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Rencontres Africa 2019 : opportunités d’investissement et coopération Sud-Sud

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Les rencontres Africa seront à leur quatrième édition cette année. Prévues pour se dérouler les 21 et 22 octobre 2019 à Skhirat – Centre International de Conférences Mohammed VI au Maroc puis les 24 et 25 octobre 2019 au Diamniadio – Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) du Sénégal, cette messe d’affaires mobilisera plus de 5000 décideurs d’affaires privés dont 600 dirigeants français et 4000 africains en provenance de 24 pays du continent. A l’organisation, le groupe Classe Export.

Plus de 2000 rendez-vous d’affaires, des milliers de participants et de rendez-vous B to B concrétisés. Quatre années d’expérience déjà au service du développement et de la promotion des affaires en Afrique et en France. Les Rencontres Africa, inconditionnelles tribunes de décideurs africains, français et d’ailleurs ont fait leurs preuves et continuent d’impacter.

Contrairement aux éditions antérieures, la quatrième se déroulera dans deux pays à savoir le Maroc, les 21 et 22 puis au Sénégal les 24 et 25 octobre 2019. Et pour cause, le choix de ces deux Etats est justifié par les nombreux atouts économiques qu’ils offrent.

Au fait explique le comité d’organisation, «Le choix pour abriter ce rendez-vous a été porté sur ces deux pays stratégiques considérés parmi les plus prometteurs en matière d’opportunités d’investissement et de développement et où des secteurs entiers comme la santé, les énergies vertes ou les technologies sont des secteurs d’opportunités pour ces derniers». Cette quatrième édition est orientée vers des secteurs clés de développement.

Ainsi, la santé, la ville durable et les infrastructures en Afrique, l’agroalimentaire et l’agriculture et enfin l’industrie et le digital seront les grands angles qui seront objets de divers tables rondes et conférences et de panels de discussions.

A l’occasion, les investisseurs présents apprendront davantage sur ses diverses pistes d’investissement, toute chose qui leur permettra de mieux s’orienter. L’Afrique a des besoins importants qu’il faut travailler en mode projet croit savoir en effet, Marc Hoffmeister, le commissaire général des Rencontres Africa qui dit faire fois à la coopération entre les continents européen et africain et spécifiquement entre l’Europe et le Maroc dans le cadre des problématiques de développement en Afrique.

D’importants atouts ; l’agribusiness ciblé

Partant du principe de la diversification de l’économie, principe qui s’inscrit maintenant au cœur de la politique économique des Etats, nombre de secteurs sont au cœur de cette édition. Toutefois, une part belle sera faite à l’agri business. Sachant que l’Afrique se révèle de plus en plus par ses performances agricoles, l’agri business s’avère ainsi un secteur d’opportunités pour les investisseurs et partenaires qui prennent part à ce rendez-vous de développement.

Cet atout est aussi perpétuellement renforcé par de nouveaux dispositifs en l’occurrence, la mise en place récemment d’une Zone de libre échange continentale (Zlecaf) annoncée pour faire grimper de 33% le commerce sur le continent. C’est là, la preuve que l’intégration économique préoccupe de plus en plus le continent.

Tout ceci est justifié par les statistiques de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), qui ont évalué à 11% les Investissements directs étrangers (IDE) en 2018 (world investments report). Toutes ces opportunités sont à capitaliser et exposer à la faveur des rencontres BtoB pour lesquelles, les Rencontres Africa sont devenues une référence.

Pour cette édition, encore plus de 2000 rencontres BtoB sont en vue. Le choix du Maroc reste aussi évocateur car le Royaume chérifien a eu à abriter déjà une édition marquée par un éclatant succès. Il concède donc un avantage de prouesse de l’organisation, et donc voudrait bien la rééditer, à en croire Marc Hoffmeister, commissaire général des Rencontres Africa : «Pour cette 4ème édition, le Maroc s’est imposé comme une évidence, et grâce à la collaboration de l’AMDIE, qui est co-organisateur de cet évènement, nous allons réaliser une édition exceptionnelle».

De grandes préoccupations de business et le partenariat public privé sur le continent seront au menu des échanges. Aux nombres des participants figurent plusieurs hommes d’Etats africains, des ministres et de grands opérateurs qui ont fait leur preuve aussi bien en Afrique et au-delà. Cette édition des Rencontres Africa entende donc promouvoir les opportunités d’investissement et la coopération Sud-Sud, à travers des rencontres, conférences, ateliers et rendez-vous opportuns entre décideurs européens et africains par une approche sectorielle.

