BÉNIN24 TÉLÉVISION
L'actualité en continu et en temps réel

Relations tendues Rwanda-Afrique du Sud : Kagamé-Ramaphosa, la vérité ! (Violences xénophobes ou mandat d’arrêt ?)

Une vive indignation de la part des dirigeants africains a été enregistrée suite aux violences xénophobes en Afrique du Sud. Parmi eux, le président Paul Kagamé du Rwanda. Celui-ci, a-t-il profité de cette situation de vendetta pour régler les comptes au pays de Mandela qui vient de décerner deux mandats d’arrêt dans le dossier d’assassinat du rwandais Patrick Karegeya ? Celui-ci a été retrouvé étranglé, le 1er janvier 2014, à Johannesburg, dans une chambre de l’hôtel Michelangelo.

Le président rwandais, Paul Kagamé, a vertement critiqué l’Afrique du sud. Il a même souhaité que l’Union africaine se réunisse pour sanctionner ce pays en la mettant au ban des accusés. Et quand il a donné le ton des grandes manœuvres suite à ces violences xénophobes en Afrique du Sud d’autres chefs d’Etat en ont profité pour faire planer leur volet de bois verts. C’est le cas du président nigérian, Muhammadu Buhari, concerné à plus d’un titre et qui s’est dit “très inquiet” face à ces violences contre les immigrés africains, notamment, ses compatriotes.

Le président zambien, Edgar Lungu, a appelé pour sa part, ses concitoyens locaux et de la diaspora à “rester calme et à se désengager des actes de violences”. La Zambie a également annulé un match de foot contre l’équipe sud-africaine.

Quant au président de la Commission de l’Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, il a dénoncé des attaques “abjectes”. Il a, en outre, appelé à ce que des “mesures préventives soient prises pour protéger la vie des personnes et leurs biens, veiller à ce que les auteurs de ces actes soient traduits en justice et que des réparations soient accordées aux victimes”.

Outre ces personnalités africaines, les activistes et leaders d’opinion n’ont pas manqué de condamner ces actes de violences. Certains parmi cette catégorie, ont poussé loin le bouchon, en appelant au “boycottage total” des entreprises sud-africaines, telles que le géant des télécoms MTN ou Vodacom, voire le fournisseur de programmes télévisés DSTV.

De toutes ces réactions, celle de Paul Kagamé résonne plus que toutes les autres. Mais est-elle anodine ? Pourquoi une telle virulence chez le président rwandais contre le pouvoir de Johannesburg ? La question mérite d’être posée.

En effet, deux mandats d’arrêt ont été décernés contre des rwandais dans le dossier d’assassinat de leur compatriote Patrick Karegeya. De ce fait, Paul Kagamé allait-il enfourcher ce cheval et dégainer contre l’Afrique du Sud s’il n’y avait pas eu ces deux mandats d’arrêt en dépit des violences xénophobes?

En effet, si Paul Kagamé a taclé de la sorte son homologue Cyril Ramaphosa, certains analystes avertis tiennent à faire le lien entre les deux contextes. Il s’agit des violences xénophobes en Afrique du sud contre les ressortissants africains et l’émission des mandats d’arrêt dans l’affaire du meurtre de l’ex-chef du renseignement rwandais, devenu opposant au régime de Kigali, Patrick Karegeya.

Pour mémoire, cet allié et pilier du pouvoir de Paul Kagamé, a fait défection et s’était réfugié en Afrique du Sud. Dans ce pays, il est devenu un adversaire résolu au régime de Kigali. Ce qui en son temps avait jeté un grand froid sur les relations entre les deux pays à l’époque de Jacob Zuma. Mais l’ancien président du pays de l’Arc-en-ciel et la justice de son pays ont tempéré dans une certaine mesure les enquêtes pendant près de cinq ans. Résultat, le parquet a refusé de lancer des poursuites afin d’éviter une crise diplomatique entre le Rwanda et l’Afrique du Sud.

Mais la prise des rênes par Cyril Ramaphosa semble être un élément modificateur de cette ancienne donne. La suite, on la connait. Plus de cinq ans après cet acte funeste d’assassinat, la justice sud-africaine a lancé des mandats d’arrêt contre deux ressortissants rwandais, suspectés d’avoir participé à l’assassinat de Patrick Karegeya retrouvé étranglé, le 1er janvier 2014, à Johannesburg, dans une chambre de l’hôtel Michelangelo

Deux suspects dans le collimateur

Le parquet sud-africain a finalement relancé l’affaire en février 2019, puis à délivré, ce mois-ci, deux mandats d’arrêt. Ces derniers visent deux ressortissants rwandais Ismael Gafaranga, un homme d’affaires qui aurait servi à appâter M. Karageya dans une chambre d’hôtel et Alex Sugira.

Selon Kennedy Gihana, l’un des avocats de la famille Karegeya, les informations distillées par la justice et la police sud-africaines, au-delà de ces deux suspects nommément cités, deux autres rwandais seraient également visés. Il s’agit de Samuel N. et Vianney N, également membres présumés du commando, ayant loué des chambres dans l’hôtel où le meurtre a été commis. Quant à ces deux suspects, les investigations doivent se poursuivre pour que des mandats d’arrêt soient délivrés contre eux.

Alors que les violences xénophobes en Afrique du sud se déroulaient, l’émission de mandat d’arrêt n’a pas arrangé les relations entre les deux pays. Paul Kagamé en a profité pour titiller son homologue Cyril Ramaphosa. Ce dossier d’assassinat et de mandat d’arrêt vont-t-ils accentuer l’atmosphère de crispation entre les deux pays et rendre difficiles leurs relations diplomatiques ? Voilà qui démontre que ceux qui tentent de faire un lien entre les mandats d’arrêt et le réquisitoire véhément de Paul Kagamé n’ont pas totalement tort.

Arrêt sur personnalité

Le colonel Patrick Karegeya, était précédemment dans son pays, le chef des services des renseignements extérieurs du Rwanda. Ami d’enfance et compagnon d’armes du président rwandais, Paul Kagame, le colonel Karegeya était devenu, quelques années après avoir été arrêté suite à des accusations d’insubordination et de désertion, l’un de ses opposants les plus farouches. Il a été retrouvé mort et étranglé, le 1er janvier 2014, à Johannesburg, dans une chambre de l’hôtel Michelangelo.

Mais contrairement à Patrick Karegeya, le général Faustin Kayumba Nyamwasa, également exilé en Afrique du Sud, a été plus chanceux. Celui-ci a échappé à aux moins deux tentatives d’élimination en Afrique du Sud.

Le général Faustin Kayumba était le leader du Rwanda National Congress (RNC, Congrès national rwandais), un mouvement d’opposition dans lequel se retrouvent d’autres anciens dignitaires déçus du régime de de Paul Kagamé.

Face à cette situation, que fera Cyril Ramaphosa ? ‘’Torpiller’’ la procédure pour calmer la fureur de Paul Kagamé ou laissera-t-il la procédure judiciaire se poursuivre ?

Par Germain TEKLY, correspondant en France

Rejoignez-nous sur Facebook
Nous sommes aussi sur Twitter
Application Android

Disponible sur Google Play

 

Immobilier Bénin

ACTUALITÉS RÉCENTES

ACTUALITÉS RÉCENTES

ACTUALITÉS À LA UNE

ACTUALITÉS À LA UNE

RÉVISION DE LA CONSTITUTION

RÉVISION DE LA CONSTITUTION

LAISSER UN COMMENTAIRE

Votre adresse email ne sera pas publiée.