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Perspectives économiques en Afrique Subsaharienne : «Les performances économiques du Bénin depuis 2017 s’améliorent»

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Karim Barhoumi, Représentant résident département Afrique FMI au Bénin a présenté à la presse, le résumé des dernières perspectives en Afrique Subsaharienne. Si globalement, tout semble rose, certaines réformes doivent être poursuivies et d’autres défis relever pour l’enracinement des économies et du développement. En abordant le cas du Bénin, il a expliqué que des efforts sont faits avec une amélioration des perspectives depuis 2017.

Que peut-on retenir des perspectives économiques en Afrique Subsaharienne ?

Globalement, ce qu’il faut retenir, c’est que l’Afrique Subsaharienne continue d’avoir une croissance qui est vigoureuse pour 2019 et pour 2020, cette croissance là elle a été révisée pour la plupart des pays en tenant compte des questions commerciales mondiales et la croissance pour 2020, elle est projetée à 3,6%. Cependant, le message le plus implorant, c’est comment rendre cette croissance encore plus vigoureuse et plus admissible ; c’est-à-dire que les autorités politiques des pays de l’Afrique subsaharienne doivent mettre en place beaucoup de réformes structurelles, d’un pour faire face à ce choc et de deux, pour aussi ouvrir des opportunités.

Au fait, avec la nouvelle génération qui arrive, nous estimons à 20 million sur le marché de l’emploi chaque année contre 10 million actuellement. Pour absorber toute cette jeunesse, il va falloir mettre en place des réformes. Il s’agit par exemple de comment améliorer la concurrence et l’environnement des affaires. Il y a aussi lieu de limiter et réduire les vulnérabilités qui sont liés à la dette même si on a noté avec cette situation la stabilisation du ratio dette en moyenne dans la culture subsaharienne, mais cette vulnérabilité demeure ; et il y a une urgence que les pays de l’Afrique subsaharienne mettent en place des réformes dans la gestion de la dette mais aussi des réformes de finances publiques qui sont très importante en particulier le chapitre sur les arriérées le montre.

Les arriérés ont augmenté depuis le choc de 2014 sur le terme de l’échange à 3,8% du PIB, or avoir des arriérés intérieur n’est pas bon parce que ça crée de la vulnérabilité à la fois pour le secteur privé, le secteur bancaire et troisième chose plus importante, c’est que ça sape la confiance qui peut exister entre les citoyens et l’Etat. Ce que je peux dire, le FMI a donné différentes recommandations, des recommandations qui varient d’un pays à l’autre et qui dépendent de la nature du choc et des poids du bilan et des fondamentaux de chacun des pays.

Votre présentation fait suite à la cinquième revue du FMI au Bénin, est une revue qui s’est achevée il y a quelques jours. Peut-on dire aujourd’hui que les performances économiques du Bénin sont rassurantes ?

Oui, je vais répéter ce qu’a dit le chef de mission suite à la conférence de presse avec le ministre des finances. Le FMI a achevé la cinquième revue du programme triennal entre le Bénin et le FMI. Ce que je peux vous dire, c’est qu’en plus de cette revue, il y a eu un accord sur les grands axes de la politique économique. Les résultats du programme, comme on l’a annoncé précédemment sont satisfaisants et continuent à être.

Tous les indicateurs de performances sur la moitié de 2019 ont été atteints avec les objectifs fi xés qui sont très satisfaisants. C’est des programmes de réformes pour lesquels, nous, communauté internationale, nous soutenons les autorités à mettre en place. Ce que je peux vous dire, les performances économiques du Bénin depuis 2017 s’améliorent ; le taux de croissance pour 2019 est prévu à 6,4%. Ça veut dire que nous sommes dans une perspective de croissance qui est encourageante. Maintenant, je retiens aussi la suite de votre question, certes c’est un très bon chiffre de croissance mais on ne va pas s’arrêter là.

Il faut que, cette croissance là soit continue, et soit plus inclusive, et ceci passe par la continuité des autorités béninoises à mettre en place déjà des réformes qui sont d’actualité, mais il y a d’autres réformes qui seront mis en place pour que vraiment, ce dividende de croissance soit partagé à toute la population béninoise. Ça passe par tout ce qui concerne les investissements publics, les dépenses sociales avec ces programmes sociaux et dépenses prioritaires qui seront respectés par les autorités pour notamment dans l’éducation, la santé et si on continue sur cette voie là, je crois que les résultats à court et à moyen terme seront très satisfaisants.