Ainsi que l’a récemment relevé Marc Hoffmeister, Commissaire général des Rencontres Africa, l’édition 2019 va mettre un accent particulier sur les grandes problématiques pour le business en Afrique et particulièrement sur le financement et le partenariat public-privé. Du Maroc au Sénégal, les filières de l’agri business prendront une part importante.

«Selon l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE), ce secteur (12% de l’économie du Royaume) représente également de grandes opportunités d’affaires, avec près de 150 milliards de dirhams d’investissements d’ici 2020 et la création de 1,5 million d’emplois supplémentaires. Parmi les objectifs clés : la modernisation et la diversification des cultures, ainsi que la mise en place d’un système de subventions et d’un fonds de garantie de l’investissement. Au Sénégal, ce secteur de l’agri business représente aujourd’hui 60% de l’économie, et des opportunités d’affaires sont à saisir pour la fourniture de semences, matériel d’irrigation, la digitalisation des pratiques, etc. Avec le Plan Sénégal Émergent, d’importants programmes d’amélioration, de renforcement et de modernisation de la base de production agricole sont mis en œuvre. Le potentiel des investissements est grand ; les modèles de réussite des années précédentes prouvent d’ailleurs l’efficacité des exploitants privés sénégalais et étrangers». C’est donc l’un des rares rendez-vous qui révèle les énormes potentialités de l’Afrique au monde entier et favoriser de nouvelles relations d’affaires

Retour sur les «Rencontres Africa»

Initié en 2016, les Rencontre Africa sont à la quatrième édition. Ce forum a réuni en 2018, 1945 participants dont 793 en provenance du continent africain représentant 20 pays et, il a enregistré 3.879 demandes de rendez-vous. En 2017, les organisateurs avaient enregistré près de 4800 participants lors de cette édition qui s’était déroulée dans trois villes africaines (Abidjan, Nairobi et Tunis).

Rappelons également que la première édition de ce rendez-vous avait rassemblé 2400 participants en 2016 à Paris et 29 pays africains y étaient représentés. En 2019, les Rencontres Africa se tiendront pour la 2ème fois sur le continent africain, afin de pérenniser l’esprit de réciprocité qui anime non seulement les organisateurs mais surtout les participants!

Chaque année, les dirigeants d’entreprise français et africains profitent de ce rendez-vous d’affaires pour développer leurs relations commerciales et nouer de nouveaux partenariats variés. Les Rencontres Africa ont à cœur d’impliquer au plus haut niveau les autorités politiques et économiques pour permettre l’appropriation de ces manifestations par les participants africains.

Par Bidossessi WANOU

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ECONOMIE

Sénégal : hausse de 147 milliards FCFA des actifs extérieurs des banques

Bénin24tv avec APA

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Les actifs extérieurs nets des institutions de dépôts du Sénégal ont enregistré une hausse de 146,5 milliards FCFA (environ 234,400 millions de dollars) au mois de décembre 2019 comparés à la même période de l’année 2018, a appris APA auprès de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).

Ces actifs sont passés de 1823,8 milliards FCFA au mois de décembre 2018 à 1970,3 milliards FCFA un an plus tard, soit une progression de 8% en valeur relative (1 FCFA équivaut à 0,0016 dollar).

Cette hausse est occasionnée par la BCEAO dont la position s’est rehaussée de 25,4% à 1468,8 milliards FCFA contre 1171,1 milliards FCFA au mois de décembre 2018.

Quant aux banques primaires, leur position a régressé de 23,2% à 501,5 milliards FCFA contre 652,7 milliards FCFA à l’issue du mois de décembre 2018.

Comparés au mois de novembre 2019 où ils se situaient à 1697,9 milliards FCFA, les actifs extérieurs nets ont enregistré une augmentation de 272,4 milliards FCFA en valeur absolue et 16% en valeur relative.

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Perspective de la crise humanitaire liée au Covid-19 : les propositions de Reckya Madougou pour sauver l’Afrique

Bénin24TV

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La crise sanitaire provoquée par le coronavirus se mue surement en une crise économique et humanitaire. Conscients de ce fait, des intellectuels africains montent au créneau pour attirer l’attention des dirigeants du continents sur les mesures à prendre pour mettre leurs populations à l’abri de ce que d’autres annoncent comme une hécatombe de plusieurs pays.

Dans une tribune libre parvenue à notre rédaction, l’expert international en inclusion financière, ancien garde des sceaux, ministre de la Justice, de la législation et des droits de l’homme et ancien ministre de la microfinance et de l’emploi des jeunes et des femmes du Bénin, Reckya Madougou a fait le point de la situation, félicité les chefs d’Etats africains pour les mesures prises et renseigné sur les actes forts à poser pour éviter que cette crise sanitaire ne se transforme en catastrophe humanitaire. Lire ci-dessous, l’intégralité de ladite tribune libre.

