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Jaurès Sogbossi à propos du franc CFA en ECO : «Aucun impact sur les conditions économiques de la zone Uemoa»

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La monnaie du franc Cfa pour les huit pays de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) sera bientôt appelé ECO. L’annonce a été faite le 21 décembre 2019 par Alassane Ouattara président en exercice de l’Uemoa. Jaurès Sogbossi, chef d’entreprise et président de l’Association en économie, KS-AFRIQUE NON AU CFA/OUI AU KORIS, donne ici, son point de vue de cette réforme monétaire.

Que signifient KS ?

Jaurès Sogbossi : KS, c’est Kadafi-Sankara. Ce sont des initiaux des personnes qui ont lutté pour la cause du développement et la cause monétaire de l’Afrique que nous avons choisi pour notre association, étant donné que ce sont des valeurs que nous défendons pour la libéralisation et pour le développement du continent africain.

Le 21 décembre 2019 dernier, le président Emmanuel Macron a effectué une visite à Abidjan en Côte d’Ivoire et au terme des échanges avec son homologue ivoirien, le président, Alassane Ouattara a annoncé le changement du franc CFA en ECO. Votre appréciation du changement de la monnaie franc de l’Uemoa en ECO ?

Les dirigeants français sont de plus en plus acculés par la jeunesse africaine et voulant échapper à cette pression de la couche juvénile en Afrique, ont pensé utiliser ce moyen pour pouvoir mettre fin aux critiques de plus en plus virulentes dans l’opinion africaine.

Pour nous, ce changement annoncé, qui n’est pas encore effectif, n’est que, une fois de plus, l’expression du dédain et du non-respect du peuple africain étant donné que les nouveaux accords de partenariat monétaire qui ont été signés entre l’Uemoa et la France n’ont pris par aucun Parlement de nos pays et n’ont été mis sur la table pour en discussion avec qui que ce soit en Afrique.

Aucun référendum n’a été organisé mais on se lève subitement pour signer des accords qui impactent la vie de tout le monde. C’est Ahurissant et c’est à déplorer étant donné que nous sommes de plus en plus dans des démocraties pluralistes et qui s’exercent de façon à consulter ne serait-ce que, des représentants du peuple au Parlement.

Mais nous n’avons vu aucun vote d’une loi autorisant la ratification des accords monétaires avant que l’accord soit signé par le ministre béninois de l’économie au nom de tout le peuple de l’Uemoa. Moi je pense que ce sont là encore les actions françaises qui font que normalement les présidents de la zone de l’Uemoa qui ne sont pas d’accord avec cette façon de fonctionner devraient monter au créneau pour se désolidariser de cette signature.

Mais nous observons qu’il y a quand même une pression directe ou indirecte de la part de la France sur les dirigeants qui fait que qu’on le veuille ou non, certaines personnes même si elles ne sont pas d’accord avec la manière dont fonctionnent les choses, sont obligées de se taire pour préserver leur vie ou préserver leurs propres intérêts.

De façon pragmatique, l’accord tel que cela a été signé, bien que nous n’avons pas encore eu le contenu, au vu des déclarations faites le jour de la signature de l’accord, on peut penser que les changements ont été annoncés pour être opérés. Il faut dire après la signature de l’accord, le ministre béninois de l’économie, a annoncé sur les ondes de RFI que les billets ne seront pas disponibles ou remplacés en 2020 étant donné qu’il aura encore beaucoup d’étapes à franchir.

Mais moi, je trouve que c’est de la dilatoire pure étant donné que la volonté politique n’est pas manifeste, du fait que ces personnes qui sont aux commandes politiques ont déjà des vies aisées et ne sont pas impactées par les côtés négatifs du franc CFA. Le côté négatif du franc CFA est le blocage du financement des entreprises et des porteurs de projets en zone franc CFA qui rend impossible l’accès aux crédits bancaires étant donné que la politique monétaire en exercice a pour objectif principal, la maitrise des prix et de l’inflation.

Ce qui veut dire, maitrise de la masse monétaire en circulation et donc blocage des crédits bancaires. Parce que c’est par cette méthode qu’il n’y aura pas de création d’entreprises, création d’emplois et donc pas une nouvelle classe de personnes à dont le pouvoir d’achat va accroitre la demande sur les marchés et donc, augmenter les prix sur les marchés.