La plupart des pays de l’Afrique subsaharienne connaissent un taux de croissance vraiment impressionnant et rassurant, mais pourquoi cette performance n’impacte pas réellement le quotidien des populations. Encore une fois, c’est peutêtre parfois la lenteur de la mise en place des réformes structurelles. Encore, il faut aussi que l’économie soit plus diversifi ée. Si votre croissance provient essentiellement du secteur agricole, vous allez voir que c’est uniquement les gens du secteur agricole qui vont bénéficier de cette croissance qui est vigoureuse.

En plus des réformes structurelles, vous diversifiez votre économie essentiellement avec l’apport du secteur privé, pour rendre cette croissance plus inclusive, certes elle est faire peutêtre qu’elle ne bénéficie
pas à toute la population, et c’est pour cela que la mise en place de réforme structurelle est très importante pour diversifi er l’économie et rendre cette croissance plus inclusive.

Lors de son passage, la mission du FMI a constaté que le Bénin a fait beaucoup de progrès dans différents secteurs, quels sont ces secteurs Je vais d’abord du travail opiniâtre sans qu’on ne pose déjà un regard sur le cadre macro économique. Le cadre macro économique ne peut pas être sain si ne vous prenez pas certaines dispositions ou réformes. Le Bénin a entrepris beaucoup de réformes au niveau de l’amélioration des finances publiques. Le Bénin est contraint de mettre en place beaucoup de réformes au niveau de l’environnement des affaires.

A propos, vous avez vu le dernier rapport Doing business, on sent une amélioration. Le Bénin a mis en place aussi des réformes en ce qui concerne le cadre de la gouvernance. Tous ces aspects font que les choses s’améliorent ; certes petit à petit mais nous allons dans la même direction si vous voyez la mise en place de certains investissements publics et d’infrastructures, c’est des choses qui sont encourageants.

Qu’est-ce qui pénalise parfois l’attraction du secteur privé ? Si vous n’avez pas de route et si vos n’avez pas de l’énergie, personne ne peut venir investir, donc je pense que les choses s’améliorent quand je regarde un peu. Ce n’est pas ma spécialité mais je constate comme vous par exemple qu’au niveau de l’éducation, on essaie d’améliorer le niveau des enseignants, regarder du niveau du secteur de la santé, il y a certaines réformes qui sont mises en place ; le projet ARCH qui est passé de sa phase pilote, maintenant avec une segmentation ; des populations qui sont très-très pauvres aux populations qui sont très pauvres, dépendant de la vulnérabilité de la population donc je pense que nous sommes sur la bonne voie.

Le Bénin améliore sa croissance comme beaucoup d’autres pays d’Afrique subsaharienne, est-ce que peut dire que 2020 s’annonce comme une année de mieux être pour les populations ?

C’est ce qu’on espère, toute projection ou perspective de croissance dépend de certains risques surtout l’environnement extérieur, lorsqu’il est un peu diffi cile. Mais je pense que l’économie béninoise a montré par le passé et est en train de montrer encore des signes de résilience, vous vous rappelez tous, le choc de 2015 qui était couplé à la fois de la mauvaise condition climatique puis le ralentissement de l’économie nigériane, elle a eu des conséquences sur l’économie béninoise en montrant certains signes de résilience et là, pour le moment, ce qu’on voit, c’est que l’économie béninoise se comporte d’une manière très correcte.

Autre chose, je vois que votre question fait allusion à la situation actuelle avec le Nigéria, situation pour nous qui est temporaire, laissons les autorités discuter entre elles et si la situation se décante, les perspectives de croissance pour le Bénin pourraient se maintenir.

Par Bidossessi WANOU

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Abdel Aziz Assani : «Sèmè City doit être partenaire des incubateurs en place»

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Au Bénin, pour accompagner les startups à concrétiser leurs projets en entreprise, les centres d’incubation ne cessent de multiplier les actions devant conduire au succès souhaité. Dans ce nouveau numéro de la rubrique ‘’Entrepreneuriat et industrie», Abdel Aziz Assani, responsable de l’espace d’incubation «Btech Space», présente l’apport des incubateurs dans l’essor de l’entrepreneuriat béninois. Entretien.

Comment présentez-vous Btech Space ?

Btech Space, c’est un espace de co-working. C’est un espace qui permet aux jeunes de travailler dans un environnement serein et dans un écosystème entrepreneurial pour avoir non seulement la disponibilité et l’espace, mais aussi pour confronter leurs idées avec d’autres personnes qui sont dans une démarche entrepreneuriale.

