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Reconnaissance de la chefferie traditionnelle : «C’est un retard que le Bénin vient de corriger» dixit le roi de Kika

La 8ème législature, il y a quelques semaines, a modifié la Constitution du 11 décembre 1990 en y insérant une disposition relative à la chefferie traditionnelle. Dans cet entretien, le secrétaire général du Haut conseil des rois du Bénin (HCRB), Sa majesté Gangoro Suambou, après cette décision importante, a dit les gratitudes des rois du Bénin à l’endroit du président de la République, Patrice Talon qui a joint l’acte à la parole.

Aussi, le monarque a-t-il exhorté les autorités à les consulter pour qu’ils fassent des propositions concrètes pour parfaire la loi et son décret d’application. Ces propos ont également permis de connaitre les démarches qui ont concouru à cet acte des députés. Lisez cet entretien que Sa majesté Gangoro Suambou, roi de Kika et Secrétaire général du Haut Conseil des rois du Bénin, a accordé à votre rédaction.

La nouvelle Constitution vient de reconnaitre officiellement la chefferie traditionnelle au Bénin. Vos impressions ?

Mes impressions sont bonnes. C’est une lutte que nous menons depuis des années. Il y a même un code sur la chefferie traditionnelle déposé à l’Assemblée nationale depuis 15 ans et, qui n’a jamais vu jour. Aujourd’hui, c’est chose faite. La reconnaissance officielle de la chefferie traditionnelle est une bonne chose. Cela permet à chaque roi de se situer et, bénéficier véritablement du respect qui est dû à son rang de la part de la population. Car, nous étions un nombre pléthorique. Cette reconnaissance de la Constitution aménagera la chefferie traditionnelle.

Il va rester maintenant la loi et son décret d’application qui pourront définir l’organisation, l’attribution et le fonctionnement de la royauté dans notre pays. Cela permettra aussi à l’Etat de planifier le domaine. Nous pouvons nous réjouir actuellement de notre prise en compte par cette Constitution qui nous institutionnalise. Un acte qui fait de nous une institution d’Etat avec tout ce que cela comporte. C’est en cela que nous saluons le Chef de l’Etat, Patrice Talon, pour avoir initié cet événement heureux qu’est le dialogue politique. Nous le remercions aussi pour avoir pensé aux rois aujourd’hui.

Car depuis 1960, le temps de l’indépendance jusqu’à ce jour, aucune Constitution n’a pris en charge la chefferie traditionnelle ou la royauté. Aujourd’hui, c’est chose faite. Nous ne pouvons que nous réjouir et, remercier les honorables députés qui ont eu le courage de réviser la Constitution de 1990. Ceci, dans le bon sens parce qu’ils n’ont pas touché aux fondamentaux qui sont des tabous. On ne peut que leur dire bravo. C’est une très bonne chose pour la communauté traditionnelle et la royauté.

D’ailleurs, dans la sous-région, nous étions les derniers. C’est un retard que notre pays, le Bénin vient de corriger. Si vous prenez le Nigeria à côté, l’administration est calquée à partir de la tradition. Ce qui fait que les rois au Nigeria sont très forts, très puissants dans les pays anglophones en général. En Côte-d’Ivoire, le président Alassane Ouattara a pris des dispositions pour reconnaitre officiellement la chefferie traditionnelle. Il y a même un siège qui a été créé pour chaque catégorie de rois. Au Niger et au Togo, c’est également chose faite depuis. Dans ce cas, nous avons le devoir de définir toute notre gratitude à l’endroit de l’actuel président de la République du Bénin.

Est-ce qu’avant cette reconnaissance de la chefferie traditionnelle par la Constitution modifiée, les rois ont été approchés ?

Si aujourd’hui le Bénin emboîte le pas aux pays de la sous-région, nous ne pouvons que remercier le Chef de l’Etat pour sa bonne volonté et le respect de la parole dont il fait montre. Car, nous avons tenu plusieurs rencontres avec lui puis, il nous a fait la promesse. Il a même mis sur pied une Commission interministérielle pour étudier nos propositions.

Malheureusement, les différentes tentatives pour réviser la Constitution dès son arrivée au pouvoir, ont connu des échecs. Aujourd’hui, la Constitution est révisée et, les textes ont pris en compte les conclusions de nos différents échanges. C’est dire que nous sommes réellement reconnus aujourd’hui par notre loi fondamentale. Nous remercions sincèrement à cet effet le chef de l’Etat.

Avez-vous actuellement quelques pistes pouvant servir de boussole aux députés pour parfaire la loi ?

Nous avions eu à organiser un forum de la chefferie traditionnelle, des dignitaires et des rois, au cours duquel des critères clairs et valables pour être roi et, pour qu’un territoire soit un royaume, ont été énumérés. Ce sont de bons critères qui puissent être exploités afin qu’un territoire devenu royaume et qu’un roi choisi ne soient pas contestés.

En tout cas, toutes les normes y sont définies. Nous croyons déjà qu’avec les conclusions de ce forum, une bonne loi peut être votée et, un bon décret d’application convenable peut être pris. Nous sommes persuadés qu’avant le vote de la loi devant définir l’organisation, l’attribution et le fonctionnement de la chefferie traditionnelle, les structures compétentes vont nous approcher afin d’avoir des idées essentielles pour le travail. Car, nous-même avons des propositions à faire pour parfaire la loi.

Je vous remercie !

Propos recueillis par Omer HOUESSOU

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