En résumé, ces annonces de changement de nom de monnaie sont pour nous une nouvelle farce. D’abord le nom ECO que cette monnaie veut prendre est une usurpation de nom, c’est-à-dire le nom de la monnaie CEDEAO qui était en projet et que les dirigeants ivoiriens et français ont pensé qu’ils pouvaient se passer derrière ce nom pour faire croire que le franc CFA a disparu en changeant de nom et que les responsables français ne siégeront plus au sein du Conseil d’administration de la BCEAO.

Si les français ne sont plus présents, ils ont la possibilité de faire passer leurs instructions, ou leur volonté par des coups de fil ou des mails à qui de droit ou par les cadres de la BCEAO qui ont atteint un niveau de sujétion à la France et qui pensent que tout ce que la France dit est de bonnes choses pour nous.

D’aucun disent que le franc CFA empêchent le développement des pays ouest africains. Partagez vous cet avis avec ceux-ci?

Le franc, c’est ce qui empêche le développement des pays de l’Uemoa. Comme je vous l’ai dit tout à l’heure, l’objectif de la BCEAO, c’est la maitrise de l’inflation, donc d’empêcher la création de nouvelle entreprise, d’empêcher que les gens aient de crédits pour fabriquer par exemple, les piques-dents, les brosses à dents, plats, les ustensiles de cuisine et autres.

Il n’y a pas de banque chez nous à qui des jeunes peuvent demander de financement pour faire des fabrications de mèches ou de quoi que ce soit et obtenir le financement. Et ça c’est la politique monétaire qui en est à la base. Et qui dit empêcher l’industrialisation, dit empêcher la création de nouvelles entreprises, dit empêcher la création de nouveaux emplois, empêche la construction de nouvelles maisons par ces personnes qui créent de nouveaux emplois, dit limitation de la masse monétaire en circulation.

Etant donné que chaque fois qu’on ne crée pas de nouveaux emplois, on crée de la pauvreté, on crée de la déstabilisation, on crée des candidats à l’immigration ou à des candidats à être recrutés par divers groupes de djihadistes qu’on voit de plus en plus polluer dans la zone Uemoa. Donc, pour nous, c’est clair que le franc CFA par son fonctionnement et ses objectifs assignés à la BCEAO par la France n’a qu’un seul intérêt : maintenir l’Afrique dans le sous-développement, faire en tel sorte que nos pays soient exportateurs que de matières premières et des ressources naturelles que la France va utiliser pour fabriquer des choses à déverser sur le continent africain. Parce que si nous nous développions, il est clair qu’à un moment donné, on ne sera plus en mesure d’importer des choses venues de la France.

Il y a actuellement plusieurs affiches à Cotonou où ils écrivent entièrement ‘’fabriqué en France’’. Et parfois ce sont des choses basiques telles que les haricots verts. C’est frustrant et ahurissant. Pour mettre fin à ça, c’est la politique monétaire de la BCEAO, le gouverneur de la dite banque centrale qui est aussi le gouverneur de nos vies qui doit changer de stratégie et permettre qu’il y ait une érection de nouvelles entreprises.

Qu’on ne dise plus qu’il faut exister pendant trois ans d’abord, fournir des états financiers de trois ans pour avoir un crédit bancaire, sachant bien que c’est au démarrage que les jeunes entrepreneurs ont le plus besoin de financement pour l’acquisition de la machinerie de l’outillage pour des moyens de production nécessaire pour leur permettre de mettre en place quand même des palliatifs ou des produits qui aujourd’hui sont des produits purement importés. Tout ce qui nous entoure et qu’on consomme sont des produits importés.

C’est cette politique monétaire du franc CFA imposée par la France qui est à l’origine de cet état de chose, rendant nos balances commerciales toujours déficitaires et nous mettant purement esclaves des devises étrangères qu’on jongle pour pouvoir tenir le bout avec les prêts internationaux que nous faisons pour combler le vide et puis ça ne pourra plus continuer dans ce sens.

Pensez-vous que le changement est une étape pour l’indépendance monétaire dans l’Uemoa ?

Le changement du nom n’est pas une chose allant techniquement dans le développement. Le nom est un autre aspect de la question monétaire. Ce n’est que l’aspect psychologique. Le changement de nom peut permettre à certaines personnes de ne plus être comme des colonies du franc CFA que nous utilisons avant.