C’est d’abord la motivation première de Btech Space. Mis à part cet espace de co-working, il y a un incubateur d’entreprises, c’est-à-dire des programmes qui permettent aux entreprises d’être accompagnées en termes de formation et en termes de recherche de financements.

Btech Space, pour répondre à quelle préoccupation ?

Moi-même je suis chef d’entreprise et j’ai eu à passer par un espace de co-working en France avant de créer mon entreprise. Je me suis rappelé que c’était agréable pour moi d’avoir un espace où j’avais la possibilité de quitter la maison, d’être accompagné par des gens et aussi d’échanger avec d’autres personnes qui avaient les mêmes idées que moi.

Je l’ai fait à Lyon, je suis resté dans un espace d’incubation pendant deux (02) ans avant de créer ma première entreprise. Alors du coup, je me suis rappelé cela quand j’ai décidé de rentrer au Bénin. J’ai voulu apporter ma pierre à l’édifice en créant un espace pour les jeunes qui ont envie d’entreprendre voilà pourquoi j’ai pensé à mettre en place un pareil espace.

De quoi est fait votre quotidien au niveau du centre d’incubation ?

Nous accueillons des jeunes avec qui nous discutons tout en leur présentant les possibilités qu’ils ont pour intégrer notre structure ainsi que les avantages qui vont avec. Par ailleurs, nous organisons des programmes de formation qui font partie du programme d’accompagnement. Notre particularité, nous ne sommes pas axé sur les domaines de la technologie, agroalimentaire ou agrobusiness. On accueille les jeunes dans tous les secteurs d’activités.

De manière pratique, comment ça se passe ? Selon quels critères sélectionnez-vous les jeunes entrepreneurs ?

Nous acceptons tout le monde. L’objectif premier est que les gens aient envie d’entreprendre, qu’ils aient un niveau scolaire ou pas. On a une petite contrainte qui en réalité n’en est pas une. On demande aux jeunes de payer 10.000 FCFA pour occuper l’espace qui est ouvert de 9 heures à 20 heures avec la connexion wifi, un accompagnateur, des coachs qui sont là pour les aider, les aiguillonner sur les questions éventuelles qu’ils auront. Donc ça coûte 10 mille FCFA pour un mois.

En termes d’accompagnement, on a trois sortes d’accompagnement. Le premier est le coaching pour tout le monde. C’est-à-dire qu’il y a des personnes ressources présentes à qui ils peuvent poser des questions auxquelles ils auront de réponse. Le deuxième niveau d’accompagnement est le programme d’incubation où ils sont dans un programme de formation sur diverses thématiques liées à l’entrepreneuriat, au management, à la communication, au graphisme, aux finances, etc.

A partir de là, on les accompagne réellement à la mise en place de leur plan d’affaires, le business plan. Il y a maintenant un troisième niveau d’accompagnement qui est le développement. Ce volet s’adresse aussi bien aux startups naissantes qu’aux entreprises déjà existantes. C’est-à-dire des entreprises qui viennent d’être créées ou des entreprises qui existent déjà et qui ont besoin de lever des fonds que ce soit pour leur lancement ou pour un projet particulier.

On a une dizaine de possibilités de levée de financements qui ne sont pas les mêmes choses selon les projets. Voilà les trois niveaux. Quand vous entrez à Btech Space, vous avez toutes les différentes possibilités de création d’activités. Notre objectif est de donner aux jeunes la capacité d’entreprendre.

Ce qu’on a constaté depuis 4 ans que nous existons, c’est qu’il y a énormément de personnes qui veulent entreprendre mais ils ont très peu de possibilité. Je dis souvent qu’une ville comme Cotonou doit comporter au minimum 100 incubateurs d’entreprises, vue sa capacité et sa taille.

Le bilan du parcours observé, comment l’analysez-vous ?

Il faut que des initiatives comme les nôtres soient encouragées aussi bien par les pouvoirs publics que par ceux qu’on peut appeler les décideurs économiques du privé. Parce que c’est très difficile aujourd’hui de voir des gens qui sont prêts à mettre de l’argent sur un projet quand bien-même ils ont de l’argent qui dorment en banque.

Mais, l’Etat ne leur a pas facilité la tâche parce que non seulement les programmes étatiques n’ont pas permis de communiquer sur les avantages d’être un «business angel» (investisseur providentiel), comme quoi, si vous mettez de l’agent dans un projet, ça vous permet d’avoir des exonérations fiscales, comme ça se fait ailleurs.

