. On accueille les jeunes dans tous les secteurs d’activités.

De manière pratique, comment ça se passe ? Selon quels critères sélectionnez-vous les jeunes entrepreneurs ?

Nous acceptons tout le monde. L’objectif premier est que les gens aient envie d’entreprendre, qu’ils aient un niveau scolaire ou pas. On a une petite contrainte qui en réalité n’en est pas une. On demande aux jeunes de payer 10.000 FCFA pour occuper l’espace qui est ouvert de 9 heures à 20 heures avec la connexion wifi, un accompagnateur, des coachs qui sont là pour les aider, les aiguillonner sur les questions éventuelles qu’ils auront. Donc ça coûte 10 mille FCFA pour un mois.

En termes d’accompagnement, on a trois sortes d’accompagnement. Le premier est le coaching pour tout le monde. C’est-à-dire qu’il y a des personnes ressources présentes à qui ils peuvent poser des questions auxquelles ils auront de réponse. Le deuxième niveau d’accompagnement est le programme d’incubation où ils sont dans un programme de formation sur diverses thématiques liées à l’entrepreneuriat, au management, à la communication, au graphisme, aux finances, etc.

A partir de là, on les accompagne réellement à la mise en place de leur plan d’affaires, le business plan. Il y a maintenant un troisième niveau d’accompagnement qui est le développement. Ce volet s’adresse aussi bien aux startups naissantes qu’aux entreprises déjà existantes. C’est-à-dire des entreprises qui viennent d’être créées ou des entreprises qui existent déjà et qui ont besoin de lever des fonds que ce soit pour leur lancement ou pour un projet particulier.

On a une dizaine de possibilités de levée de financements qui ne sont pas les mêmes choses selon les projets. Voilà les trois niveaux. Quand vous entrez à Btech Space, vous avez toutes les différentes possibilités de création d’activités. Notre objectif est de donner aux jeunes la capacité d’entreprendre.

Ce qu’on a constaté depuis 4 ans que nous existons, c’est qu’il y a énormément de personnes qui veulent entreprendre mais ils ont très peu de possibilité. Je dis souvent qu’une ville comme Cotonou doit comporter au minimum 100 incubateurs d’entreprises, vue sa capacité et sa taille.

Le bilan du parcours observé, comment l’analysez-vous ?

Il faut que des initiatives comme les nôtres soient encouragées aussi bien par les pouvoirs publics que par ceux qu’on peut appeler les décideurs économiques du privé. Parce que c’est très difficile aujourd’hui de voir des gens qui sont prêts à mettre de l’argent sur un projet quand bien-même ils ont de l’argent qui dorment en banque.

Mais, l’Etat ne leur a pas facilité la tâche parce que non seulement les programmes étatiques n’ont pas permis de communiquer sur les avantages d’être un «business angel» (investisseur providentiel), comme quoi, si vous mettez de l’agent dans un projet, ça vous permet d’avoir des exonérations fiscales, comme ça se fait ailleurs.

Au lieu de payer les impôts avec cet argent, vous le mettez dans une entreprise et vous payez vos impôts en aidant une entreprise à se créer et à créer de la richesse. Donc il y a une faible incitation des personnes qui ont de l’argent à aider d’autres.

La deuxième chose qu’on a constatée, c’est la frilosité des banques de la place à suivre et à accompagner les entreprises. D’ailleurs, les banques au Bénin ne s’intéressent pas trop aux entreprises parce qu’elles ne font pas de démarches vers celles-ci. S’il arrive à certaines entreprises de décrocher de financement, c’est avec des taux d’intérêts exorbitants compris entre 10 et 20%.

Alors qu’ailleurs, pour une startup, ce sont des prêts à 0%, au maximum 3%. L’Etat et les structures doivent se pencher sur ça pour proposer des solutions durables parce qu’on ne peut pas vouloir aider une entreprise et mettre des taux exorbitants. L’autre chose est que l’Etat doit considérer les structures qui sont en contact permanent avec les entrepreneurs. Quand je vois des structures comme Sèmè City, ce sont des structures qui font leur travail.

