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La Zlecaf : le premier défi des pays comme le Bénin, «être les poubelles des plus organisées» selon Igué John

Le numéro 002 de l’émission «Le club de l’économiste», a eu pour invité, le jeudi 31 octobre 2019, le professeur Igué John. L’ex ministre, professeur agrégé de géographie à la retraite et directeur scientifique du Laboratoire d’analyse régionale et d’expertise sociale (Lares), a fait le tour d’horizon de l’actualité économique du Bénin. Il a parlé de la Zone de libre-échange continentale africaine.

Pour le professeur Igué John, la Zone de libre-échange continentale africaine, avant que cela ne marche, il faut que l’Uemoa règle la question de complémentarité du marché. Parce que selon lui, tant que les économies ne seront pas complémentaires, la Zone de libre-échange continentale africaine, ne profitera qu’aux grands pays qui sont bien organisés.

«On n’a pas encore réglé la question de l’Uemoa dans la complémentarité du marché. Vous savez, l’Uemoa est créée depuis 1994 et l’Uemoa fait toutes les réformes macroéconomiques pour que le marché se réalise. Mais c’est 11% du commerce régional aujourd’hui. On n’a pas réglé cette question. Comment faire pour que le commerce de l’Uemoa quitte les 11% et on va s’asseoir à Kigali. On ne s’est pas posé la question de savoir, pourquoi, depuis, c’est 11% seulement de commerce qu’on fait dans l’Uemoa or vous savez très bien que ces 11% sont restés ainsi parce que nos économies ne sont pas complémentaires. Le Burkina fait du coton, le Bénin fait du coton, le Mali fait du coton. Qu’est-ce vous voulez qu’on échange entre nous ? Donc il faut régler ça. De la même manière, la CEDEAO, pareille. Nous sommes tous dans les économies du coton, du café, du cacao, de l’ananas, qu’est-ce qu’on va commercer ? Puis on saute ça et on va faire la Zone du libre-échange continentale. J’appelle ça la fuite en avant devant les responsabilités essentielles. Or, quand on va décider de ça aujourd’hui, c’est les grands pays qui sont organisés qui vont en profiter. La question de poubelle qui gêne aujourd’hui le Nigéria, c’est ça qui va s’intensifier encore avec la Zone de libre-échange continental pour les pays qui ne sont pas organisés», a t-il indiqué.

Donc pour que la Zone de libre-échange continental fonctionne sans ambiguïté, il est nécessaire de régler la question «de complémentarité des économies, la question des infrastructures de communication et celle des moyens de payement».

Alors qu’au Bénin, ces facteurs liés au fonctionnement de cette Zone, sont loin d’être réglés selon le professeur Igué John. A cet effet, l’ex ministre, ne voit pas le Bénin dans une Zone d’échange continental. Car, souligne t-il, elle ne lui sera aucunement profitable.

«Qu’est-ce que vous allez mettre sur marché continental au Bénin ici ? C’est là la question de fond. Il ne s’agit donc pas de prendre une décision. Les pays qui sont intéressés par la Zone de libre-échange continentale aujourd’hui, c’est le Maroc. Vous voyez pourquoi, le Maroc voulait être membre de la CEDEAO ? Maintenant on l’a bloqué à ce niveau puis, il ne parle plus de la CEDEAO; le marché continental, c’est bien! L’Afrique du Sud, le Nigéria, la Tunisie, l’Egypte en partie, voilà les pays qui sont intéressés par la Zone continentale d’échanges. Dites-moi, le Bénin peut apporter quoi là-bas ? C’est une zone que les chefs d’Etats créent pour montrer aux gens qu’ils ne dorment pas. Mais son fonctionnement est lié à beaucoup de facteurs : la complémentarité des économies, la question des modes de payement. On n’a pas encore réglé la question monétaire. On peut faire un marché continental sans payer ? Mais avec quelle monnaie ? Et la question des infrastructures ? C’est autour de ses dispositions que se crée une zone continentale. Le Nepad a marché avec les voies transversales qu’on a mises en place ?», s’interroge Igué John. Il poursuit en ajoutant que : «La zone continentale ne peut pas marcher si on n’a pas réglé la question. Pour moi, c’est donc un discours au profit de quelques pays malins seulement».

Les défis des pays ayant intégré la Zlecaf…

Les défis auxquels feront face les pays ayant adhéré à la Zlecaf sont énormes. Mais le professeur Igué John en souligne un principalement. Selon le directeur scientifique du Laboratoire d’analyse régionale et d’expertise sociale (Lares), les pays non organisés comme le Bénin doivent accepter d’être «les poubelles des plus organisées» et s’appauvrire davantage.

«Le premier défi, être les poubelles des plus organisées. Or en devenant les poubelles des plus organisées, vous serez toujours en train de vous appauvrir parce que vous consommez sans vendre», martèle t-il.

Pour le professeur, la Zone de libre-échange continental africaine a été décidée sans discuter des préalabres. «Les préalables sont énormes à résoudre mais qui a pensé à ces préalables-là ?», s’est -il interrogé. A en croire le professeur Igué John, avant même de prendre son envol, la Zlecaf, est déjà un échec patent.

Par Victor MAHUNON

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