Au lieu de payer les impôts avec cet argent, vous le mettez dans une entreprise et vous payez vos impôts en aidant une entreprise à se créer et à créer de la richesse. Donc il y a une faible incitation des personnes qui ont de l’argent à aider d’autres.

La deuxième chose qu’on a constatée, c’est la frilosité des banques de la place à suivre et à accompagner les entreprises. D’ailleurs, les banques au Bénin ne s’intéressent pas trop aux entreprises parce qu’elles ne font pas de démarches vers celles-ci. S’il arrive à certaines entreprises de décrocher de financement, c’est avec des taux d’intérêts exorbitants compris entre 10 et 20%.

Alors qu’ailleurs, pour une startup, ce sont des prêts à 0%, au maximum 3%. L’Etat et les structures doivent se pencher sur ça pour proposer des solutions durables parce qu’on ne peut pas vouloir aider une entreprise et mettre des taux exorbitants. L’autre chose est que l’Etat doit considérer les structures qui sont en contact permanent avec les entrepreneurs. Quand je vois des structures comme Sèmè City, ce sont des structures qui font leur travail.

Mais Sèmè City doit aussi travailler avec les incubateurs et non se substituer aux incubateurs parce que les incubateurs sont déjà sur place et travaillent. Sèmè City a de l’argent public et concurrence les incubateurs qui n’ont pas de l’argent public. Du coup, ça biaise le travail.

Sèmè City doit pouvoir être partenaire des incubateurs en place. Et au lieu de mener des programmes directement avec les autres, il doit mener des programmes avec les incubateurs qui existent déjà. Il y a énormément de jeunes qui veulent créer de la richesse.

Des projets à court, moyen et à long terme ?

On a bien de projets à court, moyen et long terme. On a engagé des partenariats avec l’université d’Abomey-Calavi en occurrence le Centre de Formation en entrepreneuriat et en volontariat avec qui on a un partenariat dynamique. Désormais, Btech Space travaille avec les jeunes pour qu’ils aient la vision académique et universitaire de l’entrepreneuriat. Ils viennent aussi chez nous pour toucher du doigt la réalité du travaille.

On a aussi un partenariat avec le Haut Commissariat des béninois de l’étranger pour permettre aux Béninois qui sont hors du pays, de commencer à investir en créant leurs entreprises au pays. Déjà il y a des Béninois qui sont aux Etats Unis, en France, au Canada qui ont lancé leur startup par Btech Space. On est en train de formaliser un partenariat avec d’autres organisations. Je ne vais pas aussi oublier le programme «Boss lady» qui est un programme pour accompagner les femmes dans l’entrepreneuriat.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans l’exercice de vos activités ?

Il faut noter que les jeunes malgré le prix dérisoire de 10.000 FCFA par mois, n’arrivent pas à payer. Sur 100 jeunes qui viennent, à peine 10 arrivent à payer. Ne pouvant pas renvoyer le reste, on est obligé de faire avec l’ensemble. On ne leur en veut pas, c’est le climat financier qui est ainsi. Ce qui fait qu’on est obligé d’augmenter notre besoin en fonds de roulement et aussi de créer d’autres activités rémunératrices de revenus pour la structure parce qu’on n’a pas d’accompagnement particulier.

Combien de jeunes ont pu bénéficier de vos services depuis 2016 ?

De 2016 à 2020, nous comptons près de 500 jeunes inscrits. Parmi ceux-ci, il y a une cinquantaine qui a suivi le programme de formation, et, il y a une quinzaine qui a fait partie du programme de levée de fonds.

Quelle politique entrepreneuriale proposez-vous pour le développement des startups béninoises ?

Aujourd’hui, deux problématiques sont évidentes. S’il n’y a pas de l’argent, il n’y a pas de création d’entreprise. Il faut donc mettre en place un fonds qui pourrait faire des prêts à taux zéro pour ces jeunes, parce que les banques ne sont pas là, ni pour les entreprises ni pour les startups.

Evidemment, pour attribuer des financements aux postulants, il faut tenir compte des filières et que les jeunes soient suivis par de vrais incubateurs. L’autre problématique est celle de l’industrie de la transformation. 90% des produits que les jeunes veulent fabriquer ici ont besoin de machines qui sont achetées en Chine.