Mais Sèmè City doit aussi travailler avec les incubateurs et non se substituer aux incubateurs parce que les incubateurs sont déjà sur place et travaillent. Sèmè City a de l’argent public et concurrence les incubateurs qui n’ont pas de l’argent public. Du coup, ça biaise le travail.

Sèmè City doit pouvoir être partenaire des incubateurs en place. Et au lieu de mener des programmes directement avec les autres, il doit mener des programmes avec les incubateurs qui existent déjà. Il y a énormément de jeunes qui veulent créer de la richesse.

Des projets à court, moyen et à long terme ?

On a bien de projets à court, moyen et long terme. On a engagé des partenariats avec l’université d’Abomey-Calavi en occurrence le Centre de Formation en entrepreneuriat et en volontariat avec qui on a un partenariat dynamique. Désormais, Btech Space travaille avec les jeunes pour qu’ils aient la vision académique et universitaire de l’entrepreneuriat. Ils viennent aussi chez nous pour toucher du doigt la réalité du travaille.

On a aussi un partenariat avec le Haut Commissariat des béninois de l’étranger pour permettre aux Béninois qui sont hors du pays, de commencer à investir en créant leurs entreprises au pays. Déjà il y a des Béninois qui sont aux Etats Unis, en France, au Canada qui ont lancé leur startup par Btech Space. On est en train de formaliser un partenariat avec d’autres organisations. Je ne vais pas aussi oublier le programme «Boss lady» qui est un programme pour accompagner les femmes dans l’entrepreneuriat.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans l’exercice de vos activités ?

Il faut noter que les jeunes malgré le prix dérisoire de 10.000 FCFA par mois, n’arrivent pas à payer. Sur 100 jeunes qui viennent, à peine 10 arrivent à payer. Ne pouvant pas renvoyer le reste, on est obligé de faire avec l’ensemble. On ne leur en veut pas, c’est le climat financier qui est ainsi. Ce qui fait qu’on est obligé d’augmenter notre besoin en fonds de roulement et aussi de créer d’autres activités rémunératrices de revenus pour la structure parce qu’on n’a pas d’accompagnement particulier.

Combien de jeunes ont pu bénéficier de vos services depuis 2016 ?

De 2016 à 2020, nous comptons près de 500 jeunes inscrits. Parmi ceux-ci, il y a une cinquantaine qui a suivi le programme de formation, et, il y a une quinzaine qui a fait partie du programme de levée de fonds.

Quelle politique entrepreneuriale proposez-vous pour le développement des startups béninoises ?

Aujourd’hui, deux problématiques sont évidentes. S’il n’y a pas de l’argent, il n’y a pas de création d’entreprise. Il faut donc mettre en place un fonds qui pourrait faire des prêts à taux zéro pour ces jeunes, parce que les banques ne sont pas là, ni pour les entreprises ni pour les startups.

Evidemment, pour attribuer des financements aux postulants, il faut tenir compte des filières et que les jeunes soient suivis par de vrais incubateurs. L’autre problématique est celle de l’industrie de la transformation. 90% des produits que les jeunes veulent fabriquer ici ont besoin de machines qui sont achetées en Chine.

C’est un gros problème. Les jeunes ont besoin de machines alors que ces machines ne sont pas sur la place. Donc l’Etat doit aider cette frange de la population qu’on appelle «génies des procédés» à mettre en place des machines pour faire des emballages, pour faire de la combustion.

On a besoin de développer le génie des procédés et du machinisme au Bénin. La révolution entrepreneuriale ne que peut passer par là. Un exemple simple. On a du sable de verrerie au Bénin mais les gens pour embouteiller leurs produits sont obligés de commander des bouteilles à l’extérieur. Cela ne facilite pas la tâche aux entrepreneurs.

C’est pour ça que je dis que les structures comme l’ANPME et autres ne font pas encore leur boulot. Ce sont eux qui doivent prendre à cœur ce travail et, mettre en place des structures pour que nos jeunes arrêtent de commander des bouteilles en Europe et en Chine. On doit pouvoir produire ça au Bénin.