L’autre urgence

…Pour que cette sanitaire n’engendre pas une crise humanitaire

Au 5 avril 2020, le coronavirus présente le tableau suivant en Afrique : 50 pays sur 54 sont touchés, 8.536 cas sont confirmés positifs et 360 morts, selon le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique). Tout comme la Chine, l’Italie, la France, les États-Unis et bien d’autres régions du monde, l’Afrique est confrontée à une guerre qui s’annonce dans son cas, asymétrique.

Alors, en plus de frapper sans ménagement et de plein fouet les ressources humaines du continent, elle déstabilise et déstructure de façon globale – même si à des niveaux différenciés – l’économie de nos États. De fortes régressions voire des récessions économiques sont envisagées aux quatre coins du monde.

Tous les pays surtout africains subiront des conséquences lourdes si nous n’adaptons pas les mesures d’organisations sociales et économiques aux fonctionnements des sociétés humaines et morales sur le continent. Et le choc qui s’annonce promet d’être plus sévère que celui de la crise de 2008-2009 si nous n’y prenons garde. Surtout si ne sont pas promues des recettes endogènes tout en nous inspirant des méthodes qui ont fait leurs preuves sous d’autres cieux, non sans les revisiter à l’aune d’une contextualisation.

Ouagadougou connaîtra une baisse de plus de 4 points de sa croissance tandis que le trou prévisible dans les recettes publiques est de l’ordre de 306 milliards de francs CFA cette année 2020. Du fait de l’effondrement des cours du pétrole engendré par cette pandémie, Abuja quant à lui perdra au moins la moitié de ses recettes. Les prix des deux barils de pétrole de référence à savoir le Brent en Europe et le WTI aux États-Unis étant divisés par trois.

C’est aussi le cas au Kenya où le tourisme est au ralenti. De 6% en février dernier, les réservations de vols à destination du pays ont baissé de 30% au 11 mars 2020. À Accra, la croissance du PIB tomberait autour de 2,5%, soit une baisse d’environ 75% par rapport à son niveau estimé de 7,6% par la Banque Mondiale en 2019.

En Côte d’Ivoire, au Niger et même au Sénégal, les mesures sociales prises pour la période pour l’heure se résument essentiellement à la gratuité des factures d’électricité et d’eau pour les ménages les plus pauvres, tout en suscitant d’ailleurs chez les populations une sorte de déception liée à la portion congrue que représente la fameuse «tranche sociale».

Actuellement, les vecteurs de croissance que sont les entreprises bénéficient d’une suspension des recouvrements d’impôts. Des coûts alors importants à prendre en charge par les États, qui, dans leur majorité sont confrontés à l’imprévisibilité du confinement, de l’arrêt ou la réduction drastique des activités économiques et sociales, du couvre-feu, de l’état d’urgence et d’autres mesures fortes.

Dans ce cas, ce sont d’abord les cibles déjà vulnérables qui sont les plus exposées. La limitation des déplacements et surtout des interactions sociales sur lesquelles se base l’essentiel de l’activité économique des ménages aura des impacts très négatifs sur le revenu et affaiblira la capacité de résilience des plus vulnérables.

Environ 5 000 milliards de dollars sont prévus être injectés par les pays du G20 pour soutenir l’économie. Moussa Faki Mahamat dans un entretien accordé récemment à Marc Père lman sur France 24 invite à apporter un soutien massif à l’Afrique dans une fourchette de 100 à 150 milliards de dollars en urgence en vue d’affronter à la fois les aspects sanitaire et humanitaire.

C’est un appel à saluer et qui tend dans une certaine mesure à justifier la position du Président béninois, Patrice Talon, qui n’opte pas pour un confinement intégral, lequel en vérité devrait engendrer – en amont et pendant – d’autres mesures d’accompagnement impératives et adaptées à nos habitudes sociologiques, culturelles et cultuelles.

Je me garde ici d’écumer lesdites habitudes qui ont trait notamment à nos habitations, à l’urbanisation sauvage, à nos modes d’approvisionnements (les marchés), au système de rémunération au jour le jour des 90% d’actifs de l’informel qui opèrent en Afrique au sud du Sahara et ne doivent leur consommation de subsistancedu jour qu’à la recette de la veille, etc.

Mais la solution de non confinement n’est pas pour autant la mieux appropriée contre une éventuelle implosion sociale. Car, l’enjeu n’est pas que de soutenir les conséquences de la baisse économique ou à faire face à l’augmentation des dépenses visant à contenir l’épidémie.