Ça s’arrête là. Ça n’aura aucun impact sur le niveau de vie des populations ni sur les conditions économiques de la zone Uemoa qui utilisent le franc CFA. Mais les associations que nous sommes et les sociétés civiles, n’allons pas baisser les bras pour la monnaie de développement que nous voulons puisse quand même voir le jour et se substituer à ces arnaques que nous voyons que ça soit le franc Cfa ou l’ECO.

Une question embarrasse souvent certains analystes, le rôle de la monnaie. C’est quoi la monnaie. ?

La monnaie théoriquement est un moyen d’échange, de paiement et un outil de réserve de valeur. Mais en plus de ses valeurs, la monnaie est devenue le principal outil de développement des nations, c’est-à-dire c’est la politique monétaire adossée à une monnaie qui permet que cette monnaie atteigne les opérateurs économiques des divers secteurs de la société et permettent à ces gens là de développer des activités créatrices de richesse et d’emplois afin d’améliorer les conditions de vie des populations.

Malheureusement, il a été refusé à la zone franc CFA, l’utilisation de sa monnaie pour atteindre les objectifs de développement, faisant croire que seuls les outils budgétaires de fiscalité allaient permettre de se développer. Le résultat est, qu’après 60 ans d’indépendance, nous sommes encore des pays très pauvres, très endettés.

Que direz-vous pour conclure ?

Pour conclure, je dirai à nos décideurs qu’ils doivent prendre leurs responsabilités et savoir que la jeunesse africaine est de plus en plus exigeante. La jeunesse africaine est de plus en plus rigoureuse sur les conditions de vie que leurs décisions imposent à cette jeunesse et donc, voyant ce qui se passe au-delà de notre continent, voyant comment la jeunesse du continent vit, nous sommes aujourd’hui, confrontés à un système qui fait que la jeunesse ne veut plus subir ou souffrir cette souffrance imposée à elle par leurs décisions. Les dirigeants doivent aller dans le sens d’améliorer leurs conditions de vie, de créer beaucoup plus d’entreprises afin de créer beaucoup plus d’emplois et permettre que la jeunesse s’émancipe.

Interview réalisée par Abdul Wahab ADO

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Abdel Aziz Assani : «Sèmè City doit être partenaire des incubateurs en place»

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Au Bénin, pour accompagner les startups à concrétiser leurs projets en entreprise, les centres d’incubation ne cessent de multiplier les actions devant conduire au succès souhaité. Dans ce nouveau numéro de la rubrique ‘’Entrepreneuriat et industrie», Abdel Aziz Assani, responsable de l’espace d’incubation «Btech Space», présente l’apport des incubateurs dans l’essor de l’entrepreneuriat béninois. Entretien.

Comment présentez-vous Btech Space ?

Btech Space, c’est un espace de co-working. C’est un espace qui permet aux jeunes de travailler dans un environnement serein et dans un écosystème entrepreneurial pour avoir non seulement la disponibilité et l’espace, mais aussi pour confronter leurs idées avec d’autres personnes qui sont dans une démarche entrepreneuriale.

C’est d’abord la motivation première de Btech Space. Mis à part cet espace de co-working, il y a un incubateur d’entreprises, c’est-à-dire des programmes qui permettent aux entreprises d’être accompagnées en termes de formation et en termes de recherche de financements.

Btech Space, pour répondre à quelle préoccupation ?

Moi-même je suis chef d’entreprise et j’ai eu à passer par un espace de co-working en France avant de créer mon entreprise. Je me suis rappelé que c’était agréable pour moi d’avoir un espace où j’avais la possibilité de quitter la maison, d’être accompagné par des gens et aussi d’échanger avec d’autres personnes qui avaient les mêmes idées que moi.

Je l’ai fait à Lyon, je suis resté dans un espace d’incubation pendant deux (02) ans avant de créer ma première entreprise. Alors du coup, je me suis rappelé cela quand j’ai décidé de rentrer au Bénin. J’ai voulu apporter ma pierre à l’édifice en créant un espace pour les jeunes qui ont envie d’entreprendre voilà pourquoi j’ai pensé à mettre en place un pareil espace.

De quoi est fait votre quotidien au niveau du centre d’incubation ?