C’est un gros problème. Les jeunes ont besoin de machines alors que ces machines ne sont pas sur la place. Donc l’Etat doit aider cette frange de la population qu’on appelle «génies des procédés» à mettre en place des machines pour faire des emballages, pour faire de la combustion.

On a besoin de développer le génie des procédés et du machinisme au Bénin. La révolution entrepreneuriale ne que peut passer par là. Un exemple simple. On a du sable de verrerie au Bénin mais les gens pour embouteiller leurs produits sont obligés de commander des bouteilles à l’extérieur. Cela ne facilite pas la tâche aux entrepreneurs.

C’est pour ça que je dis que les structures comme l’ANPME et autres ne font pas encore leur boulot. Ce sont eux qui doivent prendre à cœur ce travail et, mettre en place des structures pour que nos jeunes arrêtent de commander des bouteilles en Europe et en Chine. On doit pouvoir produire ça au Bénin.

Pour faire la révolution de la transformation de nos produits, il faut pouvoir faire la révolution du génie des procédés, de la création des machines. 99% des startups qui ont réussi, c’est parce que leurs parents ont sorti des fonds pour les pousser. Si ces parents n’existaient pas, il n’existera pas de startup.

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Interview avec Anne-Marie Gnancadja Bonou : «Le secteur de l’énergie est source d’activités et de plus-value»

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La place de la femme dans le processus de développement d’une nation n’est plus chose à dire. Au Bénin, elles sont nombreuses qui, depuis quelques années exercent dans les mêmes conditions que les hommes pour l’essor de l’économie quel que soit leur secteur. C’est le cas de la cheffe de la cellule genre et développement du ministère de l’Energie, avec rang de Directrice technique, Anne-Marie Gnancadja Bonou. A travers cette interview, elle nous permet une incursion dans sa vie, son travail et les réalités de son quotidien. Lire ci-dessous, l’intégralité de ladite interview.

Comment pouvez-vous présenter votre travail ?

Anne-Marie Gnancadja Bonou : Mon travail consiste à veiller et assurer l’intégration du genre dans les actions, activités, projets et programmes du secteur de l’énergie au Bénin en vue de la réduction des inégalités sociales dans l’accès à l’énergie et aux services. De même, je suis appelée à veiller à la prise en compte de la dimension ou de l’approche genre de façon transversale aux niveaux institutionnel, programmatique et partenarial.

Donnez-nous un bref aperçu de votre cursus scolaire jusqu’à l’université.

Je suis titulaire du CEFEB, du BEPC et CAP/EB, d’un baccalauréat G1, d’une maîtrise en Sociologie-Anthropologie, d’un Diplôme d’Etudes Supérieure et Spécialisée en Gestion des Projets et Développement Local (DESS GPDL) et d’un Diplôme d’expert en Genre et Développement : Institut des Hautes Etudes Internationales et du Développement (Genève, Suisse)

Pourquoi avoir choisi de faire carrière dans les métiers liés à l’énergie solaire/énergie ?

J’ai commencé ma carrière professionnelle au ministère de l’Energie. Et je m’y plais bien vu la diversité de ce secteur.

Qu’est-ce qui vous a motivé à avancer malgré tous les préjugés auxquels font face les femmes dans la société béninoise ?

Je reconnais que dans un passé récent le secteur de l’énergie était fortement masculin donc réservé aux hommes. Mais beaucoup de choses ont changé, des lignes ont bouché ces années derrières où les femmes sont représentées dans ledit secteur. Je peux aujourd’hui, compter des femmes professionnelles du métier de l’énergie, ingénieures etc, des femmes actrices, para énergéticiennes, des entrepreneures qui ont une connaissance certaine du domaine.

Le secteur de l’énergie est très passionnant pour moi, c’est un secteur de développement, porteur d’activités et de plus-value. J’ai compris en réalité que quand bien même qu’il est masculinisé, le principal utilisateur de l’énergie sous toutes ses formes est la femme.

Par exemple : dans certaines de nos cultures, aller chercher du bois énergie est une tâche réservée à la femme qui en est l’utilisatrice ; la transformation du bois de chauffe en charbon, on voyait plus les femmes dans cette activité, du moment où les hommes ont compris que c’est une activité, source de revenus important, ils s’y sont investis, etc.

Quels sont les avantages dont bénéficie une femme qui travaille dans le secteur solaire/énergie ?

