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Lutte contre la pauvreté au Bénin : les femmes, de grandes entrepreneures à encourager

Absent de la liste des 25 Etats les plus pauvres au monde au titre de l’année 2019, le Bénin aura eu, le mérite d’avoir engagé des réformes économiques et structurelles importantes. Cependant, la force de la pauvreté, n’étant sans nul doute invisible, des mesures allant du renforcement de l’aide publique aux femmes en milieu rural, sont nécessaires. Celles-ci, en effet, étant présentes dans presque tous les secteurs vitaux.

La pauvreté, ce phénomène qu’ont en commun beaucoup de pays en Afrique comme en Europe, ne cesse de susciter de faire pleuvoir des initiatives à n’en point finir. Au Bénin, patente en dépit de «la croissance économique stable et robuste depuis deux décennies» (selon la Banque Mondiale), elle ne laisse d’autres choix aux citoyens, notamment les femmes, que de se frayer un chemin dans l’informel.

Pour ainsi dire, au Bénin, de l’agriculture, à l’artisanat en passant par le commerce, il est aisé de constater qu’en matière de lutte contre la pauvreté, cette plaie commune aux Etats, l’apport des femmes reste d’actualité.

Si le Bénin, de 1,6% de croissance par habitant (en moyenne sur la période 2006-2016 selon la Banque Mondiale), est a réussi à s’extirper de la liste des 25 pays les plus pauvres au monde en 2019, au-delà des réformes économiques, structurelles, etc., il est important de relever le rôle salvateur que jouent les femmes, quoique mise à l’arrière-plan.

Bien que n’étant faiblement représentées dans les instances de prise de décisions, les femmes, dans le domaine agricole, interviennent sur plusieurs chaînes. Fortement présentes dans le secteur de l’agriculture, notamment en milieu rural, les femmes outre leur aptitude aux travaux champêtres, interviennent, on ne peut plus le dire, dans la transformation de nombre de produits dérivés de produits agricoles.

Du cas du nord du Bénin, c’est un secret de polichinelle que la transformation de karité quoiqu’enregistrant des hommes est investie à plus de 90% par des femmes (mariées ou non). En témoigne l’unité de transformation de karité (broyeurs, malaxeurs, aire de séchage…) et la série de formations offertes par l’USADF en 2019, aux femmes transformatrices de karité regroupées au sein de 13 associations (l’UGTKN) dans le septentrion.

Des femmes entrepreneures, est-on en mesure de dire car, au-delà de pouvoir subvenir à leur besoin et en même temps d’économiser, elles contribuent directement ou indirectement, au bien-être de leur famille et de leur entourage.

Variété de l’action entrepreneuriale

Résilientes, les femmes de tous les horizons du Bénin se sont engagées à être. Et leur combat au quotidien le prouve à suffisance. Si au nord, la transformation du karité mobilise celles pour qui, les institutions internationales et nationales appellent à une «discrimination positive», au centre du pays, précisément dans les Collines, sans oublier le Zou, elles s’adonnent à une panoplie d’activités.

En plus de l’agriculture qui occupe plus de la moitié des femmes de ces zones, les activités de transformations de quelques céréales comme l’arachide, le soja ne sont pas à occulter. Par ailleurs, c’est un secret de polichinelle que les coopératives de transformations du «manioc» majoritairement composées de femmes, pullulent les régions, permettant à celles-ci de s’offrir le minimum et de suivre à la mesure du possible leurs enfants scolarisés.

A propos, selon une publication de la Banque Mondiale sur son site, à propos de la pauvreté du Bénin, «les ménages dirigés par une femme s’en sortent comparativement mieux (28 % sont pauvres, contre 38 % pour les ménages dirigés par un homme), même si les femmes sont pénalisées par un manque d’accès aux opportunités économiques et sous-représentées dans les postes à hautes responsabilités».

Quant aux autres régions, les activités, aussi variées qu’elles sont, bénéficient de la vitalité et même de la solidarité dont font montre ces femmes. Pour sa part, classée deuxième vallée la plus riche au monde après le Nil en Egypte, la Vallée de l’Ouémé du Bénin, très fertile et dotée d’un important potentiel agricole s’élevant à plus de 70.000 hectares, enregistre un nombre important de femmes même si moins de 30% de cette superficie est actuellement exploitée (selon la Banque Africaine de Développement).

C’est d’ailleurs ce qui a conduit l’institution bancaire africaine (BAD) a lancé, en 2014, le Projet d’Appui aux infrastructures agricoles dans la Vallée de l’Ouémé (PAIA-VO) qui vise à accroître la productivité et à mettre en valeur les terres agricoles situées dans la vallée.

Les femmes et le commerce

Au-delà de leurs investissements dans l’agriculture et aussi dans la transformation des produits dérivés de celle-ci, les femmes, dans le commerce, y sont en grand nombre, pour ne pas souligner qu’elles constituent plus de la moitié des commerçants au Bénin. Quoique qu’en grande majorité, l’informel règne en maître.

Pour preuve, selon les résultats de l’Enquête Régionale Intégrée sur l’Emploi et le Secteur Informel (ERI-ESI), édition 2018, en Afrique et plus spécifiquement au Bénin, le secteur informel est le grand pourvoyeur de l’emploi avec 95,3% des travailleurs, contre 4,7% dans le secteur formel.

Même si de manière viable, les statistiques renseignant sur la part qu’occupe la gent féminine dans le commerce au Bénin ne sont pas disponibles, les grands défilés qui s’observent ça et là dans les marchés, les rues des villes et quartiers, les hangars installés à domicile, etc. sont plus qu’évocateurs de la réalité. Ce tableau des multiples investissements de la femme béninoise pour ne dire africaine, ne trompe aucunement le rapport 2016-2017 du Global Entrepreneurship Monitor (GEM). Au contraire, il le renforce.

En effet, selon le rapport 2016-2017 du Global Entrepreneurship Monitor (GEM) sur les femmes, l’Afrique a le pourcentage le plus élevé de femmes entrepreneures au monde, ce qui signifie qu’une femme sur quatre crée ou gère sa propre entreprise. Les femmes béninoises n’étant pas exclues de cet engagement, que serait le quotidien du peuple béninois sans ces femmes entrepreneures (par milliers) dans l’ombre ?

Accompagner les femmes pour un véritable développement à la base

Certes, les gouvernements qui se sont succédé ont fait de leur cheval de bataille, la lutte contre la pauvreté. Pour ce qui est de l’actuel gouvernement, un plan national de développement (PND) a été lancé en janvier 2019 pour la période 2018-2025 avec l’objectif d’atteindre les cibles prioritaires des Objectifs de développement durable (ODD).

Au-delà des microcrédits aux plus pauvres qui, de 2016 à 2018, ont permis à 15.000 femmes de bénéficier du soutien de l’Etat des actions plus solides permettraient de lutter contre la pauvreté, notamment à la base. Il s’agit entre autre d’investir dans le capital humain en donnant la chance aux populations des milieux éloignés d’avoir accès aux soins de santé et à l’éducation de qualité ; le renforcement de la résilience et la réduction de la vulnérabilité au climat.

Par ailleurs, pour favoriser l’inclusion financière, la transformation numérique en milieu rural reste un défi. Aussi, au vue des nombreux atouts dont dispose le Bénin pour le développement de son agriculture et en même temps créer de milliers emplois, il serait plus judicieux de créer un mécanisme de financement concurrentiel et de subventions équivalentes au profit des organisations paysannes afin d’inciter celles-ci à non seulement mieux faire, mais aussi à formaliser leurs entreprises.

Par Sylvestre TCHOMAKOU

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