Nous accueillons des jeunes avec qui nous discutons tout en leur présentant les possibilités qu’ils ont pour intégrer notre structure ainsi que les avantages qui vont avec. Par ailleurs, nous organisons des programmes de formation qui font partie du programme d’accompagnement. Notre particularité, nous ne sommes pas axé sur les domaines de la technologie, agroalimentaire ou agrobusiness. On accueille les jeunes dans tous les secteurs d’activités.

De manière pratique, comment ça se passe ? Selon quels critères sélectionnez-vous les jeunes entrepreneurs ?

Nous acceptons tout le monde. L’objectif premier est que les gens aient envie d’entreprendre, qu’ils aient un niveau scolaire ou pas. On a une petite contrainte qui en réalité n’en est pas une. On demande aux jeunes de payer 10.000 FCFA pour occuper l’espace qui est ouvert de 9 heures à 20 heures avec la connexion wifi, un accompagnateur, des coachs qui sont là pour les aider, les aiguillonner sur les questions éventuelles qu’ils auront. Donc ça coûte 10 mille FCFA pour un mois.

En termes d’accompagnement, on a trois sortes d’accompagnement. Le premier est le coaching pour tout le monde. C’est-à-dire qu’il y a des personnes ressources présentes à qui ils peuvent poser des questions auxquelles ils auront de réponse. Le deuxième niveau d’accompagnement est le programme d’incubation où ils sont dans un programme de formation sur diverses thématiques liées à l’entrepreneuriat, au management, à la communication, au graphisme, aux finances, etc.

A partir de là, on les accompagne réellement à la mise en place de leur plan d’affaires, le business plan. Il y a maintenant un troisième niveau d’accompagnement qui est le développement. Ce volet s’adresse aussi bien aux startups naissantes qu’aux entreprises déjà existantes. C’est-à-dire des entreprises qui viennent d’être créées ou des entreprises qui existent déjà et qui ont besoin de lever des fonds que ce soit pour leur lancement ou pour un projet particulier.

On a une dizaine de possibilités de levée de financements qui ne sont pas les mêmes choses selon les projets. Voilà les trois niveaux. Quand vous entrez à Btech Space, vous avez toutes les différentes possibilités de création d’activités. Notre objectif est de donner aux jeunes la capacité d’entreprendre.

Ce qu’on a constaté depuis 4 ans que nous existons, c’est qu’il y a énormément de personnes qui veulent entreprendre mais ils ont très peu de possibilité. Je dis souvent qu’une ville comme Cotonou doit comporter au minimum 100 incubateurs d’entreprises, vue sa capacité et sa taille.

Le bilan du parcours observé, comment l’analysez-vous ?

Il faut que des initiatives comme les nôtres soient encouragées aussi bien par les pouvoirs publics que par ceux qu’on peut appeler les décideurs économiques du privé. Parce que c’est très difficile aujourd’hui de voir des gens qui sont prêts à mettre de l’argent sur un projet quand bien-même ils ont de l’argent qui dorment en banque.

Mais, l’Etat ne leur a pas facilité la tâche parce que non seulement les programmes étatiques n’ont pas permis de communiquer sur les avantages d’être un «business angel» (investisseur providentiel), comme quoi, si vous mettez de l’agent dans un projet, ça vous permet d’avoir des exonérations fiscales, comme ça se fait ailleurs.

Au lieu de payer les impôts avec cet argent, vous le mettez dans une entreprise et vous payez vos impôts en aidant une entreprise à se créer et à créer de la richesse. Donc il y a une faible incitation des personnes qui ont de l’argent à aider d’autres.

La deuxième chose qu’on a constatée, c’est la frilosité des banques de la place à suivre et à accompagner les entreprises. D’ailleurs, les banques au Bénin ne s’intéressent pas trop aux entreprises parce qu’elles ne font pas de démarches vers celles-ci. S’il arrive à certaines entreprises de décrocher de financement, c’est avec des taux d’intérêts exorbitants compris entre 10 et 20%.

Alors qu’ailleurs, pour une startup, ce sont des prêts à 0%, au maximum 3%. L’Etat et les structures doivent se pencher sur ça pour proposer des solutions durables parce qu’on ne peut pas vouloir aider une entreprise et mettre des taux exorbitants. L’autre chose est que l’Etat doit considérer les structures qui sont en contact permanent avec les entrepreneurs. Quand je vois des structures comme Sèmè City, ce sont des structures qui font leur travail.

