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Situation politique en Guinée-Bissau : CEDEAO, deux poids, deux mesures

Le sommet de la CEDEAO relatif à la crise politique en Guinée-Bissau a eu lieu le vendredi 08 novembre 2019 à Niamey. C’était sous la férule de Mahamadou Issoufou, président du Niger et de la CEDEAO. A cette rencontre, une série de décisions importantes ont été prises. Mais au-delà de tout, l’instance sous régionale ne donne-t-elle pas l’impression d’être une machine pour fouetter les plus faibles comme José Mário Vaz, le président de Guinée Bissau et de fermer les yeux quand il s’agit des puissants comme Patrice Talon du Bénin, Alpha Condé de Guinée-Conakry et autres…

Au nombre des décisions prises à ce sommet, il y a le renforcement de la force sous régionale en Guinée-Bissau. De ce fait, l’Ecomib passera de 500 à 750 soldats pour mieux s’acquitter de sa mission. Et en tant que force de dissuasion, elle va veiller au rétablissement de l’ordre constitutionnel au cas où.

Aussi, est-il prévu l’envoi à Bissau d’une délégation de chefs d’État le 16 novembre prochain. On parle d’une délégation de chefs d’Etat. (Mahamadou Issoufou du Niger, Macky Sall du Sénégal, Muhammadu Buhari du Nigeria…).

En outre, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) prévoit des sanctions individuelles comme le gel des avoirs des ‘’fauteurs de troubles’’ et l’interdiction de voyage…au cas où.

A la tête du client

De ces décisions, c’est l’envoi et le renforcement du contingent qui est une décision de pression maximale sur José Mário Vaz, le président de Guinée Bissau. Avant Niamey, les soldats de la force Ecomib au nombre de 500 militaires et policiers, en majorité du Nigeria et du Sénégal étaient déjà postés devant les bâtiments officiels, comme le palais présidentiel et le palais du gouvernement à Bissau.

Quels seront les pays contributeurs pour avoir le quota requis et dans quel délai en cas d’augmentation de l’effectif? Des sources indiquent que la troupe pourrait être mobilisée dans une dizaine de jours. En clair, cette force doit être mise en place avant le premier tour de la présidentielle, prévu le 24 novembre 2019. Rappelons que ce contingent a été mis en place après le coup d’Etat de 2012.

Effets immédiats

Avec cette pression de la CEDEAO au terme du sommet de Niamey, le nouveau premier ministre Faustino Imbali, vient de jeter l’éponge. En effet, fraichement nommé et investi le 31 octobre dernier par le président José Mário Vaz, il a été contraint de démissionner. Bien avant les contingences qui sont survenues à Niamey, les nouveaux membres du gouvernement de Faustino Imbali n’ont pas réussi à prendre fonction.

Avec le jet d’éponge de Faustino Imbali, le premier ministre légal, Aristides Gomes, avec le soutien de la CEDEAO, a désormais toutes les cartes en mains. En effet, à Ouagadougou en juin dernier, l’institution sous régionale avait mandaté le gouvernement de Aristides Gomes pour préparer ces élections et de gérer les affaires courantes.

Quant à José Mário Vaz le mandat a expiré toujours en juin dernier mais qui est resté en poste avec des pouvoirs réduits. Avec la démission de ‘’son premier ministre’’ qui n’a d’ailleurs pas pris fonction, ne vient-il pas de perdre un combat ? Au regard de la pression de Niamey, pourra-t-il rebondir même si la bataille est loin d’être terminée pour lui ?

Seul contre tous désormais, que fera-t-il suite à cette panoplie de mesures draconiennes de la part de la CEDEAO ? Va-t-il poursuivre de tenir tête à l’institution sous régionale ? Va-t-il lâcher du lest et revenir à de meilleurs sentiments ? Que fera la CEDEAO si le président Vaz, tient mordicus ?

De nombreux observateurs restent sceptiques quant à la capacité de nuisance du président Vaz qui face à la pression de la CEDEAO n’a plus de marge de manœuvre.

Cependant, il est regrettable de constater qu’il a désormais deux catégories de présidents dans la CEDEAO. D’un côté, il y a les ‘’petits’’ comme José Mário Vaz quand il s’agit d’eux dans leur élan de s’émanciper, on les soumet à une épreuve de nerfs. L’autre catégorie, c’est celle des ‘’présidents intouchables’’. C’est le cas de Patrice Talon du Bénin et de Alpha Condé de la Guinée-Conakry.

Aujourd’hui, le pays de Patrice Talon, est le seul pays de la sous-région dont le Parlement est exclusif, car sans opposition. Et malgré les recommandations de la CEDEAO, Patrice Talon vient de réviser la Constitution. C’était le 1er novembre dernier à la suite d’un dialogue politique qui n’était qu’une farce.

Mieux, il a décidé que le Parlement illégitime finisse son mandat en 2023. Au finish, la reprise des élections législatives au Bénin n’aura plus lieu. Et pourtant la CEDEAO n’a pas pu piper mot.

Outre, le Bénin il y a la situation en Guinée Conakry avec le président Alpha Condé qui tenterait de réviser la loi fondamentale de son pays pour s’octroyer un 3ème mandat. Ce qui pourrait engendrer une instabilité dans le pays. C’est une politique de deux poids deux mesures.

La thèse d’une intervention militaire se confirme-t-elle ? José Mário Vaz doit tenir compte de la position des grands de la région (Buhari du Nigeria, Ouattara de Côte d’Ivoire, Sall du Sénégal…) qui brandissent l’option forte d’une intervention. Dans les coulisses à Niamey, la CEDEAO parle de question de crédibilité, car l’institution ouest africaine ne peut se permettre de laisser pourrir la situation.

Par Germain TEKLY, correspondant en France

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1 COMMENTAIRE
  1. Amos dit

    Journaliste mal informé ou de mauvaise foi manifeste. Vous faites des comparaisons insensées et idiotes. Ni la CEDEAO ni l’OIF ni l’ONU ne pouvaient soutenir et encourager des voyous politiques méprisant les lois de la république. Au Bénin, il s’agissait bien de délinquants soi-disant politiciens qui croyaient pouvoir piétiner les lois en vigueur. Rien à voir avec la situation en Guinée ou ailleurs.

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