Les avantages sont énormes aujourd’hui, car elles ne sont pas nombreuses pour le moment. Les femmes sont très encouragées pour travailler dans le secteur, à travers le monde entier et au Bénin en particulier, des mesures d’accompagnement et d’encouragement sont mises à leur disposition pour les motiver à travailler ou entreprendre dans l’énergie. Il y a par exemple des bourses de formations professionnelles ou autres formations pour leur autonomisation, des accompagnements financiers, des prêts à taux réduit, etc.

Des activités visant à orienter et encourager les jeunes filles dans le secteur de l’énergie sont organisées. Il y a une confiance et une volonté manifeste de la part des partenaires techniques au développement à accompagner, soutenir et appuyer les femmes du secteur de l’énergie à développer leurs aptitudes, leurs initiatives dans les énergies renouvelables et la biomasse…. En d’autres termes, de nos jours il y a plusieurs opportunités pour la femme à s’investir dans le secteur de l’énergie.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées lors de votre formation ?

Personnellement aucune. Mais le constat fait est que certains hommes techniciens du secteur ne sont pas encore prêts à accepter qu’une femme du même niveau qu’eux ou plus soit leur cheffe.

Comment arrivez-vous à cumuler les responsabilités professionnelles et professionnelles ? Vous est-il déjà arrivé de partir au travail le cœur serré parce que vous auriez voulu rester à la maison pour vous occuper de votre progéniture ?

J’arrive à cumuler aisément mes responsabilités professionnelles et matrimoniales avec complexité et la complémentarité de mon époux.

A vrai dire, il m’est arrivé une fois d’avoir le cœur serré…. pour m’occuper de ma progéniture. Seulement que la réalité est là, il faut que je travaille pour subvenir à leur éducation, besoins en complémentarité à mon époux. Et surtout pour avoir mon autonomie économique et une indépendance financière.

Quel regard portez-vous sur la femme au sein de la société béninoise ?

C’est un regard positif, car la femme béninoise aujourd’hui a atteint une certaine maturité de pensée pour son autonomisation dans tous les domaines. Elle travaille pour.

L’émancipation de la femme est quelque part un frein à son épanouissement au sein de sa famille car on remarque que plus la femme est évoluée plus elle a des difficultés à s’équilibrer sur le plan matrimonial.

C’est discutable, parce que la femme émancipée qui se voit affranchir d’une autorité, d’une domination… doit faire l’effort de concilier les rôles qui lui sont dédiés à savoir : femme émancipée, femme au foyer et mère. Certes ce n’est pas facile mais la tête sur les épaules, elle peut parvenir à faire l’équilibre sur le plan professionnel et matrimonial en faisant la part des choses. Car l’époux reste l’époux. A moins qu’elle opte pour une vie de célibat…, nos réalités socio culturelles sont là.

Quelle est la responsabilité des femmes dans cet état de choses puisqu’elles ont des difficultés à se soumettre à leurs époux quand elles assument des responsabilités professionnelles ?

C’est vrai, c’est une réalité mais c’est discutable, je pense que c’est un complexe de la part de certains hommes d’avoir une femme d’un niveau moins élevé que eux. Ils pensent qu’ils ne seront pas respectés au même titre que si c’était le contraire. C’est l’esprit d’avoir le pouvoir de dominer la femme étant donné que nous sommes dans une société patriarcale où l’homme est le chef, les hante toujours.

Quelle est la responsabilité des femmes dans cet état de choses puisqu’elles ont des difficultés à se soumettre à leurs époux quand elles assument des responsabilités professionnelles ?

La responsabilité de la femme est de donner toujours à son mari la place qui lui revient, de le respecter en tant que mari et de le mettre en confiance. La femme doit nécessairement faire la part des choses. Assumer ses responsabilités professionnelles ne sont pas synonyme de abandonner ses responsabilités matrimoniales. Il faut toujours et en tout temps faire la part des choses pour vivre une vie harmonieuse. Mieux la femme gère sa vie matrimoniale, mieux elle est performante dans sa vie professionnelle.

Quels conseils avez-vous à l’endroit des femmes pour leur émancipation ?

Je conseille aux femmes pour leur émancipation d’être présentes sur le marché du travail, dans les activités dites masculines, gagner en autonomie et en reconnaissance. Dans cette affirmation qu’elle pense à leur rôle d’épouse et de mère pour la paix et l’harmonie au sein du foyer.

Avez-vous une préoccupation particulière à aborder ?

Je m’engage à travailler pour une meilleure représentativité des femmes du secteur de l’énergie sur le marché du travail et des affaires. Merci

Interview réalisée par Nafiou OGOUCHOLA

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