Pour faire la révolution de la transformation de nos produits, il faut pouvoir faire la révolution du génie des procédés, de la création des machines. 99% des startups qui ont réussi, c’est parce que leurs parents ont sorti des fonds pour les pousser. Si ces parents n’existaient pas, il n’existera pas de startup.

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ENTRETIEN

Interview avec Anne-Marie Gnancadja Bonou : «Le secteur de l’énergie est source d’activités et de plus-value»

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La place de la femme dans le processus de développement d’une nation n’est plus chose à dire. Au Bénin, elles sont nombreuses qui, depuis quelques années exercent dans les mêmes conditions que les hommes pour l’essor de l’économie quel que soit leur secteur. C’est le cas de la cheffe de la cellule genre et développement du ministère de l’Energie, avec rang de Directrice technique, Anne-Marie Gnancadja Bonou. A travers cette interview, elle nous permet une incursion dans sa vie, son travail et les réalités de son quotidien. Lire ci-dessous, l’intégralité de ladite interview.

Comment pouvez-vous présenter votre travail ?

Anne-Marie Gnancadja Bonou : Mon travail consiste à veiller et assurer l’intégration du genre dans les actions, activités, projets et programmes du secteur de l’énergie au Bénin en vue de la réduction des inégalités sociales dans l’accès à l’énergie et aux services. De même, je suis appelée à veiller à la prise en compte de la dimension ou de l’approche genre de façon transversale aux niveaux institutionnel, programmatique et partenarial.

Donnez-nous un bref aperçu de votre cursus scolaire jusqu’à l’université.

Je suis titulaire du CEFEB, du BEPC et CAP/EB, d’un baccalauréat G1, d’une maîtrise en Sociologie-Anthropologie, d’un Diplôme d’Etudes Supérieure et Spécialisée en Gestion des Projets et Développement Local (DESS GPDL) et d’un Diplôme d’expert en Genre et Développement : Institut des Hautes Etudes Internationales et du Développement (Genève, Suisse)

Pourquoi avoir choisi de faire carrière dans les métiers liés à l’énergie solaire/énergie ?

J’ai commencé ma carrière professionnelle au ministère de l’Energie. Et je m’y plais bien vu la diversité de ce secteur.

Qu’est-ce qui vous a motivé à avancer malgré tous les préjugés auxquels font face les femmes dans la société béninoise ?

Je reconnais que dans un passé récent le secteur de l’énergie était fortement masculin donc réservé aux hommes. Mais beaucoup de choses ont changé, des lignes ont bouché ces années derrières où les femmes sont représentées dans ledit secteur. Je peux aujourd’hui, compter des femmes professionnelles du métier de l’énergie, ingénieures etc, des femmes actrices, para énergéticiennes, des entrepreneures qui ont une connaissance certaine du domaine.

Le secteur de l’énergie est très passionnant pour moi, c’est un secteur de développement, porteur d’activités et de plus-value. J’ai compris en réalité que quand bien même qu’il est masculinisé, le principal utilisateur de l’énergie sous toutes ses formes est la femme.

Par exemple : dans certaines de nos cultures, aller chercher du bois énergie est une tâche réservée à la femme qui en est l’utilisatrice ; la transformation du bois de chauffe en charbon, on voyait plus les femmes dans cette activité, du moment où les hommes ont compris que c’est une activité, source de revenus important, ils s’y sont investis, etc.

Quels sont les avantages dont bénéficie une femme qui travaille dans le secteur solaire/énergie ?

Les avantages sont énormes aujourd’hui, car elles ne sont pas nombreuses pour le moment. Les femmes sont très encouragées pour travailler dans le secteur, à travers le monde entier et au Bénin en particulier, des mesures d’accompagnement et d’encouragement sont mises à leur disposition pour les motiver à travailler ou entreprendre dans l’énergie. Il y a par exemple des bourses de formations professionnelles ou autres formations pour leur autonomisation, des accompagnements financiers, des prêts à taux réduit, etc.