L’urgence absolue est d’atténuer l’impact du covid-19 sur la vulnérabilité des populations à travers des échelles de solidarité mondiale et nationale pour que cette crise sanitaire ne se mue pas en un cancer humanitaire dont les métastases pousseront certains corps sociaux par milliers dans les rues.

Ces derniers préférant mourir plus tard d’une maladie en laquelle ils croient à peine que d’une faim «créée artificiellement» selon eux du fait de mesures de prévention préconisées par leurs dirigeants. D’autant d’ailleurs que 20 millions d’emplois seraient en sursis sur le continent du fait de la crise économique que génère cette pandémie selon une étude produite par des experts de l’Union africaine.

Au demeurant et tenant compte de notre mode d’organisation sociale, la microfinance est une réponse positive et cognitive, adaptée et efficace au profit des artisans, des agriculteurs, des revendeurs, des petits commerçants, des entreprises unipersonnelles, des services à petite échelle, etc. Au titre des mesures prises par les États, plusieurs fonds de solidarité sont annoncés.

En premier, le roi Mohammed VI du Maroc a mis en place un fonds spécial doté de 10 milliards de dirhams (934 millions d’euros) pour la prise en charge des dépenses de mise à niveau du dispositif médical, en termes d’infrastructures adaptées et de moyens supplémentaires à acquérir dans l’urgence.

Le Président Macky Sall du Sénégal, en annonçant son décret sur l’état d’urgence, s’est dit «soucieux des effets de la crise sur l’économie nationale» et indique la création d’un fonds de riposte et de solidarité contre les effets du covid-19 à créditer de 1000 milliards de francs CFA «pour en atténuer l’impact».

Le Président togolais, Faure Gnassingbé, pour sa part a déclaré vouloir mobiliser 400 milliards de francs CFA pour son fonds multifonctions au profit de la crise, dénommé fonds national de solidarité et de relance économique. Idem au Burkina Faso, où près de 394 milliards de francs CFA, soit 4,45 % du PIB doivent être mobilisés. Même son de cloche au Gabon où le Président Ali Bongo a annoncé 250 milliards.

Dans le même temps, la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) appuiera chacun des 8 pays membre de l’UEMOA à hauteur de 16,2 milliards de FCFA, tandis que la Banque africaine de développement (BAD) lance une obligation «sociale» d’une valeur de 1772 milliards de FCFA en soutien aux pays africains.

La Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA) a annoncé allouer 5,9 milliards de francs CFA aux pays d’Afrique subsaharienne. Par ailleurs, L’Organisation des Nations Unies (ONU), la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire Internationale (FMI), l’Union européenne (UE) s’annoncent également au chevet de l’Afrique.

Commençons d’abord par souhaiter que les annonces nationales et multilatérales se transforment rapidement en concrétisation, tant les vœux pieux de solidarité internationale ont souvent été décevants à l’heure du bilan par le passé. Par ailleurs, c’est aussi le moment de questionner la solidarité au plan national dans nos pays africains et entre nos états pour ne pas attendre vainement et devoir agir finalement de guerre lasse, c’est-à-dire quand il est trop tard.

Or c’est un secret de polichinelle de rappeler que de nombreuses personnalités du continent thésaurisent d’importantes ressources financières à l’abris des regards. Il y a lieu de les approcher et convenir de formules de «gentleman agreement» avec elles pour les rassurer, sortie de crise obligeant.

À présent, penchons-nous sur l’une des affectations indispensables à envisager pour les ressources à mobiliser et dont la toile de fond doit rester centrée sur le capital humain, loin de ce qui est de plus en plus désigné péjorativement par le corona-business. Comment ne pas évoquer au prime abord l’impératif d’investir dans la production des masques et plaider pour une généralisation de leur usage? Le port du masque s’est révélé efficace dans plusieurs pays surtout lorsqu’il est associé à un dépistage massif de populations cibles.

Ensuite, les ressources mobilisées gagneraient donc en grande partie à financer en urgence les Activités Génératrices de Revenus (AGR) et les PME/PMI dans des secteurs clés tels que ceux liés à la lutte anti corvid-19, l’agriculture, l’artisanat utile et les services ne nécessitant pas de grands attroupements.

D’une part, il s’agit de mener des réflexions prospectives pour les court et moyen termes relativement aux secteurs, filières et métiers prioritaires dans le contexte épidémie du coronavirus en associant les acteurs concernés et les bénéficiaires potentiels.