Mais Sèmè City doit aussi travailler avec les incubateurs et non se substituer aux incubateurs parce que les incubateurs sont déjà sur place et travaillent. Sèmè City a de l’argent public et concurrence les incubateurs qui n’ont pas de l’argent public. Du coup, ça biaise le travail.

Sèmè City doit pouvoir être partenaire des incubateurs en place. Et au lieu de mener des programmes directement avec les autres, il doit mener des programmes avec les incubateurs qui existent déjà. Il y a énormément de jeunes qui veulent créer de la richesse.

Des projets à court, moyen et à long terme ?

On a bien de projets à court, moyen et long terme. On a engagé des partenariats avec l’université d’Abomey-Calavi en occurrence le Centre de Formation en entrepreneuriat et en volontariat avec qui on a un partenariat dynamique. Désormais, Btech Space travaille avec les jeunes pour qu’ils aient la vision académique et universitaire de l’entrepreneuriat. Ils viennent aussi chez nous pour toucher du doigt la réalité du travaille.

On a aussi un partenariat avec le Haut Commissariat des béninois de l’étranger pour permettre aux Béninois qui sont hors du pays, de commencer à investir en créant leurs entreprises au pays. Déjà il y a des Béninois qui sont aux Etats Unis, en France, au Canada qui ont lancé leur startup par Btech Space. On est en train de formaliser un partenariat avec d’autres organisations. Je ne vais pas aussi oublier le programme «Boss lady» qui est un programme pour accompagner les femmes dans l’entrepreneuriat.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans l’exercice de vos activités ?

Il faut noter que les jeunes malgré le prix dérisoire de 10.000 FCFA par mois, n’arrivent pas à payer. Sur 100 jeunes qui viennent, à peine 10 arrivent à payer. Ne pouvant pas renvoyer le reste, on est obligé de faire avec l’ensemble. On ne leur en veut pas, c’est le climat financier qui est ainsi. Ce qui fait qu’on est obligé d’augmenter notre besoin en fonds de roulement et aussi de créer d’autres activités rémunératrices de revenus pour la structure parce qu’on n’a pas d’accompagnement particulier.

Combien de jeunes ont pu bénéficier de vos services depuis 2016 ?

De 2016 à 2020, nous comptons près de 500 jeunes inscrits. Parmi ceux-ci, il y a une cinquantaine qui a suivi le programme de formation, et, il y a une quinzaine qui a fait partie du programme de levée de fonds.

Quelle politique entrepreneuriale proposez-vous pour le développement des startups béninoises ?

Aujourd’hui, deux problématiques sont évidentes. S’il n’y a pas de l’argent, il n’y a pas de création d’entreprise. Il faut donc mettre en place un fonds qui pourrait faire des prêts à taux zéro pour ces jeunes, parce que les banques ne sont pas là, ni pour les entreprises ni pour les startups.

Evidemment, pour attribuer des financements aux postulants, il faut tenir compte des filières et que les jeunes soient suivis par de vrais incubateurs. L’autre problématique est celle de l’industrie de la transformation. 90% des produits que les jeunes veulent fabriquer ici ont besoin de machines qui sont achetées en Chine.

C’est un gros problème. Les jeunes ont besoin de machines alors que ces machines ne sont pas sur la place. Donc l’Etat doit aider cette frange de la population qu’on appelle «génies des procédés» à mettre en place des machines pour faire des emballages, pour faire de la combustion.

On a besoin de développer le génie des procédés et du machinisme au Bénin. La révolution entrepreneuriale ne que peut passer par là. Un exemple simple. On a du sable de verrerie au Bénin mais les gens pour embouteiller leurs produits sont obligés de commander des bouteilles à l’extérieur. Cela ne facilite pas la tâche aux entrepreneurs.

C’est pour ça que je dis que les structures comme l’ANPME et autres ne font pas encore leur boulot. Ce sont eux qui doivent prendre à cœur ce travail et, mettre en place des structures pour que nos jeunes arrêtent de commander des bouteilles en Europe et en Chine. On doit pouvoir produire ça au Bénin.