Des activités visant à orienter et encourager les jeunes filles dans le secteur de l’énergie sont organisées. Il y a une confiance et une volonté manifeste de la part des partenaires techniques au développement à accompagner, soutenir et appuyer les femmes du secteur de l’énergie à développer leurs aptitudes, leurs initiatives dans les énergies renouvelables et la biomasse…. En d’autres termes, de nos jours il y a plusieurs opportunités pour la femme à s’investir dans le secteur de l’énergie.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées lors de votre formation ?

Personnellement aucune. Mais le constat fait est que certains hommes techniciens du secteur ne sont pas encore prêts à accepter qu’une femme du même niveau qu’eux ou plus soit leur cheffe.

Comment arrivez-vous à cumuler les responsabilités professionnelles et professionnelles ? Vous est-il déjà arrivé de partir au travail le cœur serré parce que vous auriez voulu rester à la maison pour vous occuper de votre progéniture ?

J’arrive à cumuler aisément mes responsabilités professionnelles et matrimoniales avec complexité et la complémentarité de mon époux.

A vrai dire, il m’est arrivé une fois d’avoir le cœur serré…. pour m’occuper de ma progéniture. Seulement que la réalité est là, il faut que je travaille pour subvenir à leur éducation, besoins en complémentarité à mon époux. Et surtout pour avoir mon autonomie économique et une indépendance financière.

Quel regard portez-vous sur la femme au sein de la société béninoise ?

C’est un regard positif, car la femme béninoise aujourd’hui a atteint une certaine maturité de pensée pour son autonomisation dans tous les domaines. Elle travaille pour.

L’émancipation de la femme est quelque part un frein à son épanouissement au sein de sa famille car on remarque que plus la femme est évoluée plus elle a des difficultés à s’équilibrer sur le plan matrimonial.

C’est discutable, parce que la femme émancipée qui se voit affranchir d’une autorité, d’une domination… doit faire l’effort de concilier les rôles qui lui sont dédiés à savoir : femme émancipée, femme au foyer et mère. Certes ce n’est pas facile mais la tête sur les épaules, elle peut parvenir à faire l’équilibre sur le plan professionnel et matrimonial en faisant la part des choses. Car l’époux reste l’époux. A moins qu’elle opte pour une vie de célibat…, nos réalités socio culturelles sont là.

Quelle est la responsabilité des femmes dans cet état de choses puisqu’elles ont des difficultés à se soumettre à leurs époux quand elles assument des responsabilités professionnelles ?

C’est vrai, c’est une réalité mais c’est discutable, je pense que c’est un complexe de la part de certains hommes d’avoir une femme d’un niveau moins élevé que eux. Ils pensent qu’ils ne seront pas respectés au même titre que si c’était le contraire. C’est l’esprit d’avoir le pouvoir de dominer la femme étant donné que nous sommes dans une société patriarcale où l’homme est le chef, les hante toujours.

Quelle est la responsabilité des femmes dans cet état de choses puisqu’elles ont des difficultés à se soumettre à leurs époux quand elles assument des responsabilités professionnelles ?

La responsabilité de la femme est de donner toujours à son mari la place qui lui revient, de le respecter en tant que mari et de le mettre en confiance. La femme doit nécessairement faire la part des choses. Assumer ses responsabilités professionnelles ne sont pas synonyme de abandonner ses responsabilités matrimoniales. Il faut toujours et en tout temps faire la part des choses pour vivre une vie harmonieuse. Mieux la femme gère sa vie matrimoniale, mieux elle est performante dans sa vie professionnelle.

Quels conseils avez-vous à l’endroit des femmes pour leur émancipation ?

Je conseille aux femmes pour leur émancipation d’être présentes sur le marché du travail, dans les activités dites masculines, gagner en autonomie et en reconnaissance. Dans cette affirmation qu’elle pense à leur rôle d’épouse et de mère pour la paix et l’harmonie au sein du foyer.

Avez-vous une préoccupation particulière à aborder ?

Je m’engage à travailler pour une meilleure représentativité des femmes du secteur de l’énergie sur le marché du travail et des affaires. Merci

Interview réalisée par Nafiou OGOUCHOLA

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