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Résolution du PE sur la situation des libertés en Algérie : la ferme réaction du président du Parlement africain

Suite à la résolution du Parlement européen relative à la présidentielle du 12 décembre prochain en Algérie et aux législatives/communales du Cameroun, Roger N’Kodo Dang, le président du Parlement africain a réagi vivement. Sans fioritures et sans langage diplomatique, la première autorité du Parlement africain a déploré «des injonctions négatives adressées aux Etats souverains» et «l’ingérence» de la part du Parlement européen.

«Le Parlement panafricain, le Parlement des peuples africains dont le siège est en Afrique du Sud, a appris avec consternation, des résolutions contre l’Algérie et le Cameroun, prises par le Parlement européen». C’est par cette entame que Roger N’Kodo Dang, a ouvert sa fenêtre de tir.

Poursuivant sa grille de lecture, il a laissé entendre que : «Ces résolutions qui ne sont que des injonctions aux Etats souverains ne rentrent pas dans le cadre du mémorandum signé en 2004 entre le Parlement panafricain et le Parlement européen dont les relations sont des relations de continent à continent et n’a reçu aucune compétence universelle pour juger les pays africains». Et de citer le cas de : «L’Algérie et le Cameroun, deux pays d’Afrique connaissent des crises internes qui appellent à un règlement pacifique suivant des règles à ces pays».

En outre, le président du Parlement africain, a dénoncé : «Toute ingérence extérieure surtout quand elle est de nature à aggraver ces conflits n’est pas la bienvenue. Or, le Parlement européen depuis un certain temps s’illustre par des injonctions négatives adressées aux Etats souverains sans écouter les parties. Il s’appuie soit sur des médias sociaux ou des organisations non gouvernementales ou parfois des personnes mal intentionnées pour prendre ces résolutions».

Rappel à l’ordre

«Dans le cadre de la recherche de la paix, le Parlement panafricain condamne les résolutions prises par le Parlement européen contre l’Algérie et le Cameroun et soutient fermement les processus électoraux en cours en Algérie pour l’élection présidentielle du 12 décembre 2019 et au Cameroun pour le double scrutin des législatives et municipales du 09 février 2020». Au regard de ce décryptage, Roger N’Kodo Dang, a condamné la prise de position du Parlement européen.

Et pour finir, il a laissé entendre que «Le Parlement panafricain rappelle au Parlement européen, le strict respect des dispositions du mémorandum signé en 2004 dont les relations sont empruntes de courtoisie et de respect de la souveraineté des Etats membres des deux Parlements».

Voilà donc le traitement spécial qui a émané du premier responsable de l’instance panafricaine législative qui sans ambages n’a pas fait dans la dentelle pour fustiger l’attitude du Parlement européen.

Une réaction appréciée ?

Le président du Parlement africain a-t-il raison de faire ce rappel à l’ordre à son homologue du Parlement européen? On peut répondre sans ambiguïté par l’affirmative et ce pour plusieurs raisons.

D’abord, pour nombre d’observateurs avertis du damier diplomatique africain, cette manière de faire du Parlement européen est une ingérence flagrante dans les affaires internes des pays africains. En somme, c’est une démarche qui vise à semer la zizanie et déstabiliser l’Algérie et le Cameroun qui tentent de surmonter des crises internes.

Ensuite, il y a le timing du vote de cette résolution qui est de nature à perturber la présidentielle du 12 décembre prochain en Algérie de même que les législatives et municipales au Cameroun.

En outre, cette résolution surtout demande au Parlement algérien la reformulation de ses lois. Ce qui est une atteinte du mémorandum de 2004. C’est donc un grave empiètement de la part du parlement européen. Rappelons que jeudi, le Parlement européen, a adopté une résolution relative surtout à la situation des libertés en Algérie.

Dans le texte publié sur son site, l’institution «condamne vivement l’arrestation arbitraire et illégale, la détention, les intimidations et les attaques de journalistes, de syndicalistes, d’avocats, d’étudiants, de défenseurs des droits de l’Homme et de la société civile ainsi que tous les manifestants pacifiques qui participent aux manifestations pacifiques du ‘’Hirak’’. Elle «demande aux autorités algériennes la libération immédiate et inconditionnelle de toutes les personnes inculpées pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression».

Le Parlement européen «invite» aussi les «autorités algériennes à mettre fin à toute forme d’intimidation, y compris le harcèlement judiciaire et législatif. Il cite également l’incrimination ainsi que les arrestations et les détentions arbitraires à l’encontre des manifestants pacifiques, des défenseurs des droits de l’homme, des journalistes critiques et des blogueurs».

Enfin, cette résolution appelle à «l’arrêt des violations de la liberté de culte des chrétiens, des ahmadis et d’autres minorités religieuses». En somme la réaction de Roger N’Kodo Dang du Parlement africain à son homologue européen, n’est que la réponse du berger à la bergère.

Par Luc GBAGUIDI, correspondant en Afrique du Sud

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