Pour faire la révolution de la transformation de nos produits, il faut pouvoir faire la révolution du génie des procédés, de la création des machines. 99% des startups qui ont réussi, c’est parce que leurs parents ont sorti des fonds pour les pousser. Si ces parents n’existaient pas, il n’existera pas de startup.

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Interview avec Anne-Marie Gnancadja Bonou : «Le secteur de l’énergie est source d’activités et de plus-value»

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La place de la femme dans le processus de développement d’une nation n’est plus chose à dire. Au Bénin, elles sont nombreuses qui, depuis quelques années exercent dans les mêmes conditions que les hommes pour l’essor de l’économie quel que soit leur secteur. C’est le cas de la cheffe de la cellule genre et développement du ministère de l’Energie, avec rang de Directrice technique, Anne-Marie Gnancadja Bonou. A travers cette interview, elle nous permet une incursion dans sa vie, son travail et les réalités de son quotidien. Lire ci-dessous, l’intégralité de ladite interview.

Comment pouvez-vous présenter votre travail ?

Anne-Marie Gnancadja Bonou : Mon travail consiste à veiller et assurer l’intégration du genre dans les actions, activités, projets et programmes du secteur de l’énergie au Bénin en vue de la réduction des inégalités sociales dans l’accès à l’énergie et aux services. De même, je suis appelée à veiller à la prise en compte de la dimension ou de l’approche genre de façon transversale aux niveaux institutionnel, programmatique et partenarial.

Donnez-nous un bref aperçu de votre cursus scolaire jusqu’à l’université.

Je suis titulaire du CEFEB, du BEPC et CAP/EB, d’un baccalauréat G1, d’une maîtrise en Sociologie-Anthropologie, d’un Diplôme d’Etudes Supérieure et Spécialisée en Gestion des Projets et Développement Local (DESS GPDL) et d’un Diplôme d’expert en Genre et Développement : Institut des Hautes Etudes Internationales et du Développement (Genève, Suisse)

Pourquoi avoir choisi de faire carrière dans les métiers liés à l’énergie solaire/énergie ?

J’ai commencé ma carrière professionnelle au ministère de l’Energie. Et je m’y plais bien vu la diversité de ce secteur.

Qu’est-ce qui vous a motivé à avancer malgré tous les préjugés auxquels font face les femmes dans la société béninoise ?

Je reconnais que dans un passé récent le secteur de l’énergie était fortement masculin donc réservé aux hommes. Mais beaucoup de choses ont changé, des lignes ont bouché ces années derrières où les femmes sont représentées dans ledit secteur. Je peux aujourd’hui, compter des femmes professionnelles du métier de l’énergie, ingénieures etc, des femmes actrices, para énergéticiennes, des entrepreneures qui ont une connaissance certaine du domaine.

Le secteur de l’énergie est très passionnant pour moi, c’est un secteur de développement, porteur d’activités et de plus-value. J’ai compris en réalité que quand bien même qu’il est masculinisé, le principal utilisateur de l’énergie sous toutes ses formes est la femme.

Par exemple : dans certaines de nos cultures, aller chercher du bois énergie est une tâche réservée à la femme qui en est l’utilisatrice ; la transformation du bois de chauffe en charbon, on voyait plus les femmes dans cette activité, du moment où les hommes ont compris que c’est une activité, source de revenus important, ils s’y sont investis, etc.

Quels sont les avantages dont bénéficie une femme qui travaille dans le secteur solaire/énergie ?

Les avantages sont énormes aujourd’hui, car elles ne sont pas nombreuses pour le moment. Les femmes sont très encouragées pour travailler dans le secteur, à travers le monde entier et au Bénin en particulier, des mesures d’accompagnement et d’encouragement sont mises à leur disposition pour les motiver à travailler ou entreprendre dans l’énergie. Il y a par exemple des bourses de formations professionnelles ou autres formations pour leur autonomisation, des accompagnements financiers, des prêts à taux réduit, etc.

Des activités visant à orienter et encourager les jeunes filles dans le secteur de l’énergie sont organisées. Il y a une confiance et une volonté manifeste de la part des partenaires techniques au développement à accompagner, soutenir et appuyer les femmes du secteur de l’énergie à développer leurs aptitudes, leurs initiatives dans les énergies renouvelables et la biomasse…. En d’autres termes, de nos jours il y a plusieurs opportunités pour la femme à s’investir dans le secteur de l’énergie.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées lors de votre formation ?