Ensuite mettre en place un mécanisme spécial de refinancement des Institutions de Microfinance (IMF) et des Systèmes Financiers Décentralisés (SFD), à jour jusqu’en décembre 2019 au moins et ayant respecté les normes prudentielles au mieux. Puis s’inspirer de l’organisation déjà existante sur le modèle de l’inclusion financière dans plusieurs pays africains en ciblant dans un premier temps les ménages les plus vulnérables.

L’un des outils est le mécanisme des transferts monétaires mais qui ne doit absolument pas servir exclusivement à la consommation des ménages comme c’est le cas généralement mais aussi et surtout au financement encadré des AGR en lien avec les IMF et SFD refinancés.

Dans ce contexte de crise à multi facettes, devrait prendre corps une économie solidaire sous une forme revisitée. Il serait donc indiqué qu’une part non négligeable de ces transferts soit affectée au financement des AGR et PME/PMI et une part inférieure à la consommation finale car cette dernière est un acte au bénéfice éphémère.

D’autre part, toujours au moyen de la microfinance, il y a lieu de proposer une reconversion de certains clients/bénéficiaires des services financiers et non financiers des SFD dans de nouvelles activités conjoncturelles utiles pour la période actuelle dès lors que la crise affaiblit drastiquement l’utilité et surtout la rentabilité de certains métiers.

De nouveaux modes de consommation naissent du fait des nouvelles mœurs imposées par la lutte contre la pandémie. Et ceci tout en respectant les gestes barrières car dans les pays au Sud du Sahara, un confinement général n’est pas encore décidé. Nous ne sommes au mieux qu’au stade de cordon sanitaire autour de certaines villes et agglomérations «atteintes».

Quand MackySall déclare «Je tiens, en particulier, à l’approvisionnement régulier du pays en (…) denrées de première nécessité. Le gouvernement mettra en œuvre des mesures de lutte contre toute hausse indue des prix», c’est une opportunité sans pareille pour l’agriculture, l’élevage, la petite transformation (en l’absence de grandes industries), la logistique, certains métiers utilitaires, etc.

D’autant d’ailleurs que pas loin, au Togo comme en Côte d’Ivoire, des mesures de maîtrise de l’inflation des prix des produits de grande nécessité sont aussi engagées. Toutefois, il faudra vite aller plus loin en agissant sur la production, car bientôt c’est la pénurie des denrées – causée par la psychose généralisée, les mesures de distanciation sociale, de confinement et de cordon sanitaire – qui imposera sa loi sur les prix.

Agir vite et autrement sur les chaînes de valeur agricole est l’autre urgence pour juguler la crise humanitaire latente et maintenir des emplois, voire induire des reconversions conjoncturelles utiles. Définir les filières nécessaires, identifier leurs chaînes de valeur multi métiers, calibrer les subventions appropriées en lien avec les organismes financiers qui auront également besoin d’accompagnements spéciaux à cet effet pour répondre aux besoins de «facilité crédit», de garantie et de diverses mesures incitatives pouvant encourager les producteurs et entrepreneurs tout le long des chaînes de valeur dans une approche d’éclatement des risques.

En clair, insérer dans les mécanismes de solidarité nationale, l’utilisation des canaux de la microfinance dans une approche systémique de filets sociaux qui ne généralise pas l’assistanat. Plutôt miser sur le social productif à l’ère de la pandémie pour en somme, mitiger les effets dévastateurs de son corollaire de conséquences économiques afin que la crise sanitaire n’engendre pas une crise humanitaire.

L’idée ici est de promouvoir une Afrique optimiste de responsabilité et non d’insouciance et de poubelle. J’ose croire que l’Afrique vaincra la guerre sanitaire et économique née de l’avènement du coronavirus à l’heure où le modèle économique et social occidental est en questionnement. C’est bien possible.

Le continent a une occasion en or pour redéfinir certaines règles du jeu et promouvoir les «homegrown solutions» qui sont des réponses endogènes pour peu qu’il réussira à se débarrasser des nombreux scenarii cataclysmiques agités çà et là «Il est l’heure de tourner la page, en changeant de logique. Le temps des discours est révolu», disait fort justement l’économiste africain Carlos Lopez le 31 mars 2020.

Reckya Madougou

Ancien garde des sceaux, ministre de la justice, de la législation et des droits de l’homme

Ancien ministre de la microfinance et de l’emploi des jeunes et des femmes

Expert international en inclusion financière

Facebook : ReckyaMadougou

Twitter : @MadougouReckya

Instagram :ReckyaMadougou

Blog : www.reckyamadougou.com

YouTube : ReckyaMadougou

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