Personnellement aucune. Mais le constat fait est que certains hommes techniciens du secteur ne sont pas encore prêts à accepter qu’une femme du même niveau qu’eux ou plus soit leur cheffe.

Comment arrivez-vous à cumuler les responsabilités professionnelles et professionnelles ? Vous est-il déjà arrivé de partir au travail le cœur serré parce que vous auriez voulu rester à la maison pour vous occuper de votre progéniture ?

J’arrive à cumuler aisément mes responsabilités professionnelles et matrimoniales avec complexité et la complémentarité de mon époux.

A vrai dire, il m’est arrivé une fois d’avoir le cœur serré…. pour m’occuper de ma progéniture. Seulement que la réalité est là, il faut que je travaille pour subvenir à leur éducation, besoins en complémentarité à mon époux. Et surtout pour avoir mon autonomie économique et une indépendance financière.

Quel regard portez-vous sur la femme au sein de la société béninoise ?

C’est un regard positif, car la femme béninoise aujourd’hui a atteint une certaine maturité de pensée pour son autonomisation dans tous les domaines. Elle travaille pour.

L’émancipation de la femme est quelque part un frein à son épanouissement au sein de sa famille car on remarque que plus la femme est évoluée plus elle a des difficultés à s’équilibrer sur le plan matrimonial.

C’est discutable, parce que la femme émancipée qui se voit affranchir d’une autorité, d’une domination… doit faire l’effort de concilier les rôles qui lui sont dédiés à savoir : femme émancipée, femme au foyer et mère. Certes ce n’est pas facile mais la tête sur les épaules, elle peut parvenir à faire l’équilibre sur le plan professionnel et matrimonial en faisant la part des choses. Car l’époux reste l’époux. A moins qu’elle opte pour une vie de célibat…, nos réalités socio culturelles sont là.

Quelle est la responsabilité des femmes dans cet état de choses puisqu’elles ont des difficultés à se soumettre à leurs époux quand elles assument des responsabilités professionnelles ?

C’est vrai, c’est une réalité mais c’est discutable, je pense que c’est un complexe de la part de certains hommes d’avoir une femme d’un niveau moins élevé que eux. Ils pensent qu’ils ne seront pas respectés au même titre que si c’était le contraire. C’est l’esprit d’avoir le pouvoir de dominer la femme étant donné que nous sommes dans une société patriarcale où l’homme est le chef, les hante toujours.

Quelle est la responsabilité des femmes dans cet état de choses puisqu’elles ont des difficultés à se soumettre à leurs époux quand elles assument des responsabilités professionnelles ?

La responsabilité de la femme est de donner toujours à son mari la place qui lui revient, de le respecter en tant que mari et de le mettre en confiance. La femme doit nécessairement faire la part des choses. Assumer ses responsabilités professionnelles ne sont pas synonyme de abandonner ses responsabilités matrimoniales. Il faut toujours et en tout temps faire la part des choses pour vivre une vie harmonieuse. Mieux la femme gère sa vie matrimoniale, mieux elle est performante dans sa vie professionnelle.

Quels conseils avez-vous à l’endroit des femmes pour leur émancipation ?

Je conseille aux femmes pour leur émancipation d’être présentes sur le marché du travail, dans les activités dites masculines, gagner en autonomie et en reconnaissance. Dans cette affirmation qu’elle pense à leur rôle d’épouse et de mère pour la paix et l’harmonie au sein du foyer.

Avez-vous une préoccupation particulière à aborder ?

Je m’engage à travailler pour une meilleure représentativité des femmes du secteur de l’énergie sur le marché du travail et des affaires. Merci

Interview réalisée par Nafiou OGOUCHOLA

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Coronavirus : Patrice Talon a-t-il bien géré la lutte contre la pandémie ?

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Amoussou et Fagbohoun ont eu chaud

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Microfinance dans l’Uemoa : une hausse de dépôts dans les SFD en fin 2019 au Bénin

Selon le bulletin trimestriel de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao), l’encours des crédits des systèmes...

ECONOMIEIl y a 5 heures

Indice d’intégration régionale en Afrique : le Bénin dans le top 10 des pays de la CEDEAO

Le nouveau rapport sur l’intégration régionale en Afrique (ARII 2019) vient de classer le Bénin dans le top 10 des...